11h02: Boston, «trouver des pistes rapidement mais pas dans la précipitation»
La classe politique américaine a condamné l’attentat de Boston en soulignant la nécessité de rester vigilant, mais elle en était réduite aux spéculations sur les auteurs de cette attaque sur son sol qui a ravivé le souvenir du 11 septembre 2001. Jurek Kuczkiewicz a répondu à vos questions.
Où en est l’enquête ?
« On ne sait pas où en est l’enquête actuellement. Les autorités américaines ne font rien savoir. Ils ont sans doute des pistes mais qu’ils ne diffusent pas avant d’avoir abouti. Il semble en tout cas qu’hier les autorités n’avaient pas encore de pistes sérieuses. Cela dit, les enquêteurs ont sans doute déjà des idées. »
Terrorisme islamiste ou extrême droite ?
« L’aspect amateur, ‘bricolé’ de la bombe, son côté artisanal ne ressemble pas à un attentat commis par une organisation comme Al-Qaïda. Mais il ne faut pas oublier que cette organisation a été relativement neutralisée. Par contre, elle a donné naissance et à inspiré de nombreuses autres organisations comme Al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (AQMI), etc. Par ailleurs, il y a l’idéologie Al-Qaïda, qui elle, est susceptible de toucher ou d’incorporer des militants autoproclamés où qu’ils soient dans le monde parce qu’ils se sentent concernés. Et ces gens prennent la décision d’organiser un attentat. On ne peut donc pas exclure que des citoyens américains, islamistes, puissent décider d’organiser un attentat pour des raisons idéologiques. Ce qui est certain c’est que ça ne ressemble pas à un attentat organisé. »
Qu’en est-il de la piste de l’extrême droite ?
« La piste paraît plus plausible. L’extrême droite américaine considère avoir beaucoup de raisons d’en vouloir à l’État. Les Etats-Unis ont un président noir, ce qui ne plaît pas aux ‘suprémacistes’ blancs. Il y a les annonces de durcissement du contrôle et de la limitation de la circulation des armes à feux, etc. C’est quelque chose qui va à l’encontre de l’idéologie d’extrême droite. »
Pour l’instant, il n’y a eu aucune revendication. Obama a été prudent dans sa communication, il n’a pas utilisé tout de suite le mot ‘terrorisme’.
« Ils se sont battus avec les termes pendant un petit peu moins de 24 heures. Mais lorsqu’une foule ‘innocente’ est ciblée, on peut difficilement appeler ça autre chose qu’un attentat. À noter que je mets le terme ‘innocent’ entre guillemets puisqu’il n’a pas véritablement de sens. Tout le monde est innocent et personne ne peut être attaqué de la sorte. »
Trouvez-vous que les mesures de sécurité sont suffisantes, justifiées ou exagérées ?
« Je n’ai pas vraiment d’opinion sur la question. À chaque attentat, il y a un durcissement des contrôles, et ce pour une raison légitime : on peut s’imaginer que les auteurs de l’attentat ont d’autres projets. Deuxième raison, c’est qu’il y a toujours une crainte. Prenons l’exemple de l’accident de car où l’on va renforcer la sécurité autour des bus dans les jours qui suivent l’incident. Il y a toujours une espèce de crispation sécuritaire, de contrôle qui intervient après. »
Combien d’attentats potentiels ont été déjoués ces dernières années ?
« Je ne suis pas d’accord avec la notion que les Américains vivent avec le terrorisme. Les Etats-Unis est un des pays les plus protégés contre le terrorisme. Cela dit, vu le sentiment de puissance qu’ils ont aux Etats-Unis, ils considèrent les attentats – et surtout ceux organisés à l’étranger – comme quelque chose d’impensable puisqu’ils sacralisent leur territoire. Ils ont l’impression que ça ne peut arriver qu’en dehors de leur territoire. »
Qui d’autre pourrait en vouloir aux Etats-Unis ?
« Il y a toute une série de populations et d’organisations qui considèrent les représenter dans des régions qui font l’objet d’action militaire discrète et qui ont des raisons d’en vouloir aux Etats-Unis. Je pense ici aux pays ciblés par la politique des drones. Cette politique a été renforcée sous la présidence d’Obama qui mène des assassinats ciblés qu’ils considèrent comme étant des ennemis. C’est à chaque fois le Président des Etats-Unis qui donne l’autorisation d’assassiner les individus présents sur cette liste d’ennemi. C’est le cas en Afghanistan, dans l’Ouest du Pakistan et au Yémen. Il y a énormément de victimes collatérales lors de ce type d’attaque. Toutes ces actions-là sont couvertes et médiatisées dans les pays en question mais très peu aux Etats-Unis. Ca renforce énormément le sentiment anti-occidental et plus particulièrement anti-américain. Au final, les Américains sont bien moins exposés au danger terroriste que les Yéménites ou les Pakistanais (femmes, enfants, hôpitaux compris) qui risquent d’être touché très régulièrement par des attaques de drones. Cette image va en contradiction avec celle du Président Obama, prix Nobel de la paix. »
Le FBI parle d’une enquête mondiale. Pourquoi ?
« C’est une façon de dire qu’ils iront là où il faut aller. Ce qu’ils veulent dire par là c’est qu’ils vont mettre tous les moyens et qu’ils sont tout à fait capables d’agir partout, dans le monde entier, et ce, même hors du cadre légal. »
Il est important de trouver les coupables rapidement, mais pas de manière précipitée nous dit un internaute.
« C’est une enquête, il faut prendre son temps. Il y a certainement une attente sociale aux Etats-Unis, l’opinion publique voudra rapidement des résultats, des signes. Mais il s’agit plus d’une question de communication et de gestion de l’opinion publique. Le Président Obama s’est gardé de désigner quiconque. Il faut se rappeler que dans le passé il est arrivé que l’on désigne des coupables trop rapidement. Il faut faire attention à cela. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions @muleta: ma chère, la suite du comm ne passe pas. je continuerai une autre fois ;)









@muleta suite Dernière débilité: q vous avancez que vous avez lu le livre vert, qui n