La Commission rêve d’une Silicon Valley en Europe
Neelie Kroes lance Startup Europe et le Leaders Club pour promouvoir le web entrepreneuriat
Saviez-vous que Skype et Kazaa étaient estoniennes, que Spotify et SoundCloud étaient suédoises ou que Zalando était allemande ? Ces enseignes bien connues du grand public ne sont que la partie visible d’une population croissante de start-up européennes. C’est aussi ce que la Commission tient à rappeler en lançant le Leaders Club, un cercle européen de web entrepreneurs superstars pour inspirer les jeunes générations. À terme, la Commission entend créer un pole d’attractivité aussi « cool et sexy » que la Silicon Valley, selon les mots de Neelie Kroes, commissaire en charge de la société numérique.
« Je suis intriguée par la Silicon Valley. Avec ce club, je veux changer les mentalités et montrer aux gens ce qu’ils peuvent faire. C’est le rôle des modèles. Je veux attirer l’attention sur l’importance capitale du secteur des technologies de l’information. Aujourd’hui, la création d’emploi est principalement liée aux PME et c’est là qu’interviennent les start-up », déclare-t-elle.
Les premiers noms de ce Hall of Fame à l’européenne en ont certainement l’envergure. Parmi les neuf premiers membres, on trouve Kaj Hed, président de Rovio (Angry Birds), Nikla Zennström, cofondateur de Skype et Daniel Ek, fondateur de Spotify.
Le Leaders Club est la première phase d’un programme plus ambitieux. Sobrement baptisé Startup Europe, il entend connecter les écosystèmes d’entrepreneurs et de start-up européens pour leur donner une visibilité et une crédibilité mondiales. La campagne veut surtout s’assurer que les idées se développent, mais aussi restent et prospèrent en Europe.
« Les Européens ont besoin d’être créatifs et courageux. C’est de cette façon que plusieurs dizaines des entreprises web et high-tech les plus excitantes sont nées en Europe. Je veux que le monde le sache. Que les jeunes entrepreneurs puissent compter sur un véritable marché numérique unique pour y développer leurs idées », a insisté Neelie Kroes.
Startup Europe prévoit ainsi plusieurs modules pour faciliter la communication entre les initiatives en cours. On évoque notamment un partenariat pour débrider le potentiel du mentorat entrepreneurial et un forum pour centraliser les différents programmes d’accélération de start-up existants (comme NEST’up en Wallonie ou TechStars à Londres). La Commission va également développer de nouveaux outils de coordination tels qu’un réseau européen de crowdfunding et de capitaux-risques. Une dernière étape consistera à encourager les talents par le développement de plateformes de formation pour répondre à la pénurie de développeurs web.
Saluons le bon sens d’un tel chantier à l’heure où le Global Entrepreneurial Monitor (GEM) donne la plupart des pays européens bons derniers en termes d’entrepreneuriat (à l’exception notable du Royaume-Uni). En effet, l’indice du Total early-stage Entrepreneurship Activity (TEA) moyen pour les 20 pays de l’UE recensés par le GEM plafonne à 6,7 % des 18-64 ans là où les États-Unis font 12,1 %.
OLIVIER CROUGHS



