Le 11h02: «Après 25 ans au pouvoir, le PS sera-t-il capable de se renouveler?»
Cela fait 25 ans sans discontinuer que le Parti socialiste est au pouvoir. Entre progrès et affairisme, le PS n’a-t-il pas intérêt à une cure d’opposition ? David Coppi a répondu à vos questions.
Dans Le Soir, ce jeudi, un supplément spécial consacré aux 25 années de pouvoir du PS.
Quelques critiques ont été émises à l’égard du dossier « 25 ans du PS » de notre journal. Quel est votre réaction ?
« C’est un choix journalistique, mais il n’y a pas de doute sur ce choix. Le Parti socialiste est au pouvoir depuis le 13 décembre 1987, c’est quand même historiquement incroyable. À cela s’ajoute le fait que le Parti socialiste se situe à gauche, ce qui est tout à fait ‘exceptionnel’ dans le contexte européen. C’est une phase qu’on pourrait assimiler à l’État CVP (Christelijke Vlaams Partij) qui a duré pendant 40 ans. »
Les internautes trouvent à 81pc que 25 ans au pouvoir, c’est trop. Qu’en pensez-vous ?
« 25 ans au pouvoir, c’est le produit de rendez-vous électoraux réguliers, ce n’est pas l’administration politique qui se perpétue elle-même. À noter que dans notre dossier nous attirons l’attention sur le risque de rupture qui s’est marqué par l’année 2007 où le Parti socialiste a été dépassé par le MR de Didier Reynders. C’était la première fois que ça arrivait. À noter qu’un autre élément important de ces 25 années, c’est le climax incarné par l’entrée d’Elio Di Rupo au ‘16, Rue de la Loi’, ce que les observateurs pensaient impossible. »
Selon vous, quelle figure incarne le mieux le PS de ces 25 années au pouvoir ?
« Deux personnalités. La première, c’est Guy Spitaels avec qui marque le début de ces 25 années au pouvoir en emportant près de 44pc des suffrages. À 6pc près, il obtenait la majorité absolue en Wallonie. Puis évidemment la personnalité qui incarne le plus ces 25 années, c’est Elio Di Rupo qui entre au ‘15, Rue de la Loi’. »
Le PS est-il encore suffisamment à gauche ?
« Le PS a un discours épisodiquement à gauche, tout en étant concilié à un exercice du pouvoir très social-démocrate et une proximité avec les organisations syndicales qui n’est pas toujours là dans d’autres pays européens. Paul Magnette va tenir un processus de réflexion sur le projet socialiste. C’est une bonne chose puisque le PS est un parti que ne s’est pas souvent questionné. »
Est-ce que c’est sain, un parti qui est au pouvoir depuis 25 ans ?
« Le Parti socialiste est au pouvoir depuis 25 ans, certes, mais le système en Belgique est un système proportionnel, avec des coalitions. Le PS n’est donc jamais seul au pouvoir. »
« C’est un débat de longue date. Le système proportionnel pousse à la constitution de coalition. Il y a parfois des coalitions compliquées, notamment depuis 1999 avec l’émiettement du paysage politique flamand. Depuis lors, les coalitions sont plus compliquées. En l’occurrence ici, pour la législation en cours, on a six formations politiques au pouvoir. Si on tient compte des gouvernements fédéraux et régionaux, au fond il n’y a pas de véritable opposition en Belgique. La seule opposition, c’est le Vlaams Belang. Pour les autres partis, s’ils ne sont pas au pouvoir au niveau fédéral, ils le sont au niveau régional. Donc il n’y a pas de véritable opposition. Le mode de scrutin proportionnel est sans doute le plus juste puisqu’il représente les choix des électeurs de manière proportionnelle, à l’inverse du système majoritaire où deux camps s’affrontent, ‘écrabouillant’ les autres formations politiques. »
« On est à la fois dans l’affrontement et le rapport de force. Il y a d’autres analyses plus indirectes ou sinueuses : les deux auraient besoin l’un de l’autre pour prospérer. Mais ce qui ressort, c’est clairement l’affrontement et le rapport de force entre les deux partis. »
Un internaute nous dit que le PS n’a jamais assumé ses responsabilités dans les problèmes francophones. « Alors entendre parler du meilleur rempart contre la N-VA, c’est un peu risible ». Quelle est votre réaction ?
