Les banquiers à la recherche de l’honneur perdu
Les banquiers ne font plus leur métier. Non seulement, ils ne font plus l’intermédiation financière, mais en plus, ils se sont mis à jouer, et à perdre et à rejouer. Les banques, après la crise, sont passées des banques «casino» aux banques «coffre-fort». Elles vont chercher l’argent à la BCE le matin et le rapportent l’après-midi avec 25 centimes de bénéfice. On doit repartir sur des banques plus petites, plus transparentes, plus spécialisées et qui rassurent l’épargnant. » Ce n’est pas un dangereux gauchiste qui parle, ou un client qui aurait perdu son épargne. Non, celui qui s’exprime ainsi s’appelle Charles Jaumotte et est professeur d’économie à l’Université de Namur.
L’image des banquiers ? Ne faisons pas les surpris. Elle n’a jamais été bonne. Des générations de présidents de l’Association belge des Banques se sont succédé avec pour mission de redorer le blason du banquier dans le grand public.
Il faut être juste : dans cette descente aux enfers, les banques ont été laissées à leurs tentations, très mal et très peu encadrées par les superviseurs. Eux aussi doivent se dire que celui à qui ils doivent rendre des comptes n’est pas un ministre, mais un client derrière un guichet.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Oui rupture de confiance ! Non seulement il faut subir la dégringolade des taux ! Les épargnants sont victimes ! On va droit dans le mur !
2. Herr Roland Ca en est même criant de vérité votre post,on ne pourrait mieux dire,cela dit,cet article est bien dans l ère du temps..et à part le Canard Enchainé,je ne vois plus trop d autres gazettes faire objectivement leur boulot,surtout quand les subsides dont là,d ailleurs,il n y a t il pas là conflit d intérêts pour une presse qui jouerait réellement son rôle de 4e pouvoir,on est très loin de Woodward et Bernstein,je pense même que le public a bien compris depuis un bon moment et ne les croient plus,l objectivité les ayant abandonné.
Les gros investisseurs de la zone dollar ont fait la peau de la zone euro. Banquiers contre banquiers en fait. Pour éviter un conflit trop frontal, ça dévie souvent sur le "public incompétent", je dirais plutôt ignorant de certaines pratiques. Il est temps de faire le compte des pertes.
[Edito pas de droite] On ne peut pas comprendre ce qui se passe aujourd'hui tout alentours à partir d'une photographie instantanée. Nous savons que la droite et ses circuits médiatiques déploient des milliards d'euros chaque mois pour plonger le monde dans l'instantané et dans l'insignifiant. Cela leur permet d'occulter les processus en cours. Cela leur permet, quand une société fait faillite, de nous conter que "nous ne sommes plus compétitifs" au regard du marché instantané. Si on veut comprendre ce qui se passe, il faut regarder le long film (30 ans) du non-investissement dans les structures de la société (emplois, écoles, hopitaux, recherche, routes etc.). Il faut revoir le film dégoûtant des choix politiques ayant favorisé le profit privé plutôt que le salariat depuis 30 ans. Alors on comprend que notre chute a commencé jadis, et qu'on l'a masquée derrière le "rideau de l'instantanéité" jusqu'à l'inévitable désillusion.








@ Bruxellesdanslarue : bonne analyse.