De la subtilité des émaux cloisonnés
Ces précieux volatiles coulés dans un mélange de silice et de pierres semi-précieuses ont été réalisés en Chine, au XVIIIe siècle.
Cailles, grues, qilin, oiseaux de proie ou canards, brûle-parfum ou aiguières, boîtes à dross ou lampes, les artistes chinois déclinaient leur art en moult créations de rêve.
Fondée en 1966, spécialisée en arts de la Chine, du Japon, ainsi qu’en céramique et objets d’art européens, la galerie Lamy est présente au Salon de la céramique, au Salon du collectionneur et à la Brafa où elle présentait ces paires d’oiseaux en émaux cloisonnés réalisés en Chine au XVIIIe siècle.
Dans les palais feutrés de Chine
Pour les antiquaires, Georges et Hugues-Jean Lamy, la réalisation d’oiseaux en émaux colorés date de l’époque Ming et Qing : « C’est sous le règne de l’empereur Wanli (1573-1619) que l’on voit apparaître les premiers spécimens. Mais ils sont rares, et il faut attendre les règnes des empereurs Kangxi (1662-1722), Yongzheng (1723-1735) et Qianlong (1736-1795) pour que la production se diversifie et devienne plus abondante. Précisons que la majorité des pièces sont réalisées dans les ateliers des émaux de la Cité interdite et dans des ateliers indépendants de Bejing. »
Et les antiquaires d’insister sur la haute précision et la grande connaissance des techniques de cuisson des émaux que requiert cet art.
Les étapes de la création
Les émaux ? « Ils se composent d’un mélange de silice et de pierres semi-précieuses – notamment la turquoise et le lapis-lapizuli – broyées et purifiées. Les émaux sont séparés les uns des autres par de fines cloisons fixées sur un corps en laiton ou en bronze. Une masse solide sortira du four de cuisson pour être polie. Le polissage terminé, les parties métalliques sont alors dorées à l’or fin. »Et voici toute une volière lumineuse où se côtoient échassiers, grues, canards, oiseaux de paradis à longues queues, oiseaux imaginaires parés de crêtes fantastiques… Et de cailles, ces volatiles agressifs souvent élevés pour les combats.
Certains sont purement décoratifs et d’autres s’utilisent en brûle-parfum. Ils ont alors des ailes escamotables et leurs becs entrouverts laissent s’échapper les effluves parfumés.
« La fantaisie des oiseaux représentés n’égale que la qualité et l’excellence du travail fini, résultat d’une grande dextérité et d’une technique parfaite », concluent les antiquaires.
Galerie Lamy, 32 rue Ernest Allard, 1000 Bruxelles. Tél. : 02/502 12 05.



