«Marcourt ne va pas dans le bon sens», la carte blanche du Comac
Alors que des manifestations étudiantes pour la qualité et le refinancement public de l’enseignement ont lieu ce jeudi, le décret « Paysage » du ministre Marcourt continue à faire son petit bonhomme de chemin, regrette le Comac. La carte blanche.
Ce 28 mars, alors que des manifestations étudiantes pour la qualité et le refinancement public de l’enseignement se déroulent simultanément dans 8 villes étudiantes du pays, le décret « Paysage » du ministre Marcourt continue à faire son petit bonhomme de chemin. En effet, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), propose une réforme de tout l’enseignement supérieur. Rien de mois que la plus grande réforme depuis Bologne ! Ce décret change l’organisation du paysage institutionnel de l’enseignement ainsi que l’organisation des études et les droits étudiants. Mais cette réforme répond-elle aux réels problèmes que rencontre l’enseignement supérieur actuellement ? Non. Au contraire, cette réforme cache des aspects qui mettent en danger la qualité et l’accessibilité de l’enseignement. C’est le cas, par exemple, du concept de déboulonnement de l’année d’étude. Arrêtons-nous sur celui-ci plus en détails.
De quoi s’agit-il ? Aujourd’hui, nos études sont organisées sur base d’années comprenant chacune un certain nombre de cours correspondant à 60 crédits ECTS. Si ces cours sont réussis, les étudiants peuvent passer à l’année supérieure. M. Marcourt propose d’individualiser le parcours en permettant à chaque étudiant de choisir les cours qu’il souhaite passer chaque année, pour autant que ceux-ci correspondent à minimum 30 ECTS et maximum 90 ECTS par an. Pour justifier cette réforme plusieurs arguments sont invoqués, notamment une volonté de palier au redoublement d’une année pour seuls quelques cours ratés. Celui-ci ferait « perdre » une année aux étudiants. Une mesure contre l’échec donc ? En pratique, cela signifie surtout que chaque étudiant sera responsable individuellement d’organiser ses études.
Si, à première vue, le degré de liberté accordé aux étudiants peut paraitre attrayant, ce n’est plus le cas quand on s’y penche d’un peu plus près ! En effet, cet aspect du décret est loin d’être au service des étudiants. Et voici pourquoi.
Tout d’abord, permettre aux étudiants de choisir le nombre de cours qu’ils veulent passer chaque année n’est pas une réponse à l’échec scolaire. En effet, la difficulté des études et le manque d’encadrement seront toujours identiques. Et nous pensons que cela renforcera, au contraire, la sélection et l’échec pour ceux qui ont déjà du mal à s’orienter et à s’auto-discipliner. Il faudra en effet être capable de « gérer sa carrière universitaire » pour pouvoir se faire une place dans la compétition de plus en plus instituée au sein de la grande jungle que représente l’enseignement supérieur. Mais en plus de cela, chaque étudiant aura sa propre grille horaire et les incompatibilités seront inévitables. Dès lors, nombreux seront les étudiants dans l’incapacité d’assister à certains cours. Par ailleurs, les horaires d’examens, qui sont déjà tellement contraignants aujourd’hui, le seront encore davantage. Or, nous savons qu’un bon horaire d’examen est un facteur important dans la réussite d’une session. Enfin, si la notion de classe n’existe plus, les délibérations disparaitront en même temps. Et moins de 10/20 à un cours signifiera systématiquement la nécessité de le repasser. De plus, cette mesure déjà d’application dans plusieurs pays européens entraine dans les faits un allongement de la durée des études.
Par ailleurs, l’individualisation du parcours s’accompagne inévitablement d’une perte au niveau social. Premièrement, chaque étudiant n’aura plus sa classe, son « groupe d’appartenance ». Les groupes étant différents pour chaque cours, il en aura plutôt une dizaine. Dès lors, sur qui compter pour échanger ses notes et poser ses questions ? Ensuite, que deviendra la délégation étudiante ? Comment un délégué pourrait-il représenter des étudiants qu’il ne connait pas et qui ne partagent pas la même réalité, chacun suivant son propre parcours ? Enfin, l’individualisation des études mènera à une individualisation des diplômes. Si chaque étudiant sort de l’université avec un diplôme qui lui est tout à fait propre, la porte est alors grande ouverte à la remise en question des conventions collectives de travail. Cela rentre évidemment parfaitement en adéquation avec certaines revendications patronales, qui espèrent une liberté totale et individualisée de négociation des contrats de travail. Avec l’individualisation des études, ce sont donc les droits sociaux acquis par les travailleurs qui sont également menacés !
Le déboulonnage de l’année d’études ne part donc pas de l’intérêt des étudiants. Il renforce les inégalités, détériore la qualité des études et n’apporte aucune réponse satisfaisante à l’échec scolaire. Une raison (parmi d’autres), selon nous, de refuser le projet de réforme du ministre Marcourt. Nous estimons que le rôle de l’enseignement est de permettre à tous d’accéder à une formation en mettant en place l’encadrement pédagogique nécessaire à la réussite. L’enseignement doit être un droit pour tous, doit permettre de garantir l’accès au savoir et à la réussite. C’est pourquoi, afin de garantir l’accès pour tous les jeunes à des études supérieures de qualité, Comac, le mouvement de jeunes du PTB, soutient les mobilisations étudiantes du 28 mars. Un refinancement public de l’enseignement à hauteur de 7 % du PIB dont 2 % pour l’enseignement supérieur, répartis selon le nombre d’étudiants inscrits par établissement, est une revendication immédiate nécessaire si l’on veut aller vers un enseignement public, gratuit et de qualité pour tous.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Marcourt,lui,il est dans le....coma! Il tente,vainement,de trouver la bonne direction,mais,le plus souvent,il est dans le mauvais sens!,il est toujours à la recherche d'un "repreneur" pour la sidérurgie liégeoise(intégrée?),alors que Mittal n'est pas vendeur,il nous avait,même,promis un repreneur dans les....2 mois!,n'importe quoi,et,il y en a encore,qui le croit!




Ce n'est pas seulement Marcourt qui est dans le coma, c'est tout le PS. La ministre de la culture, Fadela Laanan, consacre 500,000