Et si on construisait une serre sur le toit de sa maison?

Brigitte de Wolf-Cambier
Mis en ligne

Construire une serre sur le toit d’un bâtiment est un concept que la jeune entreprise Rooftop Greenhouse souhaite proposer en Région bruxelloise. Des expériences similaires ont déjà été réalisées, avec succès, au Canada, aux Etats-Unis et au Japon.

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Un tapis de verdure sur les toits. Et pourquoi pas des tomates et des salades... Photo 
: D.R.
    Un tapis de verdure sur les toits. Et pourquoi pas des tomates et des salades... Photo : D.R.

L’idée est de mettre des serres sur les toits de bâtiments et de pouvoir récupérer au maximum l’énergie que ces derniers génèrent. «  Les immeubles classiques de bureau par exemple sont majoritairement refroidis et rejettent de la chaleur qui pourrait être récupérée et permettrait de chauffer une serre. Avec cette serre, il est possible de réaliser une agriculture sans pesticide ni herbicide, donc la plus saine possible  », explique Martin da Silva, ingénieur commercial Solvay et master en gestion de l’environnement et d’aménagement du territoire de l’ULB.

«  L’intérêt est double : utiliser ces toitures plates qui sont souvent des zones inexploitées et récupérer la chaleur générée par des immeubles de bureaux, semi industrieux ou des centres commerciaux. A ces éléments, on peut ajouter, pour le propriétaire, le fait de proposer une image verte  », poursuit Ariane Myressiotis, architecte travaillant actuellement dans une société de développement immobilier.

Mais il y a un hic. Pour que le projet soit rentable, il faut que la surface de la serre soit de taille suffisante. «  Il faut une surface minimum de 2.000 et 4.000 m2 en fonction du type de production. Pour les surfaces de petites tailles, les herbes aromatiques seront proposées et des fruits et légumes (aubergines, tomates, salades…) seront davantage cultivés sur les surfaces de quelque 4.000 m2. Nous avons répertorié 156 ha de toitures qui seraient potentiellement utilisables en Région bruxelloise  », ajoute Martin da Silva.

De la culture hydroponique

La méthode de culture utilisée est la culture hydroponique, soit une culture hors sol qui permet de faire pousser rapidement des plantes avec des nutriments spécifiques. L’eau de pluie est récoltée, traitée puis utilisée pour l’irrigation des plantes.

Il n’existe pas encore de serres hydroponiques en Europe. A Montréal, les fermes de Lufa ont conclu un partenariat avec une chaîne de magasin local. Leur serre est déjà rentable après une année. Trois nouveaux projets sont en préparation.

Le défi pour la jeune entreprise créée par quatre jeunes est de trouver des toitures susceptibles d’héberger leur projet. «  Nous avons quelques pistes mais il nous reste à les concrétiser. Au départ, notre premier souci était de disposer d’un capital de départ suffisant. Nous avons suivi la formation de la BSE Academy (cf. encadré) et remporté notamment le prix Triodos. Nous avons trouvé des partenaires. Nous avons déjà réalisé des études techniques, nous avons des budgets mais pour affiner notre projet, nous avons besoin d’étudier un toit. Si nous arrivons à convaincre un propriétaire d’une entreprise d’installer sur son immeuble une serre pour produire des légumes ou des herbes aromatiques, le pari est gagné ! »

Osez la rencontre !