Louis Amory: «La crise a raison des plus faibles mais les plus forts s’en sortent mieux»
Louis Amory l’affirme haut et fort : « En période de crise, les gros maigrissent et les petits périssent ! »
L’administrateur délégué des Maisons Blavier, autre gros acteur belge du clé sur porte, définit ainsi la crise qui sévit dans son secteur. Une crise qui pousse également certains acteurs à se réorienter. « Un gros acteur en Flandre qui avait tout misé voici quelques années sur le passif vient de revoir sa politique, dit-il à ce sujet. Il vise désormais le basse énergie… »
Pour s’adapter, l’entreprise Blavier, réputée comme étant un « constructeur premier prix », dit avoir augmenté la qualité de ses produits tout en continuant de proposer des prix très concurrentiels puisqu’ils se situent autour des 850 à 900 euros du mètre carré. « Aujourd’hui, le client veut une grosse maison mais il ne veut plus payer le prix d’une Rolls Royce et il sait aussi qu’il trouvera quelque chose très correct chez Volkswagen… »
Louis Amory cultive décidément le sens de l’image. Aussi, lorsqu’on lui demande comment il envisage l’avenir, il répond : « Même s’il pleut tous les jours, les gens finiront quand même par mettre le nez dehors un jour. » Comprenez que la morosité actuelle ne peut durer éternellement. « Les banques qui freinent des quatre fers en ce moment finiront bien par être à nouveau plus souples en matière de crédits hypothécaires, analyse-t-il ainsi. Il en va de leurs bénéfices après tout. Quant à l’indice de confiance des consommateurs, il est au plus bas, comme à la fin 2008. Conclusion : le marché du logement, qui est déjà en très forte demande, le devient encore davantage. Là aussi, il faudra que la confiance remonte pour voir la tendance s’inverser. Car sans elle, on n’achète pas une maison qui reste un bien d’investissement qui peut être remis à plus tard. »
Louis Amory croit donc en des jours meilleurs, surtout en deuxième partie d’année, même si son scénario « alternatif » prévoit une morosité qui se prolonge en 2014. « Depuis février, la tendance est de nouveau positive alors qu’entre août 2012 et janvier 2013, l’activité a été plutôt calme, avoue-t-il. En 2012, Blavier a produit plus de 400 unités de logements. A ce jour, nos commandes laissent apparaître un chiffre équivalent aux trois premiers mois de l’année dernière. Le trafic sur notre website est en augmentation, les prises de commandes aussi, l’intérêt des gens est palpable, comme l’a démontré l’augmentation de 10 % des visites sur notre stand à Batibouw. Le secteur est clairement sous pression mais il résiste correctement. »
Entre les marques d’intérêt et la signature de contrats, il y a toutefois une marge que certains ne franchissent jamais. Louis Amory en est conscient. « Quand on construit aujourd’hui, 50 pour cent de l’argent va à l’Etat, dit-il. Il a tout de même intérêt à favoriser la construction vous ne trouvez pas ? »
Pour l’heure, les maisons Blavier se développent toujours plus dans les projets dits « multirésidentiels », soit des terrains où l’on peut construire de 3 à 10 maisons. C’est par exemple le cas à Soignies ou à Waremme. « La tendance aujourd’hui est à un recentrage de l’habitat avec mutualisation des coûts », conclut Louis Amory.



