Il faudra parler du salaire des profs, un jour
Certains en doutent. Mais enseigner est un vrai métier. C’est une profession qui réclame une formation, au même titre que l’ingénieur ou le soudeur. Enseigner suppose la maîtrise des matières, l’art de les enseigner et l’art de les enseigner dans de bonnes conditions. Cela ne s’improvise pas. Cela s’apprend. Cela suppose la maîtrise de techniques complexes. Enseigner n’est pas une affaire de don
– en tout cas, pas seulement. Un enseignant est un professionnel. Il ne lui existe aucun substitut réellement recevable. C’est vrai du supérieur à la maternelle – où, que ce soit dit, œuvrent des enseignantes qui sont des pédagogues, pas des animatrices pour moments creux.
Ces évidences, les écoles ne peuvent plus les entendre. L’enseignant se raréfie. De plus en plus, les directions doivent faire appel à des substituts. Dans le meilleur des cas, le cours de maths est donné par un prof de physique (les disciplines sont parentes). Dans le moins bon, le néerlandais est enseigné par un papa sans emploi et sans qualifications, engagé par l’école parce qu’elle n’a trouvé personne d’autre. C’est légal. Si aucun (vrai) enseignant ne répond à une offre d’emploi, le directeur peut recruter « n’importe qui ». Ce « n’importe qui » a parfois du talent et de l’énergie. Mais il ne remplacera jamais un professionnel.
La réforme de Simonet imposera aux écoles d’accorder la priorité aux enseignants de métier, ce qui n’est pas toujours le cas – par facilité parfois, par copinage à l’occasion, des écoles engagent sans avoir vraiment prospecté le marché, sans avoir vérifié si des professionnels étaient disponibles. Ce ne sera plus possible. C’est bien.
Cela posé, la réforme en question ne règle rien du problème de fond : la pénurie.
La pénurie, on en connaît les ressorts : c’est l’instabilité en début de carrière, le non-accompagnement des jeunes, des formations inadéquates, des élèves difficiles, etc., etc.
Sans en faire le motif principal de la pénurie, le salaire, tôt ou tard, devra être questionné. On ne captera pas les meilleurs avec du vinaigre. De surcroît, on n’imposera pas aux profs des études musclées (on veut généraliser la formation à 5 ans, rappelons-le) si le salaire n’approche pas les rémunérations que promettent habituellement des études aussi longues.
Il faudra admettre que ce qui vaut pour les métaux ne vaut pas pour les enseignants.
Quand les métaux sont rares, ils sont chers.
Quand on ne paie pas ses professeurs assez cher, ils deviennent rares.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Pimprenelle (36). Il est incontestable que l'existence de plusieurs réseaux d'enseignement n'est pas étranger au nombre élevé de fonctions. Cela ne remet pas en cause les conclusions évoquées. Le calcul, évidemment assez réducteur mais suffisamment évocateur des ratios enseignants/élèves Cf/enseignement en France donnait les chiffres suivants : toutes fonctions comprises, équivalents charges complètes : 1 personne pour 10-11 élèves CF, 15 élèves en France pour le secondaire; 1 personne en CF pour 15 élèves, 1 personne pour 21 élèves en F, pour le fondamental. Ces chiffres peuvent sembler étonnants mais ils intègrent toutes les catégories de personnel qui interviennent dans le fonctionnement du système éducatif et restent constants sur une période d'observation de quelques années.
Je me demande qui hormis eux-même pense qu'ils sont mal payé. Ils sont en tout cas mieux payé que dans l'administration et peuvent toujours partir en "pension" ( via les DPPR) avant les autres.
@Lidju. Il a été constaté depuis longtemps que les filles sont meilleures à l'école. Les raisons de ce fait sont multiples. Parmi elles, la conscience, plus ou moins obscure, que tout ne leur tombera pas dans le bec.
@E Darville. Peut-être l'existence de tous ces réseaux parallèles et redondants n'est-elle pas étrangère à cette apparente pléthore ? Ce n'est pas une surabondance, mais un manque de rationalité dans la répartition.




Comment peut-on encore douter du fait qu' enseigner soit un vrai métier !!!!! Les enseignants "vacances" ne feront jamais long feu. Cela fait 34 ans que j'enseigne avec passion et non pas pour les vacances pourtant bien méritées à mon humble avis ! Vouloir partager, aider, soutenir, aider, conseiller, diriger, communiquer, assumer, responsabiliser, guider etc. voilà ce qui me motive depuis toutes ces années pendant lesquelles j' ai souvent entendu dire que les enseignants sont "tous " des fainéants, des profiteurs, des planqués, bref, presque des parasites qui ne servent plus à grand chose et très bien payés à ne rien faire naturellement (surtout pendant les vacances, un comble !!!!). Triste époque!!