Tous volontaires pour éradiquer la balsamine

Vincent Fifi
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Trois semaines de travail acharné le long de la Thines à Nivelles. Objectif éradiquer les plantes invasives, dont la balsamine de l'Himalaya, qui étouffent les plantes indgènes.

  • Les bénévoles du plan communal de développement de la nature de Nivelles ont consacré les trois semaines qui viennent de s’écouler à l’élimination de la balsamine de l’Himalaya le long de la Thines. ©
    Les bénévoles du plan communal de développement de la nature de Nivelles ont consacré les trois semaines qui viennent de s’écouler à l’élimination de la balsamine de l’Himalaya le long de la Thines. ©

Après trois semaines à arracher les plants un par un à la main, à jouer les cabris le long des berges en pente et les équilibristes dans la rivière avec de l’eau à ras des waders, les bénévoles du plan communal de développement de la nature (PCDN) de Nivelles gardent leur enthousiasme. Il est vrai que ce qu’ils ont fait le long de la Thines se voit : sur des centaines de mètres carrés de berge, ils ont traqué la berce du Caucase et surtout la balsamine de l’Himalaya.

Avec les conseils des spécialistes du Contrat de rivière Senne, des milliers de plants ont été déracinés soigneusement et dans les zones où la tâche était trop vaste, ils ont été fauchés à ras de terre. C’est que ces plantes invasives qui colonisent les bords des cours d’eau prennent la place des espèces indigènes, qu’elles étouffent, sans apporter d’avantages particuliers au milieu.

Les balsamines abritent peu d’insectes, détournent les abeilles des autres plantes en période de floraison, et laissent les berges nues durant l’hiver.

« Un plant de balsamine, ce sont 800 graines viables qui sont projetées à trois ou quatre mètres tout autour ou qui tombent dans la rivière et vont pousser ailleurs, explique Dominique Baeyens, du Contrat de rivière. En les arrachant, on a aussi découvert les stratégies qu’elles mettent en œuvre pour survivre lorsque les crues les couchent : les tiges en contact avec le sol produisent des racines adventives, et elles repartent ! »

Par contre, fauchée bas, les tiges creuses que la pluie de ce début juillet pluvieux ont remplies semblent pourrir. En tout cas, pour la plupart. Mais d’autres plants coupés il y a quelques jours commencent à produire de nouvelles feuilles… Il y a aussi les graines qui sont encore dans le sol et qui pousseront la saison prochaine, ou dans deux ans…

En réalité, les bénévoles du PCDN nivellois, comme les jeunes qui ont participé l’an dernier sous la supervision du contrat de rivière à l’éradication de la balsamine de l’Himalaya le long du Ri Ternel à Ittre, participent à une expérience pilote. Il s’agit d’engranger de l’expérience dans le combat contre ces plantes invasives et de déterminer le(s) meilleur(s) moyen(s) d’en venir à bout. Tout en sachant qu’il faut traiter les mêmes zones deux, voire trois ans de suite pour obtenir un résultat probant.

Le contrat de rivière Senne a bénéficié d’une subvention provinciale de 20.000 euros cette année pour mener ce type d’expérience. Le savoir-faire accumulé de l’ASBL fait que le service public de Wallonie (SPW) envoie aussi ses agents au Contrat de rivière, pour les former. Mais la lutte contre les plantes invasives n’est pas qu’une histoire de spécialistes. Si elle ne devient pas l’affaire de tous, la cause risque d’ailleurs d’être perdue.

« Nous avons travaillé jusqu’en crête de berge mais nous avons aussi aperçu de grosses stations de balsamines de l’Himalaya chez les particuliers, confirme Olivier Parvais, le président du Contrat de rivière Senne. Il est évident que notre travail n’a de sens que si les propriétaires agissent aussi. »