La côte française deviendra bientôt la mer du Nord des Belges…
Alain Requier parle avec une pointe d’accent français, mais c’est en bon Belge (et fier de l’être) qu’il dirige les ventes pour le nord de la France au sein de Twin Properties, un promoteur très en vue qui a fait des deux côtes (belge et française) son terrain de chasse exclusif depuis des années.
Cet homme qui a plongé dans l’immobilier il y a plus de vingt ans connaît parfaitement le sens du vent. Son analyse de l’éventuel transfert des propriétaires belges vers la France est intéressante à plus d’un titre. « Pour vous donner une idée de l’importance de ce phénomène qui n’est pas neuf, je vous donnerai deux chiffres, commence-t-il par dire. Depuis le premier janvier, et jusqu’au 31 mars, j’ai reçu 290 demandes de rendez-vous de la part de clients intéressés, ce qui représente une hausse de 30 %. Deuxièmement, Twin Properties possède actuellement dans ses cartons 2.000 appartements en demande de permis de bâtir. Jamais, la société n’en a possédé autant ! »
La demande est telle qu’Alain Requier recherche aujourd’hui activement des conseillers en vente, et notamment des… Wallons, histoire de mieux répondre à une demande qui s’intensifie. « A Bray-Dunes, la station la plus recherchée par les Belges, nous proposons 200 appartements, poursuit-il. C’est par ailleurs un endroit où nous allons construire une résidence de 29 appartements et où 18 ont déjà été vendus alors que le premier coup de pioche n’a pas encore été donné. A Hardelot, nous avons des villas de vacances et à Sainte-Cécile, une station balnéaire qui se situe juste avant Le Touquet, nous construisons en première phase 600 appartements sur un terrain de 10 hectares. La demande est non seulement réelle mais elle explose ! Et le même phénomène s’observe également pour les locations. »
Le directeur énumère alors les différents avantages que le quidam du plat pays trouvera à investir dans une seconde résidence en France. « La taxe foncière (NDLR : le précompte immobilier belge…) est de 30 à 50 % moins chère en France, un pays où la taxe sur la seconde résidence n’existe pas. S’il achète un bien et qu’il le place en gestion locative, le Belge récupérera la TVA dans les trois mois suivant l’acquisition. Depuis dix ans, les biens dans les stations françaises offrent une plus-value de 4 à 7 % par an. Enfin, l’électricité coûte 30 % moins cher dans l’Hexagone, quant aux restaurants et autres supermarchés, la baisse est estimée à 20 %. Savez-vous qu’un moule-frites coûte 21 euros à Coxyde mais seulement 12 euros dans les stations françaises ? Et je parle ici des moules de Bouchot, qui sont excellentes ! »
Un achat dans le nord de la France procure donc beaucoup d’avantages, parmi lesquels on peut ajouter un dépaysement plus important et l’absence de béton sur la digue.
L’augmentation de la taxe sur les secondes résidences qui vient d’être décidée par Ostende, Coxyde, Blankenberge et Knokke ? L’agent estime qu’elle agira comme une goutte, une de plus, qui fera déborder le vase un jour. « Elle incitera certainement les gens à réfléchir à deux reprises avant d’acheter, estime-t-il ainsi. En Belgique, le prix des biens neufs a doublé en quinze ans, ce qui pousse les gens à prendre, bien plus qu’avant, les charges en considération. On va faire de la mer du Nord un ghetto pour les plus nantis mais que vont faire les acheteurs plus modestes qui ont un budget de maximum 200.000 euros ? »
Un dernier facteur inquiète également Alain Requier : la flamandisation de plus en plus prononcée de la côte belge. « Beaucoup de nos clients ont profité de la plus-value en Belgique pour se racheter deux biens en France mais les déclarations de Geert Bourgeois sur la «Vlaamse Kust» ont eu un effet catastrophique. » A méditer…








