Bienvenue au paradis

Pierre-Henri Thomas
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Ce que l’OffshoreLeaks révèle, ce sont moins des noms que l’ampleur d’un système. Ces 2,5 millions de dossiers tombés dans les mains de quelques journalistes permettent de pointer du doigt ce que l’on a souvent voulu occulter : c’est-à-dire l’importance de ces structures opaques qui financent une très grande part de l’économie mondiale. Une source qui opérait ces dernières années dans la finance nous disait: «Mais nous n’avions pas le choix: les contrats qui stipulaient le montant des commissions mentionnaient aussi le nom des sociétés dans lesquelles nous allions les toucher.»

Les paradis fiscaux sont au cœur du système, en effet. Ils assurent la profitabilité des grandes entreprises internationales, financières ou non.

Oui, ils servent aux multinationales à détaxer leurs profits en jouant sur les prix de transferts au sein d’un même groupe. Une filiale achète trop cher. Une autre vend trop bon marché. Et les profits se trouvent finalement localisés dans des paradis où ils ne sont pas ponctionnés. Tout récemment, les révélations sur l’ampleur des bénéfices non taxés de Google, Starbucks Coffee ou Amazon montrent à quel point ces paradis sont bien fréquentés. Mais ils servent aussi à cacher les pertes. Les grands scandales comptables, comme celui de la faillite du géant de l’énergie Enron, en 2003, ont mis au jour des centaines de structures endettées qui n’apparaissaient pas dans les bilans.

Nos révélations sur ING montrent aussi l’importance de ces places opaques dans les flux financiers internationaux. Moyennant de juteuses commissions, les banques logent leurs grands clients dans ces paradis qui, selon des statistiques de la Banque des règlements internationaux, recevaient avant la crise la moitié des prêts et des dépôts internationaux.

Et l’on peut supposer que la proportion n’a pas baissé depuis. Alors, tout serait-il pourri au royaume de l’offshore? On est enclin à penser prudemment que non. Les attentats du 11 Septembre ont accéléré la lutte contre le blanchiment. La crise a renforcé la nécessité pour les Etats de lutter contre l’évasion fiscale. Après la Suisse, le Luxembourg vient d’assouplir son secret bancaire. Une directive européenne obligera les banques de l’UE à dévoiler à partir de 2015 le détail de leurs activités dans TOUS les pays dans lesquels elles sont présentes. Il y a bel et bien un étau qui se resserre. Et l’OffshoreLeaks contribue à donner un tour de vis de plus.

Vos réactions

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6. Fafnir dit le 12/04/2013, 18:55

Pourquoi la Suisse, qui par bien des aspects est un modèle, cherche à obtenir les accords fiscaux Rubik qui est une sorte de voile semi-transparent? En dehors des dispositions transitoires d'adaptation, pourquoi l'UE n'impose pas que le même régime fiscal soit appliqué à ses membres?

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5. jiipi dit le 12/04/2013, 16:24

BEN VOYONS (suite et pas fin) du nouveau monde . Ces conquistadors,d'un nouveau type ont transformé des ilots inconnus en comptoirs de la finance cosmopolite ou les valises transitent virtuellement Ben voyons ...., nous allons leur demander ,si la terre n'est pas redevenue plate , s'ils sont capables de faire mieux que Jules Verne . Ben voyons tout n'est pas pourri , mais tous sont pourris ...

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4. jiipi dit le 12/04/2013, 16:17

BEN VOYONS ... Tout n'est pas pourri , , mais tous sont pourris:les "offoschorristes" , constitués en majorité des descendants de Calvin depuis 1934, des sujets du Grand Duc , des protestants et des lecteurs du talmud , nous font croire que les caymans ilot de quelques dizaines de Km 2,quelques rochers des caraibes , chypre l'ile aux chèvres , bref , quelques états croupions sont devenus des places financières de haut vol. Les anglo-saxons libéraux nous expliquent une variante de la "nouvelle géographie":la mondialisation a transformé des ilots inconnus sur les cartes marines , en paradis fiscaux , des iles inhabitées , inconnues ,ont été découvertes , par les nouveaux conquistadors de la mondialisation . Ben voyons ,Les Etats multi séculaires , seraient devenus incaqpables de gérer leurs sociétés , leurs finances , leurs fonds . Ils devraient ètre mis sous tutelle du FMi, de Wall-Street , de la city , des promeneurs des bords du lac léman, et managers par les conquistadors du no[...]

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3. PhilLu58 dit le 12/04/2013, 15:19

Y aura-t-il une trace de l'historique des transactions précédant le 1er janvier 2005 dans ce détail d'activités? Qui aura le droit de vérifier l'exactitude de ces données? Personnellement, je n'y crois pas trop! L'argent permet tout, et surtout d'acheter le silence!!!

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2. zebrafond dit le 12/04/2013, 12:51

sus à l'indexation des salaires qu'ils disaient

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