Un secrétaire « déguisé » vendu 37.250 livres
Jugez-en : un secrétaire caché dans un globe monté sur quatre pieds. Réalisé au XIXe siècle en acajou, la partie inférieure de la sphère ouvre par deux tiroirs, quant à la partie supérieure, elle dissimule un écritoire gainé de cuir et dix tiroirs.
Bien que surprenant, le modèle n’est pas unique et il dérive d’un meuble plus ancien de quelques dizaines d’années créé lors de la première décennie du siècle. Ce modèle avait été déposé par un marchand de meubles londonien, Morgan & Sanders, qui en fournit plusieurs exemplaires à la haute société anglaise, à commencer par la reine Charlotte qui en passa commande pour sa fille la princesse Augusta (un secrétaire qui se trouve toujours conservé à Buckingham Palace). Un autre client, qui donna d’ailleurs son nom au meuble, « The Pitt’s Cabinet », n’est autre que le Premier ministre William Pitt…
L’exemplaire proposé par Christie’s ne provient pas de la célèbre maison londonienne, mais a une origine autrichienne. Le XIXe siècle ne connaissait en effet pas la protection internationale des inventions et, bien que le modèle fut déposé pour le Royaume-Uni, rien n’interdisait de le copier hors des frontières. Si le catalogue de la vente est resté prudent quant à une attribution précise, il cite néanmoins l’ensemblier viennois Josef Danhauser, auteur d’une table similaire. Quel qu’en soit l’auteur, c’est avant tout la particularité et la qualité d’exécution de ce meuble qui aura séduit son acquéreur.
Il convient enfin de noter que l’objet était inclus dans une vente entièrement consacrée au stock d’un antiquaire londonien, disparu voici plus de vingt ans, Ross Hamilton, dont la galerie se situait sur la célèbre Pimlico Road, haut lieu du commerce des œuvres et objets d’art de qualité intermédiaire à Londres. Ross Hamilton était connu pour son goût pour la décoration, et les près de quatre cents lots que recelait le catalogue font écho à la grande décoration parisienne des décennies 1970-1980.


