NEST’up Printemps 2013: les six finalistes en détails!

Olivier Croughs
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Dans la soirée de mercredi, le staff de NEST’up présentait les six équipes victorieuses d’un casting qui aura duré toute la journée.

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BetterBank
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BetterStreet
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CitizenCan
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Eats
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Hstry
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Weezbook
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La journée a commencé à 8h30. «  Six pitches le matin, six pitches l’après-midi. Chacun des quatorze jurés s’est exprimé sur les équipes  : in ou out  » explique Damien Van Achter, l’un des coaches et initiateurs du projet, visiblement heureux de la couvée nouvelle. «  Les candidats étaient mieux préparés que l’année passée, c’était plus abouti. Et puis les six projets sont les vainqueurs d’une soixantaine de candidatures, soit dix de plus que l’année passée, tout va bien.  »

Du côté des élus, les réactions à chaud sont révélatrices du climat de la soirée : «  nous sommes contents et motivés… et un peu stressés parce que le plus dur reste à faire. Voir avec les coaches si notre idée tient la route, ce qu’il en est vraiment. Voir aussi si nous avons les moyens de nos ambitions  » nous confiait Laurent Van Basselaere de BetterBank. Jean-Marc Poncelet de BetterStreet nous disait son soulagement de trouver du soutien pour la suite du développement. «  J’ai besoin d’aide pour me lancer. Être entrepreneur, ce n’est pas évident, tu lâches tout pour t’impliquer dans un projet. Intégrer NEST’up, c’est partager, échanger avec d’autres. C’est extrêmement riche. L’apport des gens qui ont réussi ou se sont plantés aussi.  »

Ainsi donc, pour sa version Printemps 2013, en désordre et en très court, NEST’up s’apprête à accélérer le développement d’un service bancaire mobile personnalisé, d’une offre d’emballages en papier comestible, d’une application de civisme participatif, d’une place de marché de l’info, d’un service de recommandation de livres et d’une nouvelle façon d’enseigner et d’apprendre l’Histoire en s’amusant. Ouf ! Heureusement, nous avons pris le temps d’en savoir un peu plus…

Hstry : les cours d’Histoire par les réseaux sociaux

Apprendre «  par cœur  ». C’est peut-être le plus gros mensonge de l’histoire des cours d’Histoire. Et il fallait peut-être s’appeler Thomas Ketchell pour rendre à cette noble discipline la valeur qu’elle mérite auprès des plus jeunes.

Avec Hstry (prononcer ‘istchwry’), Thomas entend «  simplement  » recréer l’histoire sur les réseaux sociaux, à la façon de Twitter. Pour mieux comprendre, il faut s’imaginer la vingtaine d’élèves accrochés à leurs smartphones, guettant le prochain tweet du reporter imaginaire, téléporté le temps du cours dans les couloirs de Versailles pour raconter Louis XIV. Ça va trop vite ? Aucun souci, il suffira de cliquer sur le tweet manqué pour atterrir sur le site www.hstry.org. L’élève y retrouvera l’intégralité du cours structuré sous forme de ligne du temps interactive, avec, là aussi, du social, des likes, des share et des comments. Aïe. La Fédération Wallonie Bruxelles (ex Communauté française) risque de prendre un sérieux coup de vieux pour l’occasion. Tant pis, c’est déjà génial.

Thomas Ketchell a 24 ans. Il est mi-français, mi-anglais. S’il vit en Belgique depuis 15 ans, il a beaucoup voyagé et travaillé à l’étranger. C’est d’ailleurs en Chine que lui est venue l’idée d’Hstry. Il y a aussi rencontré son collègue et cofondateur Steve Chiu qui le retrouvera pour le kick-off de NEST’up le mardi 2 avril prochain. Autre détail dont on se doutait un peu, Thomas a étudié l’Histoire.

Leur projet s’adressera principalement aux écoles primaires et secondaires.

BetterBank : la promesse d’un meilleur contrôle de ses finances personnelles

BetterBank, «  c’est du home et mobile banking avec une interface orientée utilisateur qui permet(tra) de faire plus, plus simplement  » déclame sans douter Laurent Van Basselaere, celui qui se présente comme le visionnaire indigné de l’équipe. «  C’est principalement une nouvelle interface améliorée qui devrait résoudre un ensemble de frustrations que, personnellement, je rumine depuis des mois. L’objectif est de retrouver le contrôle que l’on est en droit d’attendre sur sa vie bancaire  ».

