Le commerce courtise la périphérie
L’immobilier de commerce résiste globalement très bien à la crise. Et celui qui concerne les commerces actifs en périphérie encore davantage. Focus sur un secteur dont les origines remontent à l’après-guerre aux Etats-Unis.
Dans la grande famille de l’immobilier, celui destiné au commerce (retail) constitue une entité à part. Et à l’intérieur même de ce dernier, celui réservé au commerce de périphérie (retail warehousing) est encore un plus particulier.
Si nous avons décidé de nous y pencher cette semaine, c’est que ce secteur est l’un des seuls à avoir très bien résisté à la crise. Certes, celle-ci fait des ravages partout où elle passe et ces parcs commerciaux que l’on voir proliférer un peu partout en Belgique n’y échappent pas. Deux chiffres sont là pour le démontrer : en 2012, le take-up général (prise en occupation) a été arrêté à 201.374 m2 pour 204 transactions, alors qu’un an plus tôt 254 transactions avaient concerné 260.686 m2 de surfaces commerciales. Un quart en moins de surfaces louées, voilà qui ne laisse pas les courtiers indifférents !
Parmi eux, certains parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas, notamment, de Cushman&Wakefield, leader quasi sans concurrence en périphérie avec ses plus de 57.000 m2 de surfaces commerciales louées. Suivent Colliers International (22.000 m2) et CBRE (20.700 m2).
Avec Jean Baheux, le responsable des commerces de périphérie chez Cushman, nous avons tenté de retracer l’historique de ces « retail parks » en Belgique dont le concept a été importé des Etats-Unis. Car cela ne surprendra personne : c’est de l’autre côté de l’Atlantique, peu après la Seconde Guerre mondiale, que l’on a commencé à édifier les premiers parcs commerciaux régis par un mode de fonctionnement assez simple : créer des lieux où l’on peut à la fois remplir son frigo et son estomac, retaper et/ou décorer sa maison, s’habiller, remplacer une pièce de sa voiture et… faire bien d’autres choses encore.
Pour ce faire, nous sommes allés à Waterloo, en périphérie bruxelloise, le long de la chaussée de Bruxelles à l’endroit même où, dans les années 70, avait pris place un magasin Mondial Textiles, une enseigne que les plus jeunes ne peuvent avoir connu. Devenu un magasin de meubles, le lieu a évolué avec son temps mais aujourd’hui, son aspect extérieur est déjà dépassé par d’autres constructions plus récentes. Normal puisqu’aujourd’hui, les développeurs font appel à des architectes parfois brillants pour ériger les commerces de périphérie.
Dans ce numéro, l’occasion était également belle de tirer un coup de chapeau à RPIA, une société belge qui a réussi la gageure de devenir le premier acteur belge en matière de retail tout court (quelque 17.000 m2 de surfaces commercialisées en 2012). Dany Nejman, son patron, peut être fier. Et de fait, il l’est.



