Des « Courants d’airs » au Conservatoire de Bruxelles
Cinq jours de « Courants d’airs » et d’arts au Conservatoire de Bruxelles mettent en lumière les artistes de demain.
Ne vous y méprenez pas. Le festival « Courants d’airs » du Conservatoire de Bruxelles ne fait pas écho au délabrement problématique du chef-d’œuvre de l’architecte Cluysenaar, dont une partie de plus en plus inquiétante tombe en ruine, réclamant d’urgence un chantier de rénovation.
« Courants d’airs » n’évoque pas le vent qui s’engouffre dans le bâtiment mais, au contraire, la brise artistique qui va s’en libérer, cette semaine, pour la huitième édition d’un festival qui vise à offrir une visibilité aux étudiants en théâtre et musique et leur proposer une plateforme de création. Leur permettre de se frotter à un vrai public et de rencontrer d’autres artistes pour créer des synergies futures et ainsi favoriser leur insertion professionnelle sur un marché du travail saturé, une jungle où il faut avoir les reins solides pour percer, perdurer.
Des lieux étonnants
Cette année, il faudra trotter dans Bruxelles pour découvrir ces jeunes pousses, dont les projets seront disséminés dans le centre-ville, entre l’antenne du Conservatoire sise rue du Chêne et la Grand-place, le Parlement bruxellois et la Salle gothique de l’hôtel de ville, ou encore le Cercle des Voyageurs, bar bien connu. « J’essaie de trouver des lieux en adéquation avec les projets, explique Pierre Pivin, fondateur et coordinateur du festival. Certaines années précédentes, on a investi d’autres lieux comme le Musée Magritte ou le Musée juif parce que ça s’y prêtait. Cette année, j’ai essayé d’avoir l’autorisation de jouer au palais de justice mais ce n’est pas une mince affaire. Ce sera sans doute pour l’année prochaine. »
Entre Rimbaud et flamenco
Pas moins de 120 comédiens et 210 musiciens se laisseront ainsi découvrir, à moindre coût, puisque l’entrée est libre. Des projets bouillonnants de jeunes artistes au regard forcément ardent, révolutionnaire, étonnant, convaincu que tout n’a pas encore été inventé au théâtre, que toutes les variations n’ont pas encore été tentées en musique.
La force du festival est de décloisonner un maximum la pratique de ses étudiants. Ainsi les étudiants du Conservatoire se sont associés à certains de leurs homologues dans d’autres écoles artistiques comme les Conservatoires de Liège et de Mons, l’IAD, l’Insas, ou encore la Kleine Academie.
Le festival sera la vitrine d’étudiants en troisième année de bachelor et en master, et même des étudiants sortis l’année précédente mais sélectionnés par le Centre des arts scéniques pour venir présenter leur projet. « Tous ont travaillé en parfaite autonomie, précise Pierre Pivin. Ils ont fait leurs propositions, ont choisi leurs auteurs, leurs metteurs en scène, etc. »
Côté théâtre, on voyagera entre des auteurs connus (Sarah Kane, Nancy Huston, David Harrower, Jean Michel Ribes, Arthur Rimbaud, Matei Visnec) et de jeunes auteurs inconnus, entre tragédie et comédie.
Côté musique, on naviguera entre Igor Stravinsky et les musiques de film, entre jazz et flamenco.
Du 17 au 21 avril à Bruxelles. www.conservatoire.be


