Barques de pêcheurs et plaisirs d’hiver
Parmi les oeuvres mises en vente par Dorotheum lors de sa traditionnelle semaine d’avril, certaines ont une histoire liée d’une manière ou l’autre au Plat Pays.
Tout d’abord parce que l’antenne bruxelloise du prestigieux palais viennois a proposé en preview – du 25 au 27 mars – une sélection de pièces qui seront mises aux enchères dans la capitale autrichienne les 16, 17 et 18 avril. Ensuite parce que bien des œuvres proviennent de nos régions, que ce soit le fait de l’artiste ou du collectionneur.
Commençons par une paire de paysages fluviaux de Mathys Schoevaerdts (Bruxelles ca. 1665 – ca.1702) provenant d’une collection belge. Cet ensemble estimé 60/80.000 euros est composé de deux huiles intitulées Décharge des barques de pêcheurs et Plaisirs d’hiver. Ces toiles où l’architecture est rendue avec beaucoup de précision sont typiques des paysages panoramiques et lumineux de cet artiste flamand qui étudia à Bruxelles chez Frans Boudewijns. Ses paysages se situent dans la tradition de Bruegel l’Ancien avec une prédilection pour les scènes où se déroulent des événements avec des paysans qui voyagent, naviguent ou fréquentent des kermesses. Ses groupes sont individualisés et observés avec finesse. Sa palette est claire et lumineuse et ses compositions s’ouvrent volontiers sur des ciels crépusculaires ou sur de lointaines montagnes. Le peintre remporta beaucoup de succès et ses tableaux furent collectionnés tout au long du XVIIIe siècle. Il lui arrivait de collaborer avec son maître Boudewyns et avec d’autres artistes comme F. Dupont dont il peignait les personnages dans leurs paysages.
Autre tableau du XVIIe siècle : une grande Vue sur La Haye (107 x 137 cm) due à Dirck Verhaert (Haarlem 1610 - Leiden 1680) dans laquelle on distingue au premier plan la salle des Chevaliers, l’église Saint-Jacques, l’hôtel de ville et la chapelle de la Cour. Cette huile sur toile estimée 22-25.000 euros est probablement une commande et date de sa période de résidence à La Haye, entre 1631 et 1637. Toujours pour le XVIIe, mentionnons cette impressionnante scène de Rapaces dans le poulailler par Jan Fyt (Anvers 1611-1661), peintre flamand que l’on compare souvent à Frans Snyders et dont plusieurs œuvres se trouvent dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Ce sont les plumages des différents oiseaux peuplant ses toiles qui firent la réputation de Fyt qui produisit énormément (il signe plus de 160 tableaux et on lui en attribue le même nombre par similitude stylistique !). Cette grande huile sur toile (186 x 252 cm) est typique de sa production et estimée entre 30 et 40.000 euros.
Terminons par le XIXe siècle, avec un très beau Marché nocturne de Petrus van Schendel (1806-1870) datant de 1851 et estimée entre 150 et 200.000 euros. La scène montre des marchands de légumes avec à l’arrière une vue capriccio de La Haye. Cette huile sur bois (77 x 60,5 cm) reprend le sujet de prédilection de celui que l’on surnomma en Belgique et en France Monsieur Chandelle. L’artiste installé à Bruxelles dans les années 1845 est un peintre de genre romantique connu pour ses scènes de marchés (poissons, fruits ou, comme ici, légumes) à la lumière de la bougie avec un clair-obscur caravagesque. Ajoutons, pour le pousse, un étonnant service à café et thé en porcelaine dorée provenant de la Manufacture royale de Porcelaine KPM Berlin (vers 1810 estimation 9-15.000 euros). Non seulement la couleur est impressionnante, mais également les formes puisque l’on y répertorie des couvercles à bouton de lotus, des corps à serpents, 3 griffons ailés comme support de la cafetière et 3 pattes d’autruches et des feuilles d’acanthe pour la théière tandis que le pot au lait est supporté par 3 dauphins et des feuilles d’acanthe. Un joli trio également en provenance d’une collection belge.
Palais Dorotheum Dorotheergasse 17- 1010 Vienne. Auction Week : 16 Avril – 18 Avril 2013 – www.dorotheum.com