« C’est une opinion tout à fait légitime, mais que je ne partage pas spécialement. Le Parti socialiste a été l’accompagnateur et le faiseur de la réforme de l’État. C’est le parti qui promut le fédéralisme. C’est une constante des vues socialistes : cette idée qu’il fallait avancer dans l’autonomie des entités fédérées. »
« Difficile à dire. Le PS a ses arguments et ses atouts, les libéraux également. Les Verts ont des cartes à jouer sur les thèmes de l’alternative et de la transition écologique. 2014 va voir des partis très tendus puisque tout se jouera en même temps, législatif, régional et européen. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions Cela fait des dizaines d'années qu'ils sont pourtant au pouvoir et qu'ils nous assènent le même message, restant dans l'impunité totale, niant leurs responsabilités, surtout vis-à-vis de ceux qu'ils sont censés défendre. Sortant de leurs conclaves, souriant et pourtant pratiquant la râpe à fromage, faisant croire que l'austérité qu'ils ne s'appliquent pourtant pas, est indolore. Pas de taxe supplémentaires, certes, mais pour la même rage taxatoire , moins de services. C'est pire. La stratégie du sophisme est bien réglée. Que penser de ces partis devenus un club de placement (cf. Le Vif) et qui préfèrent la compromission, voire le reniement et la traîtrise au lieu d'un débat dans l'arène. Et lorsqu'un malheureux s'indigne, ceux qui se sont fait ... à sec, avec le sourire, poussent des cris d'orfraies. Qui sont ceux qui ont rendu caduque les commissions censées améliorer la déontologie et l'éthique? Poser la question est y répondre. Merci MartiMcFly pour votre[...]
13. herr professor > Même sur ce point les citoyens n ont rien à dire puisque le politiciens évitent soigneusement de donner une quelconque autorité au citoyens de ce pays en ce qui concerne "les changements" si j en crois la fédéralisation "tout ce qu il y a d arbitraire" du pays.... Ce qui pose le problème du droit de vote des citoyens étrangers puisqu il s agira alors de ce que l on nomme "une ingérence politique et étrangère dans les affaires intérieures du pays" (et ce en totale infraction avec la résolution 2131 (XXe Assemblée des Nation-Unies en date du 21 décembre 1965) cfr Edward McWhinney, Q.C., Professeur de droit international http://untreaty.un.org/cod/avl/pdf/ha/ga_2131-xx/ga_2131-xx_f.pdf)
"C'est l électeur qui choisit". Entre voter pour un partis qui ne le représentera pas et voter un partis qui ne le représentera pas plus. Le choix est vite fait... Quant à savoir ce qu il choisis, la dernière fois qu on lui a demandé un avis (qu il soit "pertinent" ou "impertinent") ce fut le 12 mars 1950 et le seul référendum qui fut organisé en Belgique, lol...
"C'est l'électeur qui choisit". En belgique, où il s'agit d'installer une coalition viable, c'est plus que douteux. On peut voter pour un parti mais rarement en ayant la perspective de telle ou telle coalition que le parti de son choix pourrait intégrer... Le PS est un adepte du "transformisme", un peu à la même sauce que les partis italiens jusqu'à la veille de la première guerre mondiale.On occupe le pouvoir et on s'adapte, quitte à se déjuger. La politique n'a plus qu'un très léger goût d'idéologie. Le pragmatisme fait la nique au contenu des statuts.









Lorsque nos ministres, avec un grand sourire, vous annoncent les mesures d'austérité, se gaussant de ces victoires, c'est peut-être plus acceptable que l'expression de dégoût d'un politicien vis-à-vis de l'indifférence coupable de ces mêmes politiciens qui n'hésitent pas à vous