La surprise du monde de la BD pour les adieux du Chat (vidéos)

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Jeudi, 30 ans moins un jour après la naissance du Chat, Philippe Geluck est tombé dans un guet-apens tendu par «Le Soir» et ses amis dessinateurs.

Hé, menneke, tu portes le nom du pape maintenant ? », lance Johan De Moor à François Schuiten en le voyant traverser la rédaction du Soir. Eclats de rire : « Avant, c’était Benoît, alors… » Allusion à peine voilée à Benoît Peeters, le complice de Schuiten au scénario des Cités obscures. « Moi, ça m’arrivera jamais ! », lâche Johan De Moor avant qu’on ne lui rappelle que Jean-Paul II était aussi… Johannes Paulus II.

Les retrouvailles entre auteurs de BD sont souvent comme ça – fraternelles, familiales. Oh ! bien sûr, on n’est plus à la grande époque de la dream team de Spirou où les auteurs vivaient quasiment ensemble 24 heures sur 24 et s’échangeaient leurs séries. « Malgré tout, cela existe encore chez nous, sourit avec délectation François Schuiten, alors qu’il n’y a pas cela du tout dans le monde du cinéma ou de la littérature. Cela reste une famille. Je crois qu’Antoine Gallimard a été très surpris, lors du rachat de Flammarion et donc de Casterman, de voir que des auteurs aussi différents que Philippe Geluck ou moi pouvions nous retrouver unis dans un même combat. En fait, il y a une grande complicité entre nous face aux difficultés. Quand je retrouve tous ces gens, comme à Angoulême ou ici, je rentre à la maison. »

« Ici », en l’occurrence, c’est à la rédaction du Soir. Prise, ce jeudi matin, d’assaut par une partie du gratin de la BD belge, Schuiten donc mais aussi Yslaire (Sambre), Clarke (Mélusine), Sente (scénariste aujourd’hui de Blake et Mortimer, XIII, Thorgal), Grenson (La douceur de l’enfer), Johan De Moor (La vache)… Et une vingtaine d’étudiants en BD et illustration de l’ERG (Ecole de recherche graphique à Bruxelles) et certains de leurs profs, comme Olivier Grenson ou Alain Goffin. Lui, on l’a connu auteur il y a trente ans (Thierry Laudacieux, série qu’il compte revisiter prochainement en version 2013) et, depuis il a créé un studio graphique de communication. Il est surtout ici, avec François Schuiten, une des chevilles ouvrières du « guet-apens » tendu à Philippe Geluck sous l’impulsion de Daniel Couvreur, le spécialiste BD du Soir. « C’est vrai, raconte-t-il, que nous sommes, François et moi, les deux plus proches de Philippe dans ce milieu. Je suis le parrain de sa fille et de son fils et nous avons longtemps eu la même coloriste, Françoise Lempereur, aujourd’hui disparue et qui a initié toutes les couleurs de Philippe. C’est un immense bonheur d’être là car il ne sait pas ce que nous lui préparons ici, il s’attend juste à venir à un petit cocktail organisé en son honneur. Avec François Schuiten, ce qui est intéressant, c’est que nous avons amené l’un et l’autre des auteurs venus d’univers très différents, lui plutôt des anciens, des grands classiques ; et moi, plutôt des jeunes, des gens venus de l’illustration et du graphisme. Vous savez, nous, il y a 30 ans, on ne jurait que par (A suivre). Aujourd’hui, les repères des jeunes créateurs, c’est plutôt Fremok ou L’Association. Je considère que Chris Ware, c’est de la même famille que la ligne claire belge, mais avec l’apport de la typo, de la mise en page, de la peinture, d’influences très diverses. Ça, moi, c’est mon truc : avec Photoshop et Illustrator, je prends mon pied et je réinvente mon métier. »

