Philippe Godfroid (UCM): «priorité aux petits!»

Olivier Croughs
Mis en ligne

Le président de l’Union des Classes moyennes (UCM) défend son combat pour les « petits » patrons, le cœur de l’économie belge.

  • 
Philippe Godfroid, président de l’UCM.
    Philippe Godfroid, président de l’UCM.

Quelle(s) conclusion(s) dressez-vous des récentes études sur l’entrepreneuriat en Belgique ?

Nous constatons que 9 faillites sur dix concernent des entreprises de moins de cinq travailleurs et qu’une entreprise sur dix dépose le bilan avant l’âge de cinq ans, cette dernière tendance est d’ailleurs plus marquée en Wallonie. Il y a donc un vrai travail à fournir sur les « petits » qui constituent le cœur de l’économie, wallonne surtout.

Un vrai travail ?

À plusieurs niveaux, oui. À commencer par l’administratif. Il serait temps d’arrêter de considérer les petites entreprises comme des grandes en modèles réduits. Dans les premières, c’est le plus souvent le patron qui doit assumer la charge administrative. Et si les guichets d’entreprises ont pour vocation de ne constituer qu’un seul interlocuteur, il subsiste pourtant une lourdeur administrative interpellante. La difficulté d’engager un premier employé n’est qu’un exemple. Dès lors, nous demandons des dispositions pour favoriser les petites structures.

N’y a-t-il pas également un défaut de formation à l’entrepreneuriat ?

Effectivement, il est urgent de rapprocher l’enseignement de l’entreprise. Or, nous regrettons un manque de formation dans le secondaire, le technique et l’industriel. Ne fût-ce que pour encourager la responsabilisation individuelle. L’exemple des mini-entreprises prouve l’efficacité de la démarche avec un taux entrepreneurial beaucoup plus important parmi les jeunes ayant vécu l’expérience en secondaire (voir Le Soir du 31/01/2013, NDLR).

Il serait également souhaitable que la Région reconnaisse les formations données par les centres PME. On y forme des courtiers en assurance, des experts en immobilier, des ouvriers de l’HoReCa et d’à peu près tous les métiers du bâtiment… Ces gens sont qualifiés et leur taux d’insertion est de l’ordre de 80 % mais leur certificat d’aptitude n’est pas certifié par la Région. Enfin, nous défendons la nécessité de l’accompagnement des entreprises par des professionnels pendant les trois premières années pour freiner le phénomène des cessations précoces.

Les candidats sont-ils seulement bien informés de ce genre d’initiatives ?

Loin de là. Nous constatons une méconnaissance inquiétante des outils mis à la disposition des entrepreneurs. La Sowalfin, le Fonds de participation, la caution mutuelle, etc., tous ces outils sont très peu connus. Quant aux banques, nous déplorons l’absence de motivation trop souvent observée lors du refus d’un crédit. Or, privé de cette précieuse information, l’entrepreneur aura du mal à améliorer son dossier.

OLIVIER CROUGHS

Vos réactions

Voir toutes les réactions

1. smoky0131 dit le 04/04/2013, 00:19

A condition que les petites entreprises trouvent des clients car la plupart ne sont actives que sur le marché belge local. En cas de diminution de l'activité des grandes entreprises, elles seront forcément en difficulté également...

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 0
Voir toutes les réactions »

Le top 5 du Bel 20

1 Solvay 108.15 2.51%
2 Delta Lloyd 15.72 2.08%
3 Telenet Group 38.01 1.64%
4 ThromboGenics 32.31 1.32%
5 KBC Groep 36.03 1.21%

Osez la rencontre !