Pour le Paradis, c’est parti !

Vincent Fifi
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Braine-l'alleud. Le chantier d'aménagement du plan d'eau du Paradis vient de commencer. Le lac servira pour les loisirs mais aussi comme zone d'immersion temporaire, et est à ce titre cofinancé par la Province. Ce partenariat pourrait être étendu.

  • Attendu par les Brainois depuis les années ‘90, le projet de plan d’eau de 5 hectares au Paradis est en passe de devenir réalité : les engins de chantier sont au travail depuis quelques jours. © V. F.
    Attendu par les Brainois depuis les années ‘90, le projet de plan d’eau de 5 hectares au Paradis est en passe de devenir réalité : les engins de chantier sont au travail depuis quelques jours. © V. F.

S’il n’est pas encore au Paradis, le bourgmestre MR Vincent Scourneau s’en approche visiblement de jour en jour. Au dernier conseil communal, il avait annoncé à la surprise générale – de l’opposition en tout cas – une nouvelle plus qu’attendue de ses concitoyens : un accord amiable pour construire le centre aquatique sur le site prévu, à savoir au lieu-dit Le Paradis, venait de se dégager malgré deux procédures judiciaires perdues par la commune.

Enfin, après des années d’effort, ce bassin de natation qui manque à Braine-l’Alleud depuis la fermeture de la piscine provinciale le Neptune va pouvoir se concrétiser. Mais dans les plans communaux, la piscine a toujours été une pièce d’un puzzle plus vaste : pour pouvoir sinon être rentable, au moins ne pas générer des coûts de fonctionnement impayables, il fallait coupler le bassin avec une zone de loisirs plus vaste, destinée aux familles. C’est pour cela que la commune voulait construire son centre aquatique au Paradis : depuis les années ‘90, les majorités qui se succèdent veulent aménager un plan d’eau de loisirs qui permettrait de valoriser le site, un marécage en friche à quelques centaines de mètres du centre.

« En 2000, quinze jours après avoir pris mes fonctions, nous avons engagé un programme destiné à concrétiser ce projet, en commençant par développer un plan communal d’aménagement (PCA) sur la zone, se souvient Vincent Scourneau. Ce PCA était bouclé en 2004 et depuis, il dort dans les tiroirs de la Région wallonne. Alors que le dossier était abouti… Mais nous sommes restés actifs et imaginatifs… »

Réactifs, en réalité : fin 2010, lorsque les crues dans la vallée du Hain et de la Senne ont fait d’énormes dégâts dans plusieurs communes de l’Ouest du Brabant wallon, la Province et la Région ont affirmé la nécessité de créer, dans la partie amant des cours d’eau, des zones d’immersion temporaire (ZIT). Le duo Scourneau - Parvais (le président socialiste du CPAS est aussi président du Contrat de rivière Senne) est arrivé avec une solution clé sur porte : le plan d’eau est aussi une formidable ZIT !

En revoyant un peu les plans initiaux pour jouer sur les niveaux du lac de 5 hectares en cas de crues et placer des vannes communiquant avec le Hain, on peut retenir près de 100.000 mètres cubes au Paradis. Autant d’eau qui n’ira pas envahir les caves et les rez-de-chaussée des habitants de Wauthier-Braine, Braine-le-Château et Clabecq !

La commune attend toujours un engagement ferme de la Région mais la Province, elle, a embrayé : elle a octroyé le permis pour détourner le Hain et financé le chantier à hauteur de 600.000 euros. Depuis quelques jours, les engins de terrassement sont au travail. Les déplacements de terre sont déjà impressionnants, bien que les travaux soient prévus pour deux ans.

Mais il n’y a pas que la ZIT qui intéresse la Province. « Nous avons des domaines où les habitants peuvent venir se détendre à prix démocratique à Hélécine, dans l’Est, et à Ottignies, dans le centre, détaille Pierre Boucher, le président du collège provincial. Rien dans l’Ouest. On réfléchit à un partenariat avec la commune de Braine-l’Alleud – la plus peuplée du Brabant wallon – pour développer cette vaste zone de loisirs. Le prochain collège provincial décidera mais la réflexion est lancée, et tout le monde trouve cela bien… »