François Schuiten a donc lui aussi remué la campagne. « L’idée, c’était d’appeler des gens qui ont tous un lien avec Philippe Geluck, que ce soient des amis ou des potes comme Yslaire ou Zep ou des gens qu’il admire comme Siné. On se connaît depuis (A suivre), j’ai vu Le Chat grandir et devenir cette fantastique machine de guerre. J’admire le regard que porte Philippe sur ce métier : il a été le premier à avoir une véritable réflexion à 360º, à prendre en compte toutes les dimensions de son travail, jusqu’au marketing. De plus, il garde, 30 ans après, une énorme créativité : il continue à m’épater chaque semaine. »

Si les étudiants de l’ERG ont été littéralement séquestrés dans nos murs, les pros ont choisi chacun « leur » méthode. Juan d’Oultremont est ainsi descendu chez un tatoueur de la Bourse pour se faire dessiner un Chat sur le bras. D’autres, comme Schuiten ou De Moor, ont préféré rentrer chez eux pour travailler après être venu chercher « leur » sujet d’actualité à illustrer. « Je connais ça, hein !, assure Johan De Moor. On parle, on rigole et puis on se rend compte à 5 heures qu’on a encore un dessin à faire ! » Il demande à voir le premier dessin du Chat « pour faire le dernier », mais aimerait « quand même bien faire un truc sur la Flandre, le Chat en lion flamand » avant d’opter pour Chypre. Schuiten, lui, réfléchit : le prix Abel décerné au mathématicien Pierre Deligne l’inspire mais il aimerait quand même en savoir plus sur la nature de ses recherches. Yslaire s’est penché sur « le communautaire » (la sortie de Benoît Cerexhe sur Bruxelles « asphyxiée » par la Flandre). De son côté, Clarke n’arrête pas, il croque Duferco puis les Diables rouges en Macédoine. Le résultat ? Vous le tenez en main. C’est un collector. Et pas seulement pour Philippe Geluck.

JEAN-FRANCOIS LAUWENS

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Chalut! Les photos de la surprise à Philippe Geluck

Vos réactions

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8. ledroit20 dit le 28/03/2013, 00:02

Que le bobo Philippe Geluck arrête une fois pour toutes son business. Il devient pitoyable ce Geluck. Bientôt il nous vendra des sexes en forme de chat. Et que la Presse arrête de nous parler encore de ce qui est devenu ridicule. On peut ajouter Fabienne (son vrai prénom)-Amélie Nothomb et Eric Emmanuel Schmitt. Les trois pitoyables de la culture belge.

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7. Louise_2011 dit le 25/03/2013, 17:51

J'aime bien Le Chat, mais à quand un article sur Chinua Achebe?

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6. Citoyen85 dit le 22/03/2013, 10:18

Typiquement belge, dès qu'il a eu du succès en France, certains se sont mis à l'admirer d'autres à le détester. witkap, tu es Van Rompuy ? Pas encore digeré son trait d'humour ? Ou tu as du mal à piger les subtilités du français ?

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5. Freditanne dit le 22/03/2013, 10:09

witkap merci de nous ouvrir les yeux. Vraiment, nous avions besoin de vous pour nous remettre dans le droit chemin. Par contre, je serais curieux de connaître vos références en matière d'humour. Jean-Marie Bigard ? Ou peut-être un remix de "la grosse bite à Dudule" ? A moins que vous ne soyez plutôt nostalgique de Stéphane Collaro ?

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4. Freditanne dit le 22/03/2013, 10:07

J'étais fan du chat... avant. Puis c'est devenu différent, j'arrive pas à mettre le doigt dessus, mais il manquait ce petit quelque chose qui me faisait bien rire avant. Et puis j'avoue que j'appréciais vraiment Geluck, jusqu'au moment où il a commencé à bosser en France, donnant l'impression qu'il devenait lui-même un peu plus français chaque jour, quelque peu pompeux et un peu trop arrogant par moment. Bref, tout fout le camp mon bon monsieur...

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