Le soleil de Don Camillo à Villers

Xavier Attout
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Théâtre. L'abbaye de Villers-la-Ville accueille cet été une comédie de haut vol. Les rivalités entre Don Camillo et Peppone égayeront les soirées du 10 juillet au 11 août. Pascal Racan donne le change à Armand Delcampe.

  • <p>L’adaptation théâtrale de Don Camilo dans les ruines de Villers-la-Ville est une première mondiale, s’enthousiasme le grand chef d’orchestre des soirées d’été villersoises, qui a confié la mise en scène à Jean-Claude Idée.</p>

    L’adaptation théâtrale de Don Camilo dans les ruines de Villers-la-Ville est une première mondiale, s’enthousiasme le grand chef d’orchestre des soirées d’été villersoises, qui a confié la mise en scène à Jean-Claude Idée.

C’est bon Jean-Claude, tout semble aller comme sur des roulettes pour moi. Tu peux régler les derniers détails avec Jésus. » Au milieu des ruines qu’il connaît comme sa poche, Pascal Racan est presque comme chez lui. Le grand habitué des spectacles d’été de Villers-la-Ville réglait ce samedi les derniers détails de Don Camillo, le truculent rôle qu’il endosse à partir de ce mardi.

La bonne humeur est de sortie. L’ambiance est paisible et bon enfant. Il n’y a pas grand monde dans les ruines de l’église abbatiale, lieu central de la nouvelle grosse production de théâtre en plein air de l’été. La raison : ils ne sont que trois à monter sur les planches pour jouer cette comédie qui verra, du 10 juillet au 11 août, un curé de campagne croiser le fer avec Peppone, le maire communiste du village.

Une pièce rendue célèbre par Fernandel mais qui n’a jamais été adaptée au théâtre en langue française. C’est l’opiniâtreté du producteur Patrick de Longrée qui a finalement fait fléchir les ayants droit de l’œuvre de l’écrivain Giovanni Guareschi, imaginée en 1948.

« C’est une première mondiale, s’enthousiasme le grand chef d’orchestre des soirées d’été villersoises, qui a confié la mise en scène à Jean-Claude Idée. Il s’agit d’un virage à 180 % par rapport au succès du Nom de la rose l’an dernier. C’était nécessaire. »

Les rivalités entre Don Camillo et Peppone, arbitrées par le Christ de la croix, résonneront donc dans les ruines de l’église abbatiale. Ce n’est que la seconde fois, en vingt-cinq ans, que les spectateurs s’assiéront dans la nef face au chœur. La raison ? L’étroitesse des lieux rend l’opération délicate. Cela a d’ailleurs entraîné la diminution du nombre de places de 900 à 650 sièges. De quoi plonger les spectateurs au plus près de l’action. Notamment pour découvrir le maître-autel baroque défraîchi qui fait office de principal décor. Le cadre est en tout cas magnifique.

Déjà 14.000 places vendues

Pour donner le change à Pascal Racan, c’est un autre grand nom du théâtre qui a été choisi pour endosser le rôle de Peppone : Armand Delcampe. Le directeur du Jean Vilar jouera pour la première fois à Villers-la-Ville, même s’il a déjà mis en scène Don Juan de Molière en 1999. « J’adore le théâtre en plein air, explique-t-il. C’est festif. Les spectateurs sont plus détendus et plus ouverts. Don Camillo est une pièce que j’apprécie. De plus, j’ai vécu d’assez près le catho-communisme puisque je viens d’une région de mineur. C’est une pièce qui me parle. »

Pour le reste, 14.000 des 20.000 places mises en vente ont trouvé preneurs. Des dates supplémentaires devraient être annoncées dans les prochains jours. Quant aux prévisions météos, elles ne sont pas optimales, mais le producteur ne désespère pas encore. « En moyenne, nous avons trois soirs de pluie, explique Patrick de Longrée. Mais l’an dernier, nous avons eu neuf soirées annulées ! J’ai appris à rester calme avec la météo. Le soleil de l’Italie et de Don Camillo devrait nous sourire ! »

Infos : 070-224.304 ou www.doncamillo2012.be.  Entrée : 35 euros.