Une collection d’éditeur

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Artcurial dispersait le 26 mars dernier un ensemble d’oeuvres rassemblées par Pierre et Franca Belfond.

En février 2012, Artcurial avait déjà vendu la collection de dessins d’écrivains appartenant au célèbre éditeur et à son épouse. Constitué autour des Cahiers du Regard cette fois, soit une douzaine d’albums publiés aux Editions Belfond à partir de 1965, cet ensemble recelait des œuvres d’artistes qui y avaient apporté leur contribution ou qui avaient été pressentis pour le faire, à l’exception toutefois de Picabia, décédé bien avant que le projet ne voie le jour.

La collection, quatre-vingt-deux lots au total, est centrée autour du surréalisme. Mis en relation avec Max Ernst et Hans Bellmer, le couple s’intéressa d’abord à ce courant né à l’aube de la deuxième décennie du siècle passé. Hormis un dessin du second, par ailleurs invendu sur la base d’une estimation de 12.000 à 15.000 euros, les œuvres proposées étaient tardives. Tout comme l’étaient les lots liés à Salvator Dali, dont une photo-collage de 1972 s’envola à plus de 13.500 euros, sur la base d’une estimation de 1.500 à 2.000 euros. Les contrats d’édition et assimilés entre le maître et Pierre Belfond firent également des étincelles. L’on paya ainsi un peu moins de 5.800 euros pour deux lettres de l’artiste adressées à son éditeur.

Un peu plus intéressant, dix aphorismes de Picabia consignés sur les deux côtés d’un carton réalisèrent 8.366 euros exactement. Espérons que l’acquéreur n’applique pas la sixième sentence : « payer ses dettes est une faiblesse »… Quant à un tableau de jeunesse de l’artiste, Effet de neige à Moret, une toile dans la veine impressionniste, il fut payé un peu moins de 56.000 euros. Pour environ 7.500 euros de plus, un collectionneur mieux inspiré acquit une œuvre de la grande époque du mouvement « Dada », dont Picabia fut l’un des animateurs les plus représentatifs. Cette illustration d’une machine retravaillée à l’encre par l’artiste était de petites dimensions (environ 11 par 10 centimètres), mais avait été abondamment exposée, notamment lors de l’importante exposition consacrée à « Dada » par le Centre Pompidou il y a quelques années. Le meilleur prix de la vente va d’ailleurs à l’artiste pour une huile sur panneau réalisée en 1948, vendue un peu plus de 274.000 euros, conformément à son estimation basse. Elle rejoint un pays du Golfe…

Photographies et abstraction

Un autoportrait de Man Ray, un tirage argentique d’époque (1930), fut vendu un peu plus de 36.000 euros, tandis qu’un exemplaire de son célèbre cliché La prière, réalisé au même moment, mais tiré vers 1970, s’échangeait contre un peu plus de 57.000 euros. Un très beau résultat pour ce grand classique de la photographie surréaliste, acquis par un New-Yorkais. Parmi les bons résultats, citons également cette œuvre à deux mains, en l’occurrence celles de Victor Brauner et René Char. Cette aquarelle et encre sur parchemin exécutée en 1950 consiste en un poème manuscrit du second enluminé par le premier. Le résultat, 78.266 euros, est à la hauteur de la rareté de la pièce. Une gouache exécutée en 1937 par Kandinsky changea de main à près de 113.000 euros, soit le deuxième meilleur résultat de la vente, et fut préemptée par le Centre Pompidou. Enfin une belle toile de Vasarely peinte en 1957 et reprise en 1984 se vendit un peu moins de 76.000 euros, tandis qu’une autre œuvre abstraite exécutée en 1963 par Max Bill réalisait 51.000 euros, bien au-delà de sa fourchette d’estimation. Pour conclure, mentionnons que le produit total de la vente s’élève à près de 1,3 million d’euros.

Osez la rencontre !