«Nous entamons une deuxième vague de crise»

Olivier Croughs
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Les cessations d’activité augmentent plus vite que les constitutions. Les premiers signes de la crise de 2009 refont surface.

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Les cessations d’activité (en bleu) seront bientôt plus nombreuses que les créations d’entreprises.
    Les cessations d’activité (en bleu) seront bientôt plus nombreuses que les créations d’entreprises.

Tristes records battus en 2012 pour la Belgique de l’entrepreneuriat. Depuis 2007, il ne s’est jamais autant dissout d’entreprises. Or, la baisse du nombre annuel de constitutions est également la plus forte de ces six dernières années. Fin 2012, la dernière étude de Graydon - bureau d’étude et d’information commerciales - sur le paysage entrepreneurial national comptait 6.733 créations d’entreprises en moins par rapport à l’année précédente. Une tendance qui s’est aggravée depuis juin 2012.

Toutefois, «  il se crée encore davantage d’entreprises qu’il n’en disparaît  » tente de rassurer Philippe Godfroid, président de l’Union des Classes moyennes (UCM). C’est encore vrai, mais peut-être plus pour longtemps, nuance Eric Van den Broele, senior manager à la Recherche et au Développement chez Graydon. Selon le chercheur, bien qu’en chiffres absolus, le nombre net d’entreprises continue d’augmenter, cela fait quelques années maintenant que les cessations augmentent proportionnellement plus vite que les constitutions. «  Mais les courbes en question ne projettent que des nombres d’entreprises créées ou fermées. Si on y ajoute les création et perte induites de valeur économique, on peut considérer aujourd’hui que dans l’économie belge, il se détruit davantage de valeur qu’il ne s’en crée  ». Malaise. C’est d’autant plus inquiétant que les équipes de Graydon observent aujourd’hui les mêmes signes avant-coureurs de la crise de 2009. «  Nous constations alors une première vague d’entreprises en difficultés, principalement sur les secteurs du commerce de détail et de la construction, soit des secteurs prioritairement orientés vers le consommateur. Un peu plus tard, c’étaient les secteurs du commerce en gros et du transport qui avaient suivi... Or aujourd’hui, ces observations refont surface dans les mêmes proportions. Ce qui me fait penser que nous entamons une deuxième vague de crise, q ui s’ajoute à la première  » explique Eric Van den Broele.

L’année 2012 fut également une année record en termes de faillites, dépassant le précédent record de 2011 de 5,24 %. Au moment d’écrire ces lignes, un entrepreneur sur 82 dépose le bilan. Une proportion amenée à croître au cours des prochains mois selon Graydon.

La Wallonie semble mieux résister à la crise

Au niveau régionnal, c’est la Wallonie qui a le mieux résisté aux effets de la crise. Même si «  la rechute du nombre d’entreprises nouvellement constituées se manifeste clairement dans chaque Région. La plus importante se situe en Flandre (de 44.215 en 2011 à 38.719 en 2012), suivie par la Région de Bruxelles-Capitale (de 11.310 en 2011 à 10.293 en 2012) qui à son tour est suivie par la Wallonie (de 22.110 en 2011 à 20.372 en 2012) ».

La combinaison de ces facteurs présente une image de plus en plus alarmante : elle démontre clairement la nécessité de mettre sur pied une gestion qui stimule le nouvel entrepreneuriat de manière active et qui protège l’ancien contre les débâcles » prévient Eric Van den Broele. «  Toutefois, l’ensemble des difficultés citées se situent dans un noyau d’environ 20 % tandis que la très grande majorité des entreprises se portent bien . Il va de soi qu’elles sont également touchées par la crise. Néanmoins, celles-ci ont souvent réussi à en tempérer les effets grâce à leurs ressources propres, limitant ainsi leur dépendance aux créanciers externes. » conclut le chercheur.

Le top 5 du Bel 20

1 Solvay 108.15 2.51%
2 Delta Lloyd 15.72 2.08%
3 Telenet Group 38.01 1.64%
4 ThromboGenics 32.31 1.32%
5 KBC Groep 36.03 1.21%

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