11h02: « Supprimer les chèques repas serait plus transparent »
Pourquoi ne pas verser directement de l’argent des chèques-repas sur les comptes des travailleurs, comme le souhaitent le CD&V, SP.A et VLD ? Bernard Demonty a répondu à vos questions.
Pourquoi les chèques repas ont-ils été créés ?
« Cela fait quarante ans que cela existe. Ce système a été créé parce qu’il y avait une crise alimentaire. Les prix des matières premières augmentaient très fort et on craignait que les gens économisent sur les dépenses alimentaires. On a donc créé un mode de paiement qui oblige les gens à investir dans l’alimentation. Ils ont été introduits dans un certain contexte, pour arranger certains problèmes sociaux. Ensuite le système s’est pérennisé et le chèque repas a subsisté pour des raisons d’avantages fiscaux. »
Pourquoi les supprimerait-on et quel impact cela aurait-il ?
« Il a souvent été question de les supprimer. L’argument fréquemment avancé en faveur de cette suppression est que cela coûte très cher aux entreprises en coûts administratifs. La demande de suppression vient donc principalement du patronat. Les entreprises en ont marre ; surtout que d’autres coûts administratifs sont venus s’ajouter au fil du temps, dérangeant les indépendants. Trois partis flamands (Sp.a, Open Vld et Cd&V) ont ramené la question de la suppression la semaine passée. C’est logique car ces partis sont proches du patronat, excepté le Sp.a qui est socialiste mais qui pourrait avoir des visées budgétaires. Pour ce qu’il est de l’impact de la suppression des chèques repas, il important de rappeler que ces chèques sont dotés d’un avantage fiscal. On n’est pas taxé dessus. Pour les patrons donc, ils sont exonérés de charges sociales. Si on les supprime, on peut se demander si cet argent sera mis sur notre compte en banque, si l’on sera taxé dessus ou non. Une suppression aura donc un impact fiscal. Mais il pourrait aussi y avoir un impact sur la consommation et l’économie : est-ce que les gens ne vont pas économiser sur les dépenses alimentaires ? On revient donc à la question d’il y a quarante ans, et on peut se demander si cette première raison d’être n’est pas en train de revenir. Mais s’il y a suppression, il faudrait garder la déductibilité. Ou alors on décide dans de nouvelles mesures budgétaires de la supprimer. Je pense que c’est pour cela que le Sp.a est pour la fin des chèques repas. Cela représente presque deux milliards d’euros pour l’instant indemnisés qui peuvent être taxés si cela tombe dans le salaire. Je comprends donc les gens qui ont peur d’être taxés mais il y a selon moi un problème de transparence de la part des sociétés émettrices dans le système actuel ; quel est le montant exact des chèques non utilisés, quels sont les frais de gestion, que gagnent ces sociétés avec ce système ? Selon moi, un système plus franc serait meilleur : suppression des chèques repas et mettre le montant correspondant dans le salaire en maintenant les exonérations actuelles. Et si l’on craint vraiment que les gens économisent sur les dépenses alimentaires, on pourrait favoriser d’une autre façon les plus bas revenus. »
Le secteur alimentaire est-il donc contre la suppression des chèques repas ?
« Le secteur de la grande distribution est en fait demandeur de la suppression, car l’impact éventuel de la baisse de consommation sera moins fort que les gains obtenus grâce à l’économie des coûts administratifs. Par contre chez les petits commerçants, on est plutôt contre car ils ont peur d’une baisse de consommation. Les utilisateurs, eux, de manière gobale, ont plutôt envie de les supprimer, car les chèques repas présentent de nombreux désavantages. Surtout depuis les chèques repas électroniques qui sont assez compliqués à utiliser. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions @ 2. BruxellesdanslaRue, ben, pour une fois, 100% d'accord. Les chèques repas coûtent à l'Etat, aux travailleurs et à l'entreprise. Si on l
On devrait revenir à un système plus simple: tu bosses, tu reçois un salaire, tu paies tes taxes. Tu investis, tu reçois des dividendes, tu paies tes taxes. Tu spécules sur les taux de change, les biens alimentaires, ou les dettes souveraines, tu voles en taule pour crime contre l'humanité. Simple, clair et concis.









@ 2. BruxellesdanslaRue, ben, pour une fois, 100% d'accord. Les chèques repas coûtent à l'Etat, aux travailleurs et à l'entreprise. Si on l incorporait au salaire en le taxant correctement (donc pas trop), tout le monde serait gagnant, sauf Sodexo qui perdrait une rente juteuse.