Moins d’une maison sur dix est en bois
La première enquête sur l’état de la construction en bois en Belgique vient de sortir. Surprise : seuls 8 % des maisons sont construites en bois, bien loin des 15 % qui circulent depuis quinze ans. La filière se porte bien mais arrive à saturation.
L’ASBL Hout Info Bois vient de dévoiler la première enquête sur l’état de la construction en bois en Belgique. Un document qui ne sera vraiment utile que dans deux ans lorsque la seconde mouture sera présentée. On disposera alors d’un outil de comparaison fiable. Quelques éléments sont néanmoins à retenir.
Contexte. « Il est loin le temps où le grand public estimait que la construction en bois était réservée à une bande de farfelus encourageant l’utilisation d’un matériau inadapté, sourit Hugues Frère, directeur d’Hout Info Bois. Aujourd’hui, le bois a convaincu. Mais la filière n’a pas su suivre la demande. D’où l’intérêt de disposer de données statistiques. » Le secteur a donc le vent en poupe depuis une quinzaine d’années, moment où il a mis le paquet sur la promotion de la filière, notamment par le biais du salon Bois & Habitat. Aujourd’hui, on recense en Belgique 232 entreprises, réparties d’une manière équivalente entre les constructions et les rénovations.
Le bois se maintient. Un chiffre est à retenir : 8 % des maisons aujourd’hui construites le sont en bois. Soit 2.241 en 2012. On est donc bien loin des 15 % qui circulent dans le secteur depuis quinze ans… Elément intéressant : le taux de 8 % est en augmentation de 2,16 % par rapport à 2011. « Et ce alors que d’une manière générale, le nombre de permis de bâtir est en baisse, note Hugues Frère. Le bois passe donc à travers la crise. » Pour les rénovations ou les extensions, la part de marché est bien plus faible : elle atteint à peine les 2,6 %. Soit 888 en 2012.
Disparité Flandre/Wallonie. 70 % des entreprises de construction en bois actives en Belgique en 2012 sont wallonnes. Une différence étonnante. Une explication : les entreprises du nord du pays construisent bien davantage de maisons. Soit 36 pour une entreprise flamande et 14 pour une entreprise wallonne. Ces dernières auraient davantage d’activités complémentaires, du type menuiserie.
Cinq systèmes constructifs. L’ossature en bois reste le modèle le plus courant (75 %). Elle est suivie par le bois massif empilé, le poteau-poutre, le panneau massif contre-collé et le panneau massif contre coulée. La situation est similaire pour les extensions. « L’ossature en bois est un système plus léger qui est très facile à mettre en œuvre. De plus, une paroi est composée de 10 % de bois et de 90 % d’isolant. Ce qui est très performant. »
Le coût du bois wallon. Acheter du bois scandinave vous reviendra moins cher que mettre la main sur du bois wallon. Normal ? Non, mais c’est la réalité vu les coûts de production et les volumes produits. Au total, 70 % du bois utilisé est importé. Il faut signaler dans cette moyenne que les Flamands importent 95 % du bois qu’ils utilisent alors que les Wallons ne sont qu’à 60 % ! « La proximité des ressources explique cette différence. Pour s’étendre, les entreprises wallonnes doivent s’ouvrir au marché néerlandophone. Car il n’y a aujourd’hui plus aucune différence de qualité avec les bois scandinaves. En 15 ans, les scieurs belges se sont vraiment améliorés. » Notons que c’est l’épicéa (résineux) qui est le plus utilisé.
Pas d’impact sur la forêt. Contrairement à ce que certains pensent, la filière bois n’exerce pas de pression sur la forêt wallonne. Au contraire même. 66.00 m³ de bois ont été utilisés en 2012 en Belgique pour construire ou agrandir les maisons. Ce chiffre ne représente que 2,44 % du volume de bois sciés en Belgique. « Et savez-vous qu’en Europe, seulement 64 % de l’accroissement annuel de la forêt est récolté et que les bois que nous utilisons viennent à 90 % d’Europe ? La filière bois n’épuise donc pas la forêt amazonienne ! »
Le secteur est-il arrivé à saturation ? Il semble que oui, surtout en Flandre. « Si les entreprises s’engagent vers une activité unique en Wallonie, il y a encore un potentiel de développement. Il faudrait assister rapidement au sud du pays à un phénomène de concentration des entreprises. C’est en tout souhaitable pour poursuivre le développement du secteur. La Wallonie doit miser sur ses trois atouts : la quantité, les délais de production et le sciage qui sort des standards. »