Pour ce faire, les membres de BetterBank ont envisagé de travailler sur cinq axes :

1) L’expérience utilisateur (ou UX dans le jargon, pour User eXperience) est le premier combat. Remplacer les banquiers par des designers aux commandes de l’interface utilisateur.

2) La transparence sur les données bancaires. C’est la promesse d’un accès complet sur ses données, avec statistiques et historique illimité dans le temps. «  Nous voulons dans notre offre de base ce que les autres facturent abusément à titre de services optionnels  ».

3) Une aide à l’épargne pour avoir une visibilité permanente sur des objectifs préalablement encodés dans l’application.

4) Une assistance quotidienne à la prévision et au suivi des dépenses pour une meilleure gestion du budget.

5) L’enrichissement des informations par l’ajout de métadonnées (géolocalisation, tag, etc.).

En bonus, ce que Vincent Van Basselaere appelle la killer feature : la possibilité d’assortir un ticket de caisse à la transaction pour en finir avec les garanties perdues.

Leurs atouts ? Ce sont trois développeurs aux profils complémentaires (l’un est développeur mobile, le second est plus à l’aise sur le web, le dernier est… visionnaire) qui cumulent 30 ans d’expérience technique, rien que ça.

Dans un premier temps, ils souhaiteraient s’attirer les faveurs d’une banque qui puisse épauler le service avec sa structure. BetterBank en deviendrait le front desk.

Eats : des contenants comestibles à l’assaut d’un marché gigantesque

Moins bavards et moins high-tech en apparence que les membres de BetterBank, Thibaut Gilquin et Hélène Hoyois de Eats ne sont certainement pas moins prometteurs. Leur concept de contenants comestibles pour toutes sortes de caprices de rues vient peut-être de pousser les portes d’un marché gigantesque. Imaginez plutôt.

Le cornet de frites qu’on finirait par avaler, littéralement, une fois la dernière engloutie (l’argumentaire est déjà d’une délicieuse belgitude). C’est à peu près le projet Eats. Remplacer les raviers et les cornets en carton, les verrines et les emballages alu par d’astucieux assemblages de feuilles de papier azyme (fécule de pomme de terre, huile végétale et eau) suffisamment robustes et souples à la fois pour prendre de multiples formes. Comestibles surtout. Le grand avantage tient aussi du goût, d’une remarquable neutralité. Cela permet au papier de contenir indifféremment des aliments sucrés ou salés. Ces feuilles absorbent enfin parfaitement les saveurs des contenus pour ne pas gâcher l’expérience, souvent jouissive, qui a précédé. Ultime raffinement, les assemblages présentés par l’équipe offraient déjà à voir une certaine recherche en terme de design. C’est peut-être même la future clé d’un succès.

Mais pour vraiment comprendre toute la force du projet, il faut voir le regard de Thibaut quand il raconte son expérience traumatisante au festival de Dour : «  j’y avais un job étudiant. Je vendais des burgers sur le site. Comme le temps était mauvais, les gens ne prenaient même plus la peine de marcher jusqu’aux poubelles pour jeter leurs emballages. Ce n’était pas très chouette à voir, cet étalage de déchets immondes laissés là dans la boue  » se souvient-il amer.

Avec Eats, Thibaut et Hélène comptent bien séduire les organisateurs de tels événements et les milliers de tenanciers de street food shops. Un marché gigantesque.

BetterStreet : le civisme participatif

BetterStreet nous avait déjà séduits à l’occasion de sa présentation au dernier Café numérique de Liège. Nos collègues de Geeko ont également publié un portrait complet de son auteur et de son projet. Pour toutes ces raisons, nous n’allons pas réinventer la roue mais présenter brièvement le concept, qui n’en reste pas moins excitant.

Vous sortez de chez vous et constatez qu’un artiste de rue indigné a confondu votre façade avec celle d’une banque ? Pas de panique ! BetterStreet vous propose de dégainer votre smartphone et de lancer l’application. Dans un premier temps, vous prenez une photo du chef d’œuvre. Ensuite, BetterStreet vous suggère de l’envoyer au service communal de propreté avec un éventuel commentaire. La géolocalisation aidant, la commune n’aura aucun mal à identifier le lieu du méfait et procéder à sa correction. Évidemment, les coulisses de l’application sont plus complexes que cela. Un véritable réseau social pourra déterminer qui du nid de poule rue de la Loi, du graffiti rue des Colonies ou du morceau de mur bancal place de Louvain mériterait la priorité de l’intervention communale. Enfin, il ne sera pas uniquement question de rapporter des anomalies puisqu’on pourra également émettre des suggestions voire, plus rare sans doute, féliciter sa commune.

