Pourquoi l’affaire Cahuzac atomise François Hollande

Jurek Kuczkiewicz
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Jérôme Cahuzac a-t-il bénéficié de la complaisance de ses supérieurs, ou seulement de leur naïveté ? On se gardera bien de tenter une quelconque réponse à cette question : le déballage ne fait que commencer. Limitons la cruauté à ceci : la surabondance de professions de bonne foi est un piètre témoignage de la perspicacité de leurs auteurs.

M. Cahuzac n’est ni le premier ni le dernier responsable politique, en France comme ailleurs, à avoir été confondu dans une activité répréhensible. Cela ne fait pas de tous les hommes politiques des voleurs, des menteurs et des fraudeurs. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le contrôle – médiatique et social – sur les abus des politiques est de nos jours beaucoup plus serré qu’il y a quelques dizaines d’années.

Pourtant, chaque affaire de ce genre enfonce toujours plus les classes politiques dans le discrédit, et fait le lit des populistes. (Lesquels, lorsqu’ils arrivent au pouvoir, ne s’avèrent pas plus immunisés que d’autres à l’arrogance qui l’accompagne et à ses dérives.)

Mais l’affaire Cahuzac porte à la présidence de François Hollande un coup d’une gravité considérable. C’est qu’elle vient frapper un ensemble particulièrement mou… La politique menée par ce président et son gouvernement souffre d’une absence totale de lisibilité : qui pourrait résumer en quelques majeures, l’objectif et la stratégie de MM. Hollande et Ayrault ? Le président s’y est bien essayé lui-même, la semaine dernière sur France2 : force est de constater qu’il n’y est pas parvenu.

Une politique se mesure à ses résultats – il est trop tôt pour les mesurer – et non à son emballage. Mais une politique a aussi besoin de repères identifiables, ne fût-ce que pour permettre aux citoyens d’avoir au moins le sentiment de pouvoir en suivre la progression : il faut pouvoir tenir, avec une histoire à raconter.

Sur ces plans-là, François Hollande et Jean-Marc Ayrault s’avèrent de bien piètres conteurs. Et dès lors, en attendant leurs résultats, de faibles gouvernants.

Le seul élément de discours reconnaissable de François Hollande, restait celui de la « normalité », érigée aussi en « République exemplaire ». En avouant avoir fraudé et menti sans vergogne, le ministre qui était en charge des deniers publics et de la lutte contre la fraude fiscale, vient d’atomiser le peu qui restait identifiable dans le discours de François Hollande. Alors forcément, il ne reste plus grand-chose à quoi se raccrocher. Ni pour le président ni pour le citoyen.

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6. DBox dit le 04/04/2013, 14:21

Hollande sera-t-il le premier président francais à démissioner?

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5. piflechien dit le 04/04/2013, 12:30

la presse de gauche c'est une chose, mais Hollande est avant tout président des Français de par la volonté de 51%des électeurs Il est à moins de 30 % d'opinion favorable 8 mois après son entrée en fonction,Sa piètre prestation télévisée et l'affaire Cahuzac. ne vont pas rendre confiance aux Français en leur gouvernants. Ce matin dans "c dans l'air " un spectateur a interrogé les experts et journalistes de la manière suivante "A partir de quelle cote minimum un président perd il sa légitimité " ? Réponse 30 %.... je crois que l'aventure Hollande est unique dans l'histoire de la république (3em, 4em et 5 eme )

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4. meynard dit le 04/04/2013, 11:45

Il y a de tout partout...Et aussi des journalistes d'investigation et du journalisme de propagande. Je voudrais voir l'état d'esprit des journalistes de Libé qui ont ouvertement fait campagne pour Hollande; eux qui se targuent d'une gauche républicaine vertueuse... Pauvre Jean Daniel!

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3. Lidju dit le 04/04/2013, 11:00

Je ne suis pas fan de Hollande ni du PS, mais je ne vois pas en quoi cette affaire le fragilise

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2. libremax dit le 04/04/2013, 08:55

En attendant leurs résultats... La presse de gauche qui voyait en François Hollande un authentique Messie continue à mettre des chandelles en attendant un miracle. Le soir, j'ai envie d'y croire...

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