Drame social discret dans les communes
Après ArcelorMittal, Duferco ou Caterpillar, un autre tsunami social, plus pernicieux parce que plus diffus, se prépare-t-il derrière les façades des hôtels de ville ou à l’ombre des beffrois ? L’addition sociale de ce début d’année 2013 ne peut en tout cas pas faire l’économie des plans de licenciements décidés par quelques-unes des 589 communes du pays. Tout bien compté, la barre des 200 emplois perdus est atteinte, en quelques semaines.
Le phénomène a pris naissance en Flandre, mais commence à se répandre en Wallonie. A Ath, la grève du personnel communal a marqué les esprits. Les organisations syndicales sont très inquiètes : si une ou deux communes réussissent à sabrer dans l’emploi sans provoquer plus de scandale, la formule va donner des idées à d’autres majorités communales qui cherchent, elles aussi, à réaliser des économies.
Mais ce combat-là n’est pas simple à mener : un licenciement collectif à l’échelle d’une administration locale fera les gros titres de la presse… locale, et puis c’est tout.
Pourtant, quand on sait les difficultés rencontrées par les communes pour équilibrer leurs comptes, il faut craindre que les « petits » plans se multiplient sur la carte de la Belgique. De ceux qui font les grands drames sociaux, sans avoir l’air d’y toucher.
Au bout du compte, combien d’emplois perdus ? Des milliers sans doute, surtout si l’on tient compte aussi des départs naturels non remplacés ou des années « zéro embauche » qui sont l’antichambre angoissante de la guillotine sociale. Derrière Malines ou Ath, toutes les communes du pays sont potentiellement concernées. Et derrière elles, tous les citoyens et toutes les entreprises qui bénéficient en première ligne de services publics de proximité et de l’impressionnante capacité d’investissement des conseils communaux, de leurs CPAS ou de leurs polices.
Avec la diversification des métiers (agents de quartier, services de prévention ou gestionnaires de centre-ville, au hasard) et des dispositifs d’aide à l’embauche plutôt généreux, on peut considérer que l’emploi offert par les pouvoirs locaux est pléthorique et qu’une cure d’amaigrissement est utile.
Gare toutefois à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! Des communes efficaces et créatives sont indispensables à l’équilibre politique général du pays. L’Etat fédéral, souvent montré du doigt, aurait tort de se défausser sur le dos des pouvoirs locaux. Il finira par payer l’addition.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Ne faudrait il pas instituer le droit au cocon minimal pour toute personne ayant la résidence légale dans l'UE, donc la Belgique? Cela permettra de rendre disponible ceux qui sont surnuméraire et peut-être créer de l'improbable si possible en diapason de l'âme du pays.
Les communes vont devoir être gérées comme des entreprises commerciales, améliorer les procédures parfois fastidieuses et faire preuve d'un minimum de rentabilité; terminer les triples emplois!
Pour le reste, l'article de M. Deffet décrit assez bien, à mon sens, le drame que vivent de plus en plus de communes. Moins d'argent avec plus de compétences des pouvoirs subsidiants. Matières en pleine complexification: recrutements d'agents spécialisés en hausse... Coûts salariaux en hausse. Et ce sont les communes qui trinquent avec la réforme de la subsidiation des pensions, le scandale de Dexia, l'augmentation des aides sociales via le CPAS (politique de réduction des allocations de chômage), j'en passe et des meilleures. Le jour où les communes seront exsangues, on rira moins. La démocratie s'y exerce pourtant au premier rang... Et s'il y a un leiu où on peut encore rêver de combattre les extrêmismes, c'est pourtant là...
@Lidju: il faut revoir votre définition de l'emploi dans les communes - cette vision remonte à l'époque où on engageait surtout des gens de bonne volonté qui en voulaient sans devoir engager des spécialistes... @Bugdani: les Titres-services devraient être interdits s'ils sont gérés par des sociétés privées (l'emploi mis en oeuvre est éphémère, dès que l'agent ne rapporte plus via ses aides à l'emploi, on le licencie), par contre il ne coûte pas vraiment quand il est le fait d'organismes publics ou para-publics (Agences locales pour l'emploi) car dans ce cas, l'emploi y est stable et c'est du travail au noir évité. Madame Milquet qui a géré le secteur a pourtant procédé à l'inverse: elle a récupéré les bénéfices des seules entreprises publiques nécessaire à leur survie et a fichu une paix royale aux privés...








Lentement, mais inexorablement, la Belgique va vers l'emploi zero. Ce sera peu apres que les derniers citoyens encore au travail auront eu a faire face a un taux d'imposition de 100%. Ceci n'est pas une blague.