Pédophilie: comment dire sa colère devant le silence de l’Église? (chat)

Rédaction en ligne
Mis en ligne | mis à jour

De façon radicale, sans nuance pour Vincent Lannoo. Le réalisateur d’« Au nom du fils » qui sort ce mercredi et Astrid Whettnall, atout majeur de ce pamphlet cinématographique, ont répondu à vos questions.

«  Je me suis lancé dans ce film pour tenter de rompre le silence des porteurs de bonnes paroles » explique Vincent Lannoo.

Un film pour choquer? «  Sans doute que oui, choquer pour interpeller! Choquer aussi pour ouvrir un débat, pour interroger. Elizabeth dans le film fait justice elle-même. C’est un des aspects choquants du film, même si c’est aussi l’un de ses côtés drôles. J’ai tellement le sentiment que beaucoup de gens, même très intégrés dans la société, seraient prêts à jouer aux justiciers dans la ville aujourd’hui, comme on a pu le sentir au moment de la sortie de prison de Michelle Martin, qu’il faut, je pense, ne jamais cesser d’y réfléchir.  »

Un sujet éprouvant à traiter « La question de la foi et le fait d’en faire un film me taraude depuis pas mal de temps en effet. Mais c’est vrai que l’actualité, le silence judiciaire, le silence de l’Église ont donné une forme d’urgence au sujet. Ce que je trouve terrible, c’est qu’avec les déclarations folles de l’archevêque de Malines, avec ce dédouanement systématique, peut-être qu’un seul film ne suffira pas?

Ce qui m’intéresse dans mes films, c’est de travailler sur la part sombre des humains. Je ne sais pas si je retravaillerai sur ce sujet précisément, mais sur la «part sombre», très certainement. Ça n’a l’air de rien, mais ce sujet était éprouvant à traiter.

Un grand travail d’enquête « Philippe Falardeau et moi avons lu énormément de biographies de membres de l’épiscopat, de revues catholiques, de documentaires. Nous avons écouté pas mal d’émissions sur des chaînes radio catholiques. Nous avons également lu les témoignages dans le rapport de la commission d’enquête. Certains d’entre eux étaient particulièrement pénibles et renforçaient notre désir d’en parler. Par contre, il nous semblait évident qu’il fallait en parler de manière drôle, voire jouissive. Plusieurs personnes ayant vécu ce type de problème nous remercient pour le ton que nous avons mis au film. On nous a souvent dit que c’était libérateur. »

Un film bien accueilli ? « Le film est accueilli de manière exceptionnelle pour le moment. Je suis très heureux car le publique est rentré immédiatement dans le ton décalé et a tout de suite compris l’aspect pamphlétaire. Honnêtement, c’est la première fois qu’un de mes films rencontre ce succès.

Je dois avouer que mon attente est déjà rencontrée en grande partie. Le film va sortir en France, en Italie, au Canada, d’autres pays suivent. Bien sûr, ce qui me plairait, c’est qu’un maximum de personnes le voient, et qu’ils puissent en parler entre eux, en débattre. Les acteurs et moi vivons les séances comme si c’était à chaque fois un spectacle unique, comme une pièce de théâtre. Et je pense que nous serons souvent dans les salles pour sentir, pour parler. »

Vos réactions

Voir toutes les réactions

2. radiogsm dit le 02/04/2013, 14:39

moi qui croyais que les articles anti catho passaient durant la semaine Sainte, je me suis trompé. Après Pâques, ces articles et discussion ne m'intéressent plus!

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 0
1. bartolome dit le 02/04/2013, 08:57

"le jour où elle est confrontée à la pédophilie des prêtres" En voila une phrase qui reflete, si besoin etait, la totale subjectivité du film. Non, les pretres ne sont pas pédophiles. Il y a eu, et il y a encore certainement, certains pretres pédophile, mais ces cas restent rares.La nuance est de taille. Tout comme il y a des educateurs, des profs, ... pédophiles. est ce une raison pour remettre tout le système d'enseignement en cause? Non que je sache. de la meme manière, ces quelques brebis galeuses au sein de l'eglise ne doivent pas discréditer tout une religion et une eglise, même si il est vrai qu'il y a eu une volonté, non pas de proteger ces pretres en question, mais bien d'etouffer l'affaire en reglant ces questions de façon interne.On a par ailleurs constaté ces memes silences et "justice"interne dans certaines ecoles, qui ne voulaient pas voir leur réputation entachée par un scandale.L'eglise n'a pas le monopole de la pedophilie et de l'etouffement, n'en déplaise a certains bouffeurs de curés

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 5 non 3
Voir toutes les réactions »

Osez la rencontre !