Sur les traces du scriban et des paysages de Vogels
Rendez-vous à ne pas manquer chez Horta pour une vente d’avril qui rime avec Niki de Saint Phalle, Rik Wouters et Ensor, mais aussi avec ce cabinet liégeois qui joue les prolongations.
Après les folles enchères de janvier dernier, c’est le même scriban liégeois en placage de loupe de thuya qui se retrouve dans la vacation d’avril, avec une estimation de 30/40.000 euros. La salle, qui a vendu en mars, un scriban liégeois en placage de bois de loupe et incrustations de palissandre 18.600 euros, pour une estimation entre 15 et 20.000 euros, remet le couvert avec ce cabinet qui avait atteint 36.000 euros au début de l’année.
Ce lot n’est pourtant pas le plus coûteux de la prochaine vente ; on note par exemple un diamant non monté portant une évaluation de 65/75.000 euros, un bronze de Rik Wouters (Attitude, fonte de 1951) estimé 60/80.000 euros, une huile d’Ensor ayant fait partie de la collection du docteur Martens à Astene, Les Houx, estimée 40/60.000 euros.
Autre pièce marquante de cette vente de printemps, cette espèce de crocodile qui n’est pas sans évoquer le dieu Sobek des Egyptiens tout droit sorti du fabuleux bestiaire de l’artiste française Niki de Saint Phalle (1930-2002). Cette Déesse verte estimée 35/50.000 euros, est une sculpture en polyester polychrome, agrémentée de dix lampes, signée et numérotée (2/8) sur socle en métal de son compagnon, Jean Tinguely (hauteur totale 105 cm).
De la Chine
à la mer du Nord
Quelques curiosités émaillent également la vente : trois paires de boucles de ceinture art déco et art nouveau (en métal argenté ou émaillé), un petit matériel de couture en or 14 carats dans son coffret, des sacs du maroquinier Delvaux, un microscope, un bugle à 3 pistons dans son coffret ainsi que des pièces d’arts chinois et khmer (une sculpture de Vishnou en grès, estimation 10-12.000 euros) et bien d’autres trouvailles.
Dans un registre plus classique, on s’arrêtera sur deux toiles d’un artiste influent du XIXe siècle, précurseur de l’art moderne : Guillaume Vogels (1836-1896). Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il développa un art dans la lignée des peintres réalistes comme Louis Artan et Hippolyte Boulenger avant de subir l’influence du peintre grec Pantazis. Sa palette s’éclaircit, il s’attache à rendre la lumière et ses changements versatiles grâce à une touche vigoureuse et une facture fougueuse et spontanée qui recourt volontiers aux taches et aux empâtements. Membre fondateur du groupe des XX, influencé par l’impressionnisme, Vogels demeure avant tout un artiste belge capable de rendre le climat et les paysages du Plat Pays avec ses ciels lourds et changeants, ses atmosphères éphémères, ses brumes et brouillards pesants. Son œuvre fait partie des collections de plusieurs musées (Musée d’Ixelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Maison des Arts à Schaerbeek…).
Les deux toiles mises à l’encan par Dominique de Villegas sont reconnaissables à « sa griffe », pour reprendre les mots de Verhaeren. Au choix, pour des estimations similaires : le Paysage enneigé et la Marine, coucher de soleil (estimation 4-7.000 euros).
Horta, vente les 22 et 23 avril 2013 à 19h30. Exposition les 19, 20 et 21 avril. Avenue de Roodebeek, 70-74, 1030 Bruxelles. www.horta.be


