Et le miracle semble se (re)produire

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef
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Tout ça pour ça ! C’est Melchior Wathelet qui pourrait avoir raison : le budget est un théâtre où les hommes politiques crient à l’impossible et où tout finit toujours par s’arranger. Vendredi soir, le miracle du budget précédent était en train de se reproduire : le gouvernement Elio Ier devrait avoir accouché d’un résultat, avec un effort de 1,5 milliard d’euros qui feront le bonheur de l’Europe, sans faire le malheur du pouvoir d’achat des citoyens, et même des entreprises. Personne ce matin – sauf mesure surprise qui nous aurait échappé et sauf rebondissement nocturne ne pourrait crier au scandale.

L’exercice budgétaire tel qu’il était sur table vendredi soir, avec ses mesures phares, pourrait même passer, vu le contexte économique européen, comme quasi indolore. Pas de hausse de l’âge de la retraite, pas de hausse de la TVA, pas d’impôt minimum. On toucherait aux intérêts notionnels mais pour une correction limitée. On augmenterait les accises sur le tabac mais personne n’y trouvera à redire. Idem pour l’indexation de certains actes notariés et la taxation des baux emphytéotiques. Les réductions de dépenses, touchant notamment la SNCB, devraient également passer sans provoquer de commotion majeure. Il y aurait pour 900 millions de mesures structurelles dans ces nouvelles fiscalités « douces ». Si c’est signé, l’Europe aura ses mesures structurelles (c’est-à-dire produisant des effets au fil des ans) et l’effort réalisé permettra de réduire le déficit structurel au fédéral à 1 % du PIB : c’était la condition mise au gouvernement pour lui octroyer un répit dans le rythme et le volume de l’assainissement.

Tout le monde serait content, ou en tout cas, personne n’aurait l’occasion d’être très mécontent. La préservation du pouvoir d’achat est importante et soyons de bon compte, ce budget propre, et ce gouvernement qui remplirait le but fixé sans crise majeure, ferait meilleure figure qu’un François Hollande, définitivement plombé par des paroles ridicules – « le choc de simplification » – en lieu et place d’actes tangibles. Reste le sentiment – sous réserve d’analyse plus approfondie – qu’au-delà de ces budgets accomplis à petits pas, le gouvernement devrait oser cette prise en charge globale, anticipative, réformatrice des enjeux budgétaires et des défis fondamentaux du pays. Ce budget de Pâques permet de passer un cap, mais il faut plus et plus profond pour refonder nos assises.

Vos réactions

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13. outrequievrain dit le 06/04/2013, 15:02

Christine Laurent, du Vif-l'Express a une vision bien moins idyllique de ce soi-disant accord-miracle... "Budget : bluffer tout le monde avec autant de panache, soyons juste, il faut le faire ! " "De la bricole, des rustines, un zeste d'imagination, beaucoup de rouerie... et voilà l

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12. Mundele dit le 31/03/2013, 20:57

@eric61, d'accord, mais sauf à faire une attaque frontale contre le système économique et financier ultra libéral qui verrouille tout (y compris la politique) je ne vois pas comment en sortir ! Au lieu de laisser faire le profit purement spéculatif et finanacier qui ne produit rien que des jeux d'écritures (falsifiables par les plus "sérieux") ou tout faire pour nous aligner sur les moins disant sociaux, maîtriser les premiers et il faut les amener à nous rejoindre pour produire des biens par une compétitivité non sur les prix mais sur la qualité et la recherche AVEC le bien être des populations

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11. eric61 dit le 31/03/2013, 19:01

Sauf que ces mesures qui n'en sont pas ne tiendront pas la distance. Dans 6 mois au plus (scenario optimiste) on entendra que les résultats de ces mesures n'ont pas donné les résultats espérés parce que (blabla d'excuses habituelles), parce que (blabla paramètres économiques mondiaux), parce que (blabla indicateurs de croissance européens), parce que (blabla divers) Et on sera reparti pour un tour de manège.

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10. Lidju dit le 31/03/2013, 17:45

@8. BruxellesdanslaRue Pas de problème, la nouvelle banque syndicale va pouvoir financer une nouvelle sidérurgie avec les 5000 manifestants. J'approuve totalement ce projet (sans ironie). La droite n

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9. philip dit le 31/03/2013, 14:36

Personne ne pourrait crier au scandale En ce qui me concerne, l'augmentation du boni de liquidation représente un coût d'environ 40000 euros sur le fruit longues années de travail. Personne ne pourrait crier au scandale mais il y en a quand même qui paient plus que d'autres...

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