Slick, la foire off officielle
Deuxième édition de Slick Brussels. A la Wild Gallery, la foire inscrit une belle dynamique entre création et émergence.
Ancrage européen, sélection de galeries belges parmi lesquelles Jacques Cerami, Martine Ehmer ou Anversville, la foire de découverte Slick Brussels affirme sa place de tête chercheuse aux côtés du partenaire de choc, Art Brussels.
Aude de Bourbon Parme, quelle expérience retenez-vous de la première participation de Slick à Bruxelles ?
On a dit que nous étions une foire de débutants. C’est faux ! Quand nous avons créé Slick Paris en 1995, nous nous sommes greffés sur la Fiac en réunissant 17.000 visiteurs la première année contre 5.000 à Bruxelles. Mais c’était le bon public puisque toutes les galeries ont vendu !
Comment avez-vous réajusté vos forces ?
Après avoir misé sur la communication publique par affichage, nous nous sommes rendu compte que cela ne fonctionnait pas. A Bruxelles, il faut parler directement aux gens, rencontrer les prescripteurs culturels. A l’inverse des Parisiens, un Belge ne suit pas forcément la « tendance ».
Quelle est votre botte secrète ?
Le « réseautage ». Nous avons contacté les gens et les lieux que nous apprécions en art contemporain, le Wiels, Komplot, la Fondation A, Maison Particulière, etc. La commune de Forest s’inscrit dans cette dynamique en créant une Kunst Promenade. L’animation autour de Slick s’enrichit de performances d’artistes.
Il faut attirer les amateurs d’art étrangers présents à Bruxelles.
Nous avons axé une communication directe vers les collectionneurs français, des Fondations d’art contemporain, la Maison rouge, le Palais de Tokyo, le Musée d’art moderne pour qu’ils viennent découvrir Slick Brussels. Bruxelles comme second lieu pour établir notre foire d’art contemporain crée aussi une tête de pont vers l’Europe du Nord.
Quels sont les critères de sélection envers les galeries ?
Soit les galeries nous envoient des dossiers, soit nous les contactons. Nous apportons notre expertise pour les orienter vers la scène internationale : Slick est un tremplin. Notre travail va jusqu’à les guider dans la scénographie de leur stand. Nous sélectionnons des galeries qui présentent des artistes ayant une réflexion sur l’art contemporain et/ou l’histoire de l’art en général. Slick n’est ni dans le décoratif ni dans le non-professionnalisme. Nous aimons les galeries qui produisent des œuvres de manière cohérente, que ce soit le numérique, le rapport à l’édition qui reflète un moment de création particulière en pleine crise économique, des galeries qui jouent leur rôle de découvreur d’artistes.
Comment envisagez-vous l’évolution de l’art contemporain ?
Je constate un très grand mélange de médiums – le numérique et la gravure par exemple –, une réflexion sur les nouvelles technologies, la confirmation d’une tendance initiée par Art Basel vers les grandes installations. Slick Brussels présente 16 projets d’envergure et des solo shows. On s’intéresse aux artistes avant qu’ils ne soient entrés en galerie, ce qui a pour corollaire d’engager les galeries à repenser leur fonctionnement. C’est une conséquence de la prééminence des foires. Pour la première fois, nous organisions un Prix de collectionneurs. L’artiste et sa galerie seront invités à exposer à Slick Paris en octobre.
Existe-t-il une scène contemporaine à Bruxelles ?
On l’a découverte. Les artistes émergents quittent Berlin pour s’installer à Bruxelles. A l’inverse de Paris, les loyers pour un atelier sont plus accessibles. Bruxelles est une place de choix pour des collectionneurs qui appréhendent l’œuvre par leur propre ressenti et non la spéculation. On se retrouve dans notre projet de base : la sincérité dans la relation à l’art.
Slick Brussles, Wild Gallery, rue du Charroi, 1190 Bruxelles, 19 au 21 avril. www.slickartfair.com/brussels



!!! Entre création et émergence ! Pas plus péteux que ça comme expression bobo, typique de l'art contemporain médiatisé à outrance alors qu'il ne fait que répéter dans 75 % des cas, ce que l'on faisait dans les 50-60.