Plusieurs gares wallonnes attendent d’être mises sur les rails
La nouvelle gare de Liège est là, et bien là. Personne n’a oublié l’important cérémonial qui avait accompagné l’inauguration de cet ouvrage hors du commun signé par Santiago Calatrava.
Elle pourrait avoir bientôt trois petites cousines, à savoir celles de Charleroi, de Mons et de Namur. Eurogare, l’une des filiales de la SNCB Holding (anciennement Euroliège TGV), a profité du Mipim pour présenter les projets de rénovation de l’infrastructure ferroviaire des trois autres villes wallonnes.
Précisons d’emblée que seule celle de Mons est très avancée pour l’instant puisque ce 25 mars, les Montois pourront assister à l’installation d’une gare provisoire, ce qui fera démarrer de facto le chantier de la démolition de l’actuelle. Autre précision : comme à Liège, c’est l’architecte espagnol qu’on ne présente plus qui en a dessiné les contours. Toute ressemblance entre les deux projets ne sera donc pas fortuite…
Tant pour Namur que pour Mons et Charleroi, le mot d’ordre est identique : il s’agira de rendre ces gares intermodales. Entendez par là qu’il y aura à chaque fois une interconnexion entre les différents moyens de transport : le train, mais aussi la voiture, le bus et pourquoi pas la moto et le vélo.
A Mons, deux parkings souterrains sont ainsi prévus, dont un qui se situera du côté des Grands Prés, le centre commercial bien connu dans la cité du Doudou. Ils seront tous deux reliés au boulevard circulaire et à l’autoroute voisins.
A Namur, une nouvelle gare des bus sera implantée sur la dalle actuelle qui est à l’abandon depuis une quinzaine d’années. A Charleroi enfin, le ring constitue une balafre en plein visage urbain mais il bénéficiera d’une sortie directe vers la gare. Elle mènera à un parking de 1.600 places duquel on pourra accéder directement aux voies ferrées.
Si Mons est en marche (la construction d’un centre de congrès imaginé par l’architecte américain Daniel Libeskind a été entamée, on parle également d’un hôtel sur le site), pour Namur et Charleroi, les commanditaires n’en sont qu’au stade de la réflexion, même si celle-ci est fort avancée. Le désir est présent, reste à voir si les projets verront le jour.
Pour en revenir à Charleroi, force est de constater qu’une nouvelle gare, avec toutes les ramifications qu’elle entraînerait dans son sillage, ferait du bien au côté morose de son look.
Le défi est toutefois de taille puisque le réaménagement de la gare concerne une vaste zone comprise entre les ponts de la Villette et de la Résistance qui inclut notamment l’hôtel des chemins de fer. La gare, mais aussi des commerces de proximité, des bureaux, des logements et des services y sont prévus.
Le tout devra servir, à terme, à redynamiser la ville basse qui recherche depuis belle lurette un second souffle. La nouvelle gare ne devra plus être une barrière insurmontable mais elle devra devenir, au contraire, un trait d’union entre la ville basse et le secteur de la Villette.
Pour ce faire, un important passage sous voies a pu être aperçu sur la maquette du projet présenté sur la Croisette. Autre fait marquant : la structure du toit transparent qui donne une impression de légèreté à l’ensemble. Un important travail sera également effectué sur les rives de la Sambre, un cours d’eau plutôt « encaissé » actuellement et que l’on veut rendre plus agréable et proche des gens. Côté La Villette, des espaces verts seront développés. Bref, de la belle ouvrage…
Les projets des trois gares ont été présentés par Vincent Bourlard et Jean-Claude Fontinoy, respectivement administrateur délégué et président d’Eurogare.
Signalons enfin que les ministres Demotte et Magnette étaient attendus, mais ils ne sont jamais arrivés à Cannes à cause de la neige en Belgique.
Ils auraient voulu prouver que le train (et donc les gares…), c’est beaucoup mieux que l’avion qu’ils n’auraient pas pu mieux s’y prendre…