Pour davantage d’informations sur BetterStreet, n’hésitez pas à poursuivre la lecture sur Geeko.

CitizenCan : un marché de l’info où l’offre reflète enfin la demande

CitizenCan part du constat que les journaux se vendent de moins en moins bien, que les producteurs d’informations et leurs lecteurs se croisent désormais sans se toucher. Une double frustration qui procéderait d’un modèle désuet, incapable de répondre aux demandes spécifiques des lecteurs.

«  Nous proposons un market place pour que producteurs et lecteurs se retrouvent enfin par le principe de l’offre et de la demande. C’est aussi un moyen de monétiser le travail des blogueurs  » explique Florent Marot, cofondateur. «  L’initiative peut venir tant du côté des consommateurs que des producteurs. Exemple, je peux soumettre un projet de reportage à la communauté qui, sur base d’un engagement financier, va cautionner ou non mon projet. Si mon objectif est atteint, je suis certain d’être rémunéré pour mon travail. On adapte ici le principe du crowdfunding, mais les possibilités de rémunération seront bien plus nombreuses. Nous toucherons une commission sur chacune d’elles. C’est notre business model » complète-t-il. «  Le consommateur, lui, aura l’occasion de suivre les producteurs qu’il choisit et de se construire ainsi une offre complète d’information extrêmement respectueuse de ses attentes  ». Enfin, la collecte des données donnera au fil du temps une idée très précise des fluctuations de la demande.

Les membres de l’équipe nous l’assurent (et Damien Van Achter aussi, lui qui est passionné de nouveaux média), les possibilités sont énormes. À titre d’inspiration, les membres de CitizenCan citent volontiers le service américain Spot.us.

Weezbook : recommandations de livres via personnes de référence

Weezbook prend le pari de défier la loi du nombre sur internet dès lors qu’il s’agit de réaliser la meilleure recommandation de livres. Partant du principe qu’une à deux sources pertinentes sont plus efficaces qu’une masse d’informations insignifiantes au regard de nos goûts très personnels de lecture.

«  On a voulu un service qui permette de découvrir des livres à travers des personnes de confiance et de référence. Nous nous sommes rendu compte que jusqu’ici, on faisait l’éloge d’internet sur sa faculté à donner un accès quasi infini à l’information. Mais aujourd’hui, nous croulons sous cette information ! Alors qu’il ne suffit que de quelques personnes avec qui vous partagez des affinités, des goûts, des références pour vous assurer que leurs recommandations seront valables  » expliquent Alex et Gary Gaspar, qui d’ailleurs sont cousins et se connaissent bien. «  À l’heure actuelle, seuls les robots du genre de celui d’Amazon renseignent plus ou moins efficacement les livres en fonction de vos consultations et achats passés, mais aussi en fonction du succès de ces livres auprès de millions d’utilisateurs. Cette prétendue richesse est en fait un biais.  »

Pourquoi imaginer un tel outil si c’est pour le limiter au marché du livre ?

«  Parce que le positionnement marketing est beaucoup plus délicat si on prétend apporter la meilleure solution de recommandation de livres, mais aussi de films, de musiques, de jeux, etc. Ce n’est pas envisageable. Et puis l’engagement du consommateur de livres est bien supérieur aux autres. Un livre peut me prendre, des jours, des semaines, voire des mois de lecture. Ce n’est pas le cas avec les autres contenus. Développer cette recommandation pour ce marché très précis nous semble plus utile et plus urgent  » explique Gary.

Cette sélection éclectique de start-up démarrera l’aventure NEST’up mardi prochain à 9h. Nous suivrons régulièrement leur évolution jusqu’au terme de l’aventure, le mal nommé «  Demo Day  », d’ores et déjà fixé au 20 juin prochain. Ce sera l’occasion pour les six équipes de faire valoir leur expérience récente mais intensément acquise devant un parterre d’entrepreneurs et d’investisseurs.

Vos réactions

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4. Cantinaelfarolito dit le 28/03/2013, 19:24

Bande de bobos hipster sans personalité, même la censure sent le fake à un kilomètre.

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