La commune, ce marchepied pour la gloire

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Trois, deux, un… Partez ! Ce samedi 14 juillet marque officiellement le début de la campagne électorale dans les 589 communes du pays. Pas de panique, ami électeur : en ce samedi de Fête nationale française, les affiches ne vont pas subitement se multiplier sur les murs de nos villes et de nos villages ; les candidats ne vont pas débouler par grappes entières sur les marchés pour convaincre le chaland de leurs incomparables mérites. Pas plus que d’habitude en tout cas…

Cette campagne débute en plein milieu des grandes vacances. Les électeurs ont la tête à mille lieues des bureaux de vote et il faudrait être politiquement suicidaire pour s’imposer à l’heure de l’apéro en terrasse ou de la promenade en famille pour parler de la politique des déchets ou de l’aide sociale – quoique, méfiance, on a déjà tout vu dans nos campagnes…

Mais nous voilà donc en période électorale. Et tous ces élus, du haut au bas de l’échelle, tous ces candidats nouveaux ou confits dans leurs habitudes, n’ont plus aucune raison de se retrancher derrière de mauvaises excuses pour prétendre qu’avant l’heure, c’est pas l’heure, qu’ils sont tout entiers concentrés sur leurs occupations et que l’élection à venir est décidément le cadet de leurs soucis.

On songe particulièrement ici à ces excellences gouvernementales, à ces présidents de ceci et présidents de cela, qui répètent depuis des mois que l’heure n’est pas venue alors que, soyez-en certains, ils ne pensent en réalité qu’à « ça ».

« Ça », quoi ?

On veut évidemment parler de ce mandat de proximité qui est à la fois la racine d’un engagement et l’éternel bain de jouvence politique pour ceux qui ont gagné les sommets de l’Etat. Elio, Rudy, Charles, Benoît et tous les autres : ce mandat local, ils en rêvent, ils en bavent, ils s’y accrochent parce que la popularité dans son jardin est un marchepied pour gagner la gloire sous d’autres cieux.

Alors, filez en page quatre : à l’une ou l’autre exception près, ils seront tous candidats aux communales du 14 octobre. Dans un concours d’hypocrisie qui frise le scandale. Soit pour « pousser la liste » – comprenez : je n’ai pas vraiment envie, mais il faut soutenir les copains. Soit en tête de liste – comprenez alors : je ne siégerai évidemment pas si je suis élu bourgmestre, mais j’aime tant ma ville.

C’est nul. Et l’on voudrait dire ici que les élections communales méritent mieux que des candidats obligés ou de simple circonstance et qui finiront « empêchés ». Elu et empêché : triste démocratie.

Eric Deffet

Osez la rencontre !