La famille Brunfaut et le socialisme dans l’architecture
L’exposition à l’Atomium présente le travail des frères Gaston et Fernand, et de Maxime Brunfaut, dignes représentants d’une architecture belge engagée à gauche.
Des lignes droites, une architecture bétonnée et épurée, la famille Brunfaut a transposé le modernisme dans le paysage belge à partir des années 1920. Les deux frères Gaston et Fernand Brunfaut inscrivent leur patrimoine politique socialiste dans des bâtiments inspirés de l’architecture soviétique.
L’exposition Brunfaut’s progressive architecture, à l’Atomium, choisit de mettre en parallèle l’esprit engagé de ces hommes de gauche avec leurs réalisations. Fernand Brunfaut, conseiller communal de la Ville de Bruxelles dès 1921, puis député socialiste en 1925, construit les maisons du peuple de Dinant et de Willebroeck. Il suit ainsi les traces de son maître Victor Horta, qui avait réalisé la célèbre Maison du Peuple bruxelloise, tout en s’écartant du courant de l’Art nouveau. Sa vision plus progressiste et moderniste se retrouve également dans les immeubles, sièges des journaux socialistes Vooruit, à Gand, et Le Peuple, à Bruxelles, au début des années 1930. Des édifices pour la construction desquels il a collaboré avec son fils Maxime Brunfaut. Les édifices présentent les mêmes caractéristiques : une tourelle avec un étendard à gauche, une typographie inspirée de celle des cinémas avec un éclairage de nuit. Les plans, maquettes, articles de presse et extraits vidéo présentent l’investissement du père et du fils dans ces projets. On y découvre que leurs choix architecturaux n’ont jamais été un hasard. La simplicité et le fonctionnalisme de l’esthétique industrielle, bases du modernisme, servent à merveille leurs constructions qui revêtent souvent un caractère social. Les immeubles de la
Prévoyance sociale, première société coopérative d’assurance populaire à Bruxelles, le sanatorium Joseph Lemaire de Tombeek, dont le but originel est d’accueillir les mineurs malades… Gaston Brunfaut sera lui à l’origine de nombreux logements sociaux et habitations bruxelloises. Il participe également à l’élaboration des Instituts Bordet et Héger en 1934. Au travers de cette exposition, on pénètre dans l’univers d’une famille, mais aussi dans une époque. Les années d’après-guerre sont marquées par l’ascension fulgurante du fils, Maxime Brunfaut. Il reprend le projet de la gare Centrale de Bruxelles de son ancien professeur Victor Horta, et conformément à sa volonté, dessine les plans pour la façade. Au même moment, il termine l’Air Terminus pour la Sabena en 1952 ainsi que les logements de la cité coopérative Germinal à Evere. Suite à ce succès, il est nommé pour diriger l’édification de l’aérogare’58 de Zaventem destinée à accueillir les visiteurs de l’exposition universelle. On revoit avec nostalgie les images du hall des transits avec sa passerelle flottante. Comme pour rajouter une dernière pierre à l’œuvre engagée de son père et de son oncle, l’architecte réalisa le siège du parti socialiste en 1964, et celui de la Maison des Huit Heures (siège de la Centrale générale des services publics). Les deux bâtiments sont encore fonctionnels aujourd’hui.
« Brunfaut’s progressive architecture », square de l’Atomium, 1020 Bruxelles, jusqu’au 9 juin. www.atomium.be


