La déchéance programmée des élites
Le climat en Occident est désormais poisseux ! L’annonce par des médias répartis à travers le monde, dont Le Soir, d’informations relatives à la fraude organisée avec le concours de « paradis fiscaux », donne la nausée.
Ce sentiment apparaît légitime. Depuis le début de la crise financière, les citoyens ont vu des hommes politiques de premier plan dégager en une nuit plusieurs milliards afin de sauver les banques d’un naufrage dont elles étaient pleinement responsables. Puis peiner à trouver ces mêmes sommes, au prix de coupes budgétaires, d’économie et d’efforts imposés à la population. Avec, en bout de course, ce sentiment diffus au sein de la population : clémence pour les apprentis-sorciers de la finance, sanctions pour les chômeurs exclus et les travailleurs licenciés au nom de la récession.
A l’heure où approchait la divulgation des informations sur le « offshoreleaks », on sentait poindre chez beaucoup une curiosité naturelle : « Y aura-t-il des noms ? », interrogeait-on avec une jubilation de sans-culotte. La comparaison n’a rien de fortuite. Lassées d’une austérité qui glace le pouvoir d’achat et couvre l’horizon, les populations manifestent désormais sans vergogne un rejet de toutes les élites. Les égoïstes fortunés fuyant l’impôt qui les avait pourtant nourri via le sein public. Et les hommes politiques qui n’ont pu ou voulu ériger une citadelle publique à la hauteur des défis de la mondialisation.
Car dans une économie planétaire où l’informatique défie le temps et l’espace, traquer la fraude fiscale, le blanchiment et l’ingéniérie qui les rendent possibles, ne peut plus se faire qu’à l’échelle de l’Europe. En partageant moyens et informations, en harmonisant fiscalités et législations. Les sommes en jeu suffisent à justifier l’effort.
Faute de quoi, lors des prochains scrutins, les élites risquent de vivre une déchéance électorale.
Vos réactions
Voir toutes les réactions mais c'est évident que ce déclin est programmé ! tous les politiques passent par les Bilderberg, Goldman Sachs, FMI, CFR, et toutes ces sociétés opaques de pervers manipulateurs.La finance aveugle commande depuis 40 ans, achètent ou influencent la presse (Fox, TF1,...), les émissions débiles se succèdent avec toujours plus de violence et d'humiliation publique, les politiques sont payés pour diviser les gens, en brossant dans le sens du poil et de la peur. Et dans le même temps, ceux qui dénoncent et proposent un autre monde sont raillé, traité de "complotistes" ou de doux rêveurs.Les journaux ne comprennent pas le hold up de Chypre, la Grèce, et se contentent de relayer un "il faut sauver le monde". On meurt de timidité, voilà, bravo
D'après Bourdieu, la différence entre la gauche et la droite est assez simple à faire. La gauche est insatisfaite par le système et tente de le changer, c'est le parti révolutionnaire. La droite est satisfaite par le système et tente de le protéger tel quel, c'est le parti conservateur. Si vous appliquez cette classification, vous saurez qui est de gauche et qui est de droite, au-delà des appellations trompeuses des partis. Bien entendu, il faut regarder les tendances de long terme car même Franco, lorsqu'il créait l'un ou l'autre hopital, aurait pu passer au cours d'une seconde assez rapide pour un gauchiste. Mais sa gouvernance au total fut bien à droite de la droite.
Gauche ou droite allez savoir. Un autocrate prussien (Prince Bismarck) a inventé la sécurité sociale au 19é siècle. De Gaulle a donné le vote aux femmes françaises en 1945 qui avait été refusé par le front populaire en 1936. Les républicains américains étaient contre l esclavage, les démocrates pour. Allez comprendre.
@Mencken, jipi et autres : Vous avez une vision aussi partielle que partiale de notre histoire. Si les partis socialistes ont "cartonné" dans toutes les régions ouvrières au XXème siècle, c'est pour une simple raison : ce sont ces partis qui se sont battus pour et ont obtenu le suffrage universel, la sécurité sociale, les congés payés, la semaine de 38/40h, la liberté syndicale, l'accès aux soins de santé,... bref pour l'amélioration des conditions de vie de la majorité de la population. Et cela n'est pas "regrettable". Quant à la corruption, elle a existé de tous temps, partout et dans tous les partis. Du travail reste à faire. Faisons le plutôt que de nous morfondre par rapport à un passé prétendument glorieux qui ne l'a jamais été.









Cette décheance des politiques est inevitable car in fine l'écart entre la majorité de la population et une très courte minorité de super riches se sera tellement aggrandi que les prmiers n'auront plus rien à perdre et la ils vont prendre les armes comme en 1792 en France. La noblesse d'alors devenu les financiers (au sens large) d'aujourd'hui. Probablement que la guillotine ne prendra plus du service mais d'autres manières toutes aussi radicales sont possibles. Pour l'instant une partie de l'Europe arrive encore à joinder les deux bouts mais le deraillage ne saurait tarder. De plus les affaires comme les offshore leaks qui montre à souhait l'hypocrisie de la droite ou de la gauche caviar des parvenus ne fera qu'agraver l'écart entre le monde politique et leurs élécteurs.