Acheter et revendre des (petites) maisons,tel est le nouvel objectif de Marc

Paolo Leonardi
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Marc P. (nom d’emprunt) était photographe de presse. Il s’est aujourd’hui reconverti dans l’achat et la revente, après transformations, de maisons. Une autre forme d’investissement dans la brique, mais à plus petite échelle.

  • L’isolation du grenier permet souvent à Marc d’augmenter la surface habitable des maisons qu’il achète à Huy et dans ses environs.
    L’isolation du grenier permet souvent à Marc d’augmenter la surface habitable des maisons qu’il achète à Huy et dans ses environs.

C’est un métier qui lui est venu grâce à des cousins éloignés chez qui il avait l’habitude de travailler l’été en étant plus jeune. « Ils investissaient depuis un bon moment dans l’immobilier, se souvient-il. Un jour, ils m’ont dit que je devrais en faire de même car cela rapportait de l’argent… »

La reconversion se fera mais elle prendra du temps. Marc n’a que 25 ans quand il achète une première maison dans le but de la louer. Nous sommes en 1994 et le bien se situe dans les environs de Huy. Prix de la maison : 90.000 francs belges. A cette époque, il vit seul dans un appartement à Wavre dont il est propriétaire. Marc effectue quelques menus travaux dans la maison mais garde le locataire. « Pendant une dizaine d’années, ajoute-t-il. Les loyers que je percevais ont remboursé mon emprunt. En définitive, c’est une maison qui s’est payée toute seule. Puis, je l’ai revendue pour le double du prix… »

Son métier de photographe continue d’emmener Marc P. aux quatre coins du monde quand il rencontre Amélie. Coup de foudre. Il est sans enfant, elle en a trois. Lorsque vient le moment d’emménager, il faut de la place pour loger tout ce petit monde, d’autant qu’une autre progéniture vient très vite s’ajouter à la famille recomposée. « Après avoir loué une maison à Wavre, nous avons décidé de faire construire à Walhain, expose Marc. Entretemps, j’ai acheté une autre maison que j’ai remise à neuf. Là aussi, les loyers ont remboursé l’emprunt et quand je l’ai vendue, j’ai gagné 55.000 euros sur le prix de vente en quelques années. »

Sa compagne étant obligée d’arrêter de travailler suite à une lourde opération, Marc songe de plus en plus sérieusement à arrêter la photographie. « Lorsqu’elle était immobilisée, Amélie regardait chaque jour une émission sur la BBC qui réévaluait le prix de maisons après transformations. J’étais hésitant mais elle a voulu malgré tout tenter le coup. Elle en a trouvé une et comme travaux, on a simplement placé une nouvelle salle de bains, une nouvelle cuisine, retapissé quelques pièces et nettoyé les abords de la maison. Deux mois et demi plus tard, on l’a mise sur le Net, juste pour voir si cela pouvait se passer comme dans l’émission télé… Quatre jours après, elle était vendue. Bénéfice : 36.000 euros ! J’ai été définitivement convaincu… »

Le couple fait alors l’acquisition d’une autre maison – la première qu’ils achètent ensemble. « Celle-là, nous l’avons payée cash, se rappelle Marc. Outre les travaux habituels de rafraîchissement, on a enlevé les faux plafonds, encastré l’électricité, placé un nouveau chauffage central. Mais surtout, nous avons posé une salle de bains dans une cave recouverte de pierres bleues au sol et de voussettes au plafond. On en a fait quelque chose de magnifique ! Là aussi, les travaux ont duré deux mois et demi. On l’a revendue en une semaine avec un bénéfice… encore plus important ! »

Cette fois, la décision est prise : Marc range pour de bon ses objectifs dans le placard. « Mais je faisais ce métier en amateur, dit-il. A chaque vente, j’étais taxé à 50 pour cent sur la plus-value et je ne pouvais déduire que les travaux effectués par des professionnels. Il me fallait réfléchir à une autre manière de fonctionner… »

Histoire d’ajuster la focale de son nouveau métier, Marc P. se rend chez le notaire pour créer une société immobilière. Une SPRL, en fait, qui possède dans ses statuts l’activité de marchand de biens. « C’est le plus important puisque c’est ce que je fais le plus, insiste le nouveau gérant. Sur le plan des formalités, ce fut une… formalité. Dans la pratique, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît puisqu’il faut instaurer une tournante entre les maisons et surtout, il faut en trouver une au bon moment, c’est-à-dire au moment où je suis sûr de toucher l’argent de la revente de la précédente. Pas évident… »

Pour que sa nouvelle activité soit rentable, Marc explique ainsi qu’il doit acheter quatre maisons par an. Son terrain de chasse reste concentré sur le grand Huy, la ville où il est né. « J’achète des petites maisons qui, après travaux, se revendent maximum 170.000 euros, insiste-t-il encore. Ce sont des prix raisonnables qui attirent tout particulièrement les jeunes couples sans enfant et les personnes séparées qui sont de plus en plus nombreuses. Jusqu’à présent, j’ai acheté une dizaine de maisons au total. Le bénéfice maximal sur une revente s’est élevé à 55.000 euros et le minimum à 11.000 euros. Une fois, j’ai mis les photos de la maison que je venais de retaper sur internet un dimanche à 14 heures. A 19 heures, un couple est venu la visiter et à 21 heures, ils m’envoyaient la confirmation d’achat ! Les petites maisons de deux chambres, avec ou sans grenier aménagé, partent comme des petits pains. »

Pour les travaux, Marc fait appel à un chauffagiste, un électricien, un spécialiste en toitures et un cuisiniste. Ils sont tous belges. Pour les autres travaux (plafonnage, carrelage, menuiseries, abattage des murs…), il travaille avec deux Polonais qui ont une société en Pologne et qui spécifient, via un formulaire à remplir sur internet, leur emploi du temps en Belgique. « Je les paie 17 euros de l’heure, fait-il remarquer, mais c’est moi qui leur fournis le matériel. Je les utilise environ six mois par an. Ils logent dans un studio dans le centre de Huy. Leur travail est à chaque fois nickel… »

Si sa nouvelle vie lui procure « beaucoup de stress », Marc estime toutefois que sa qualité de vie a fait un bond depuis qu’il a raccroché ses objectifs. « Je vise un bénéfice annuel de 120.000 euros et ne travaille que six à sept mois par an, conclut-il. Contrairement à avant, je fais beaucoup de sport, essentiellement du VTT et de la musculation en salle. Et je pense me racheter bientôt un appareil. Car oui, la photo me manque, mais comme passe-temps uniquement… »

Vos réactions

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1. Mlchael dit le 03/04/2013, 08:32

En effet pendant ma recherche de maison j ' ai souvent visité des maison s qui avait été refaite de font en comble uniquement pour les revaloriser. Hélas ce genre de travaux sont souvent des cache misère dans le but unique de vendre beaucoup plus chère des bien qui au final ne valent pas tant. Pour finir cette mode de vouloir retaper a peut de frais des vielle maison sont purement et simplement des ARNAQUES. Car trop souvent ce type de rénovation sont mal conçue avec des matériaux de mauvaise qualité, souvent il faut arracher une bonne partie et tout refaire. conclusion on achète bien cher un bien ou beaucoup est a refaire.

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