L’ébéniste qui s’est dirigé vers l’architecture d’intérieur
Eric Franssens a créé son atelier d’architecture d’intérieur, Intramuros, il y a 25 ans, aujourd’hui établi sur les hauteurs de Liège. Au départ ce n’était pourtant pas tout à fait ses plans…
« J’ai fait des études d’ébénisterie à la base, je voulais réaliser des meubles contemporains, j’étais très manuel mais j’ai eu un accident et j’ai gardé une faiblesse à la main, raconte-t-il. J’avais une bonne formation en dessin de mobilier, j’ai alors décidé d’étudier l’architecture d’intérieur, c’était un peu la suite logique. » Après ses études, Eric Franssens enchaîne des petits boulots avant de rencontrer un architecte qui lui propose de réaliser des perspectives dans le cadre de différents projets : « On travaillait pour un chef d’État africain sur l’aménagement de palais présidentiels au Zaïre. Mais avec les événements dans le pays, les chantiers se sont arrêtés. » Puis une opportunité s’offre à lui : « Les propriétaires des magasins Germaine Collard étaient des amis de mes parents, ils m’ont demandé de m’occuper d’un premier magasin à Namur, ils ont ensuite fait appel à moi pour l’aménagement d’autres magasins. De fil en aiguille, c’est ce qui m’a fait connaître. » Il a alors pris le statut d’indépendant et mis son bureau d’architecture d’intérieur sur les rails. « Ma meilleure publicité ça a été le bouche à oreille, affirme-t-il. Travailler dans le domaine commercial, ça assure une plus grande visibilité. » Depuis lors, il a réalisé des projets, notamment, pour l’Horeca, des bureaux, une galerie d’art…
Parallèlement, l’architecte d’intérieur a également été enseignant dans un centre de formation liégeois, au sein de la section « décoration d’intérieur », en cours du soir. Au départ, il effectue un remplacement puis se voit confier le programme de la section, il y enseignera pendant 15 ans. Et ça se ressent, Eric Franssens n’hésite pas à partager son expérience personnelle. Si aujourd’hui, les affaires marchent plutôt bien pour lui, il met en garde : « En sortant de l’école, c’est difficile de trouver du travail. Le métier d’architecte d’intérieur s’est popularisé un petit peu grâce à certaines émissions télévisées mais il y a 30 ans, notre métier était très mal vu des architectes. » Aujourd’hui encore, il affirme que les jeunes architectes d’intérieur doivent s’accrocher et ne pas hésiter « à ruer dans les brancards. »
« Il faut avoir conscience du côté éphémère de notre métier, ajoute-t-il. Les aménagements ne sont pas faits pour durer toute l’éternité, on relooke en fonction des tendances. Au contraire, la réalisation d’un architecte peut être l’œuvre de sa vie. » Architecte, c’est justement le métier auquel se destine son fils. « Il est en dernière année, sourit-il. J’espère qu’on pourra travailler en synergie et qu’on sera complémentaires. »









Excellent article. On n'imagine pas à quel point on peut améliorer son environnement, son confort, sa qualité de vie, gagner en espace, en lumière, ce qui a aussi une influence sur la santé, physique et psychique, grâce à l'architecture intérieure et extérieure. On peut aussi gagner sa vie quand on attrape le tour de main, parce qu'il s'agit d'un travail, qui en entraine d'autres, menuiserie, maçonnerie, décoration, et aussi des tâches manuelles sans grande qualification. Il y a beaucoup de travail à faire dans les quartiers de certaines villes. L'argent aide, mais ce n'est pas un facteur incontournable. Le TRAVAIL fait aussi beaucoup, et parfois sans dépenser beaucoup. Enfin, c'est tellement bien de voir le résultat d'une réalisation à soi, surtout quand on y a mis de sa créativité.