Nouvelle aile mais… inquiétudes
L’hôpital de Libramont a inauguré sa nouvelle aile de 120 lits. Elle est attendue, mais dans un climat paradoxal où certains remettent en cause l’avenir du CHA.
On ne la voit pas en passant devant l’hôpital libramontois, et pourtant elle est bien là, majestueuse, à l’arrière. La nouvelle aile qui permettra de rapatrier les services encore présents à Ste-Ode a été inaugurée ce mercredi. Il y a là 7.700 m2 de locaux, construits en 18 mois. Du pimpant neuf pour des services de kiné-revalidation, hydrothérapie, hôpital de jour chirurgical et oncologique, soins palliatifs, clinique de la douleur, du poids et de la mémoire, notamment.
Tout baigne donc, apparemment, pour ce rapatriement décidé en 2005, mais l’ambiance reste morose, voire inquiète. Jacques Caprasse, vice-président du conseil médical du CHA, refroidira l’ambiance en attirant l’attention sur « les enjeux capitaux qui se profilent quant à l’existence même de notre hôpital. Des décisions majeures seront prises dans les prochaines semaines. Les informations que nous avons pu recueillir nous font craindre que la joie de ce jour soit éphémère et que la fermeture du CHA soit bel et bien programmée en haut lieu pour des raisons politiques et de sphères d’influence. Or, un autre plan parfaitement réalisable existe. , prévoyant le maintien de l’hôpital, son développement, sa modernisation. »
C’est que d’ici l’été, le projet Vivalia tant attendu devrait être déposé devant le conseil d’administration. Et des décisions devraient tomber, sauf si on décide de tourner en rond, encore. Ce qui serait grave pour l’avenir de Vivalia. En attendant, la tension monte au sein de l’institution où tout est un peu figé, dans l’attente « du » projet. Le président Jean-Marie Carrier ne cache pas que « les économies budgétaires récemment annoncées en matière de santé démontrent qu’il faut une volonté à toute épreuve, des objectifs bien définis, rationnels et réalistes. » Il se réjouit néanmoins de cette structure utile pour le bien-être des patients, du personnel et des médecins, qui permettra aussi d’engendrer des économies d’échelle.
Cette aile coûtera 19,5 millions d’euros, dont 6 sur fonds propres. Soit le montant espéré des économies, sur dix ans. Mais le chantier n’est pas fini : il faut encore créer une passerelle entre la nouvelle aile et le reste, rénover un bâtiment.
JEAN-LUC BODEUX



