Index : le modifier pour le sauver
« Du neuf sur l’indexation »… La bonne nouvelle est venue ce samedi de Paul Magnette, le président (faisant fonction) du PS, lors du Grand Oral La Première Le Soir.
Faut-il supprimer l’indexation ? L’enjeu n’est pas obligatoirement celui-là, mais refuser même l’idée d’en discuter, cela la met quasi plus en danger, par dogmatisme. Souhaiter la maintenir n’est pas un signe de ringardisme socio-économique. Ses avantages sont réels et ne sont pas, contrairement à ce que la caricature veut, défendus uniquement par des socialistes.
Les avantages de l’indexation ? Le maintien d’une paix sociale, en évitant un appauvrissement des bas salaires en période d’inflation ou de renchérissement de certains produits, et un soutien à la croissance passant par un lissage des chocs sur le pouvoir d’achat de toutes les catégories sociales, via la fiche de paie. Ses effets pervers sont réels : impact négatif sur la compétitivité et octroi d’une « rente » excessive aux hauts revenus.
Trois remarques s’imposent. Primo. Certains, lorsqu’ils ciblent l’indexation, feignent d’ignorer que des mesures ont été régulièrement prises pour corriger les dérapages dans les périodes critiques : création de l’index santé, modification de la composition de cet index et gel des salaires hors index et barèmes. Les sauts d’index peuvent jouer pour réduire les déficits. Secundo. Il reste des choses à faire. En appelant à gérer la « toxicité de l’index », Henri Bogaert, commissaire au Plan (social-chrétien), proposait, parmi trois solutions, la création d’un double indice, l’un s’appliquant jusqu’à un certain niveau de revenus, l’autre – reflétant l’inflation sous-jacente – à partir d’un niveau plus élevé. Tertio. Si l’on ne souhaite pas corriger l’effet sur les « hauts salaires » via l’indexation – Magnette refuse de le considérer comme un mécanisme de redistribution de revenus – alors, il faut le faire via d’autres instruments (allocations familiales, fiscalité). Qu’est-ce qu’on attend ?
A lui de démontrer que tout cela n’est pas juste de la « com » pour redorer l’image défensive du parti. On l’attend désormais sur des changements concrets. Vite. Car ceux qui veulent la peau de l’index sont déterminés.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @5. dsti Vous ne cotisez pas pour votre pension, vous cotisez pour la pension des actuels retraités tout en croisant les doigts pour que la génération suivante accepte de cotiser pour votre pension.
Madame Delvaux est une girouette comme le PS depuis qu'Elio est premier. Pour le PS, je peux comprendre (il doit faire des compromis pour gouverner), pour Madame Delvaux, c'est plus étonnant (Sauf si Madame Delvaux est simple porte parole).
Voilà un article clair et concis Madame Delvaux pourrait-elle élaborer sur : 1) les solutions de Mr Bogaert: un premier indice s'appliquant jusqu'à un certain niveau de revenus et un second indice "
Lamentable argumentation pour justifier un recul social... au nom de l'esprit ultra libéral qui, une fois de plus, nous a plongé dans la crise et qui sert maintenant de prétexte pour réduire comme peau de chagrin les conquètes sociales obtenues de haute lutte par les travailleur d'un patronat qui pendant des siècles les avait exploité honteusement ! Comme l'hydre nazie, le capitalisme egoiste et accapareur renait de ses cendres... La peur du communisme ayant disparu, ils n'ont plus à faire croire que leur monde est meilleur !



pour Lidju C'est exact, mais cela ne change rien à ce que je dis : ma pension future est calculée en fonction d'un salaire plafonné, alors que mes cotisations sont fonction de mon salaire réel et ne sont pas plafonnées. Un salaire dit élevé (plus de 4000 euros/mois) cotise donc partiellement à perte et aurait une pension nettement plus élevée si on l'autorisait (comme les indépendants) à financer lui-même sa pension. C'est en fait un impôt caché mais orienté uniquement sur les cadres salariés.