Le bulletin biaisé de la Commission

Dirk Vanoverbeke
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Olli Rehn, commissaire européen aux Finances.
    Olli Rehn, commissaire européen aux Finances.

Le rapport de la Commission européenne sur nos déséquilibres macroéconomiques est cousu de fil blanc. Olli Rehn, le commissaire chargé des questions économiques et monétaires, entonne la même antienne et ressert les mêmes recettes prévisibles pour restaurer la croissance et créer de l’emploi : booster nos exportations, alléger le poids de notre coût du travail et diminuer notre dette publique. Voilà plus d’un quart de siècle que les instances européennes mettent le doigt sur nos faiblesses : pertes de compétitivité, parts de marché qui se rétrécissent plus vite que chez nos voisins, coûts salariaux trop élevés par rapport à nos concurrents, dette publique qui, après avoir fondu de 137 à 80 % du produit intérieur brut entre 1993 et 2007, repasse la barre des 100 %. Des évidences.

Ce qui, en revanche, surprend, dans ces rapports soumis à 13 Etats européens, c’est que l’Allemagne ne figure pas dans la liste des pays en proie à des déséquilibres macroéconomiques. Pourtant, l’Allemagne a obtenu de l’Europe de présenter un excédent de 6 % – alors que la fourchette ne pouvait dépasser les 4 %, en excédent ou en déficit – de sa balance courante, soit la différence entre ce que le pays produit et ce que ses résidents dépensent. Et l’Allemagne continue de comprimer ses dépenses publiques, en dépit de l’excédent de sa balance courante, contraignant les autres Etats à serrer un peu plus la ceinture budgétaire. Et à déséquilibrer leurs économies. A l’intérieur de ses frontières, l’Europe compte avec l’Allemagne un Etat membre majeur qui, dans son obsession de la diminution du coût du travail, précarise ses salariés en refusant l’établissement d’un salaire minimum. Et, dans la foulée, exerce un véritable dumping social à l’intérieur même des frontières européennes.

Mais de ces constats, la Commission ne souffle mot.

L’économiste Paul De Grauwe n’hésite pas à qualifier ces rapports de la Commission de « biaisés ». En nous confiant qu’il faudrait peut-être que l’on s’attache un jour à établir un bulletin de la Commission européenne elle-même.

Une réflexion qui ajoutera de l’eau au moulin de ceux qui, le 29 mai, recevront cette fois les « recommandations » de la Commission. Au sein du gouvernement, le PS avait exhorté de tenir tête à la Commission pour ne pas glisser vers une Europe ultralibérale.

La guerre idéologique risque à nouveau de diviser le gouvernement dans les prochaines semaines.

Vos réactions

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15. Fafnir dit le 11/04/2013, 21:06

Puisque la Commission se contente d'enfoncer des portes ouvertes ne faudrait il pas confier ce bilan à chacun des pays ayant la présidence tournante?

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14. Labrador dit le 11/04/2013, 15:44

Il ne faut pas être un grand stratège financier ou commercial pour s'apercevoir que les conditions actuelles ont entraîné une lutte fratricide entre européens, en plus d'offrir en pâture les PME des pays plus faibles à des géants de taille mondiale.

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13. Labrador dit le 11/04/2013, 15:15

En plus de notre industrie, la Commission offre aussi nos services publics aux financiers des pays tiers pour y reconvertir leurs actifs financiers toxiques. La Commission ne nous a pas défendu contre les différentes formes de dumping : commercial, financier et monétaire.

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12. Labrador dit le 11/04/2013, 14:59

La Commission a commis des erreurs stratégiques graves en favorisant les financiers des pays tiers au détriment de l'industrie et de l'économie des pays membres. Elle a laissé ces financiers créer de la divergence pour spéculer entre le nord et le sud, sur l'industrie, l'immobilier, le travail, la dette publique, le secteur bancaire, etc. Les liens industriels intra-européens ont été rompus, la revente par appartements de notre industrie n'en finit pas. L'Europe est divisée, morcelée. Vingt ans d'efforts de convergence ont été ruinés depuis la vague de fusions-acquisitions de 2005. La modification de notre législation à notre détriment nous a été imposée de l'extérieur. La relation de cause à effet est démontrable aux points de vue financier et économique. L'Europe n'a pas d'autorité en matière réglementaire, financière, informative et militaire. L'Europe n'est pas libre.

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11. BruxellesdanslaRue dit le 11/04/2013, 13:28

@ iago -- ... mais le premier mot "incompétent" est vite remplacé par le deuxième mot qui vient à l'esprit: "organisme-non-élu-totalitaire-et-banquier-qui-fait-ses-magouilles-cyniques-pour-ramener-les-peuples-civilisés-d'Europe-dans-la-barbarie-du-XIXème-afin-de-retrouver-les-conditions-d'exploitation-idéales-pour-la-classe-des-riches-et-d'ainsi-pouvoir-enfin-se-repayer-avec-du-patrimoine-indu-les-merveilles-humaines-qui-naissent-parmi-le-peuple-et-qui-pour-l'instant-ne-s'achètent-plus-en-raison-de-l'émancipation-économique-sociale-et-culturelle-qui-accompagnèrent-forcément-la-baisse-des-inégalités-imposée-dans-l'après-guerre-par-les-communistes-résistants-au-patronat-collaborationniste".

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