Cesser de subir. Possible ?

Béatrice Delvaux
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Entre les milliards budgétaires à trouver et les successions de fermetures d’entreprise ou de licenciements, le monde politique se débat dans une pièce sans porte ni fenêtre. Où l’on négocie les répits/concessions avec un destin économique peu conciliant, car d’apparence tout-puissant. Arcelor, Ford Genk, ou Saint-Gobain, BNP Paribas Fortis, ING ou Belfius : difficile de promettre aux ouvriers, employés et cadres à l’emploi balayé, autre chose que de se battre. Difficile de promettre aux citoyens autre chose que des économies.

Et s’il y avait une autre voie que la gestion au coup par coup? D’ici à 2014, il faudra aligner exercice budgétaire sur exercice budgétaire, avec le risque au fil des mois, de ne plus oser toucher à rien. D’ici à 2014, d’autres mauvaises nouvelles dans l’industrie ou les services pourraient se concrétiser. Ne peut-on sortir de cette avancée claustrophobique, où l’on tente surtout de parer les coups? Est-il inimaginable de lancer un nouveau Pacte dans les mois prochains, réglant les échéances de 2014, budget compris, dès maintenant, dans un exercice structurel qui vise un horizon large, axé sur quelques grandes réformes.

Aujourd’hui, les tabous s’entrechoquent: tabou sur l’indexation, la fiscalité, la possibilité de dépenses publiques, etc. Hier, le commissaire au Plan pointait dans Le Soir l’urgence qu’il y avait à s’attaquer aux problèmes de fond, compétitivité ou pensions et d’investir dans l’éducation, la R&D, les réseaux, les infrastructures. On sait que pour réduire l’écart entre salaire réel et salaire nominal, il faut trouver un nouveau mode de financement de la sécurité sociale. Dangereux de toucher à cet équilibre, comme de détricoter un bout de l’indexation. Gare cependant à la peur qui gouverne ces tabous. Certains proposent des solutions. Bogaert pointait la création possible de deux indices pour l’indexation, l’Ecolo Philippe Lamberts proposait de réduire le «back-office» de la Belgique contre des dépenses dans des emplois créateurs de valeur ajoutée. On hurle, on crie aux fous? Ce ne sont pas les idées qu’ils prônent qui sont intéressantes, c’est la démarche: lever le nez de la feuille de devoirs, et regarder l’horizon en prenant les décisions. La Belgique a besoin d’un «new deal» qui rebatte certaines cartes. L’idéal serait que ce «new deal» axé vers l’avenir, s’élabore entre le politique et les partenaires sociaux. Si cela s’avère impossible, le politique devra assumer.

Vos réactions

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16. BruxellesdanslaRue dit le 27/03/2013, 11:30

@ Lidju: ce que vous dites est faux. Et j'en veux pour preuve que le PIB et même le PIB/hab en Belgique n'a pas cessé d'augmenté sur la période. Cela est suffisant pour démontrer que ce n'est pas l'augmentation des travailleurs sans-emploi qui est la cause du problème (sinon on aurait vu le PIB/hab stagner), mais bien un défaut dans la répartition des richesses. Merci pour cette tentative de contre-argumentation qui fait briller ma démonstration d'un feu neuf. Je vous connais assez pour savoir que vous ne l'admettrez pas, mais mon raisonnement est sans faille face à vos dogmes, car il est basé sur les faits, et non pas sur les croyances.

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15. Lidju dit le 26/03/2013, 23:27

@13. BruxellesdanslaRue Dans ce cas, je suppose que vous conseillez à tous les travailleurs d'acheter des actions... Si depuis 30 ans, les salaires stagnent, c'est parce que la part des non actionnaires, non travailleurs augmentent. Et cette part va encore augmenter tant qu'on exclura volontairement des gens du circuit du travail par l'augmentation de règles, permis, brevets, accès à la profession et autres règlements à la con

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14. meynard dit le 26/03/2013, 19:37

Deux considérations pour vous suivre, Mme Delvaux. D'abord, que sert-il de vouloir la relance si les structures (ou plutôt l'absence de structures) des marchés sont inchangées et provoquent des inégalités croissantes. Bien sûr cela ne dépend pas que de la Belgique et il faudra bien une force et une volonté européennes pour contrer les "grands" qu'ils soient privés ou publics (CEI) dans leur mise de batons dans les roues d'une organisation ayant le souci minimum d'une meilleure répartition des richesses. Mais au niveau de la Belgique, le grand défi est bien la recherche d'un consensus social sur l'affectation de ces richesses et cela induit obligatoirement de resituer le rôle de l'Etat dans l'économie. Le grand défi, c'est de (re?) modeler l'entièreté du système fiscal et de redéfinir les grands axes de dépenses publiques. Qui paie quoi et pour quoi? Osera-t-on poser le problème ET ses données dans le vaste champ de l'action politique? Là est la question!

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13. BruxellesdanslaRue dit le 26/03/2013, 17:07

Pour la droite, faire référence à des études sérieuses et référencées (cf. plus bas) et citer des chiffres, c'est "raconter n'importe quoi". Alors puisque Jmv71 semble ignorer totalement ce dont il est question, et puisqu'il n'est pas disposé à aller lire les références données (cf. plus bas), nous allons tenter de l'éclairer, sans illusion. Le PIB est en gros divisé chaque année entre le salariat (travail) et l'actionnariat (profit privé). Depuis 1983, une part considérable du PIB est passée du salariat à l'actionnariat. En France, c'est 9.3% du PIB, ce qui équivaut à 150 milliards d'euros par an qui sont perdus au profit! En moyenne sur les pays de l'OCDE, c'est 8%, et en Belgique ça vaut 25 milliards d'euros par an. Perdus depuis 30 ans. Les salaires stagnent, les profits privés explosent, la dette se creuse. Et la droite parle des soldes dans le panier de la ménagère. Si ça ne tuait pas, on en mourrait de rire.

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12. jmv71 dit le 26/03/2013, 15:32

Selon vos dires, une part importante des richesses produites est ponctionnée par les actionnaires. Pouvez-vous me dire quelle part svp? Vous parlez des actionnaires de Dexia, Fortis, ... qui ont vu leur portefeuille d'actions au mieux se diviser par 2 ou 3? Sachez que la seule rétribution de l'actionnaire (cad celui qui achète des part de l'entreprise - cad le propriétaire) est le dividende. Or, le dividende est une infime partie des bénéfices quand il y en a car une société doit toujours mettre des réserves dans son bilan. Et quand il y a des pertes, il n'y a pas de dividende non plus. Et quand l'actionnaire fait un plus value sur son action (tant mieux pour lui), cela signifie qu'il la vend à un prix qui satisisfait un acheteur (investisseur). Tout ca pour vous dire qu'il y a certainement des choses à améliorer (aller vers une union fiscale par ex.) mais que raconter n'importe quoi ne fera certainement pas avancer les choses.

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