Arrêter le tabac malgré les kilos

FRÉDÉRIC SOUMOIS
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Le fumeur qui arrête prend environ 3 kilos. Mais cela n’aggrave pas son risque cardiovasculaire à long terme. Le bénéfice engrangé reste donc intact.

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C’est une des préoccupations les plus fréquentes des candidats à l’arrêt du tabac
: vais-je prendre du poids
? © D.R.
    C’est une des préoccupations les plus fréquentes des candidats à l’arrêt du tabac : vais-je prendre du poids ? © D.R.

C’est une des préoccupations les plus fréquentes posées par les candidats à l’arrêt du tabac : vais-je prendre du poids? Et si oui, ces kilos en trop ne sont pas aussi négatifs pour ma santé que continuer à fumer? Même si les médecins ont depuis longtemps confirmé que le tabac restait bien plus négatif pour la santé, une réponse chiffrée plus nette est apportée par une nouvelle étude scientifique.

Celle-ci a suivi la santé cardiovasculaire de plus de 3.000 patients entre 1984 et 2011, avec une visite médicale tous les 4 ans. Conclusion: arrêter de fumer réduit fortement le risque cardio-vasculaire malgré la prise de poids que cet arrêt provoque souvent.

La réduction est impressionnante, puisque «les participants ayant cessé de fumer ont réduit de 53% leur risque de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral par rapport aux fumeurs, même en prenant du poids», écrit le Dr Carole Clair, de l’Université de Lausanne en Suisse, qui a dirigé cette recherche. Seule exception, les diabétiques, chez qui cette réduction n’est pas certaine par manque de recul, mais chez qui une augmentation d’accidents cardiovasculaires n’a pas non plus été constatée.

La prise de poids est par contre bien certaine: ceux qui ont arrêté de fumer ont pris en moyenne de 2,7 à 3,5 kilos. Les chercheurs, qui publient leurs résultats dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), concluent que même si l’excès de poids est incontestablement un facteur de risque cardiovasculaire, le tabac reste la principale cause de mortalité évitable et un risque majeur de maladies cardiovasculaires. «Si arrêter de fumer réduit nettement ce risque, cela entraîne un gain de poids qui est la principale préoccupation des fumeurs».

De plus larges études ont montré que ceux qui renoncent à la cigarette prennent en moyenne de trois à six kilos au cours des six premiers mois et que cet excès de poids persiste pendant un certain temps, mais tend ensuite à s’estomper. Pour les chercheurs, un doute sur l’importance du bénéfice de l’arrêt tabagique persiste donc pour les diabétiques qui voudraient arrêter de fumer, un gain de poids présentant pour eux un risque accru d’aggravation et de mortalité, surtout chez ceux contrôlant mal leur maladie. Aux Etats-Unis, la moitié des fumeurs essayent chaque année d’arrêter, souvent en vain.

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