Les tergiversations du client inquiètent le secteur

Paolo Leonardi
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Le clé sur porte se voit confronté à des clients qui hésitent toujours plus avant de s’engager. Pas simple d’autant que les contraintes énergétiques tirent toujours le budget vers le haut.

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La maison quatre façades fait encore rêver beaucoup de clients chez Thomas&Piron comme chez d’autres constructeurs clé sur porte. Mais jusque quand
? D.R.
    La maison quatre façades fait encore rêver beaucoup de clients chez Thomas&Piron comme chez d’autres constructeurs clé sur porte. Mais jusque quand ? D.R.

Quand on lui demande comment se porte le secteur du clé sur porte en ce début d’année 2013, Yves Arnould, directeur commercial chez Thomas&Piron, s’écrie : « C’est la cata ! » Mais c’est juste avant de s’esclaffer. « Nous n’en sommes heureusement pas là, poursuit-il ainsi, mais je mentirais en vous disant que tout va très bien… »

Le secteur de la construction traversant actuellement une période de marasme, le clé sur porte suit évidemment la tendance. C’est d’une logique implacable et le contraire serait surprenant. « Si l’on prend les chiffres pour les trois premiers mois de l’année 2013, nous avons réalisé 135 ventes, insiste Yves Arnould. Dix maisons en ossature bois et le reste en construction traditionnelle. C’est aussi bien que sur les trois premiers mois de 2010… »

Même si le début d’année a été lent, rien ne dit que la suite de la saison ne permettra pas au groupe de rattraper le retard. « Cela nous était déjà arrivé l’an dernier, explique notre interlocuteur. Après un démarrage de l’année plutôt faible, nous avions rattrapé le coup par la suite. Nous espérons qu’il en soit de même cette fois-ci. Beaucoup de mes commerciaux me disent avoir bon nombre de dossiers sous le coude, mais le problème est que les gens sont beaucoup plus lents à la détente qu’auparavant… »

L’argent qui vient à manquer, les banques qui hésitent : tout pousse les clients à réfléchir à deux fois avant d’apposer leur signature au bas d’un contrat d’achat. Et quand on fait partie d’un groupe qui construit quelque 550 maisons et 450 appartements par an en Belgique et au grand-duché du Luxembourg, qui emploie 1.500 collaborateurs et qui possède une flotte de plus de 500 véhicules, les tergiversations ne sont pas les bienvenues. « Nous sommes un groupe à la structure assez lourde, confirme Yves Arnould. Il faut alimenter sans arrêt la bécane (sic) en garantissant un volume d’activité assez constant et ce, dans toutes les régions. Car chez nous, nous avons très peu de sous-traitance. La situation actuelle nous oblige à rester très attentifs. »

Pour l’heure, à Our-Paliseul où se trouve le siège du groupe, le carnet de commandes est encore « bien alimenté » jusqu’au premier trimestre de l’année 2014. « Il nous est déjà arrivé d’adapter nos effectifs, concède Yves Arnould, mais cela s’est fait de manière très ponctuelle et à l’occasion de départs volontaires de collaborateurs vers d’autres horizons ou de départs à la retraite. Ce furent plus des «mesurettes» que des mesures radicales. »

Chez Thomas&Piron, on croise donc les doigts (et on travaille d’arrache-pied) pour que ces dernières ne doivent pas être prises à l’avenir. « La construction reste un excellent investissement », poursuit notre homme qui ajoute que la moyenne des prix de vente pour l’année 2013 a même connu une légère augmentation par rapport à 2012 (195.000 euros, hors TVA contre 185.000 il y a un an, pour des maisons standards dont la surface au sol oscille entre 85 et 120 m2). « Même s’il nous est déjà arrivé de réduire la taille de nos maisons en fonction du budget de nos clients, nous ne serons pas amenés à l’avenir à construire des maisons de poupée. Mais une chose est sûre : nous allons devoir sans cesse baisser nos prix pour toucher un panel plus large de bâtisseurs. »

C’est d’autant moins facile à réaliser dans un contexte où les contraintes énergétiques ont tendance (et cela va durer encore quelque temps) à pousser la facture vers le haut. Pour les constructeurs clé sur porte comme Thomas&Piron, le défi sera donc de construire de manière toujours plus efficace sur le plan énergétique sans (trop) augmenter les prix. « Ces dernières années, il a déjà fallu trouver des solutions et notre cellule recherche et développement s’y emploie quotidiennement, conclut Yves Arnould. Il faudra qu’il en soit encore ainsi dans le futur. Mais c’est tant mieux car construire des maisons moins énergivores, c’est un bien… »

Vos réactions

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5. Robert dit le 24/04/2013, 12:08

Acheter maintenant, c'est s'assurer d'une perte financière en cas de revente à court et moyen terme. Comme au Pays-Bas, et comme en france récemment, les prix vont plonger. Certaines agances ne voient même plus un client pousser la porte car les banques ferment le crédit ... Fini l'argent facile ! Ce qui est une bonne chose pour l'économie et notre compétitivté !

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4. qrM dit le 24/04/2013, 10:23

il faut aussi que les gens arrêtent de croire qu'on construit une maison pour 1000EUR/m2. Les obligations du PEB visent ne plus pouvoir construire que des maisons à énergies positives dans les 10 ans. En rénovation, bien souvent pour une maison non "mise à jour" il faut compter le prix d'achat en travaux de rénovation pour arriver aux standards actuels. Le soucis c'est plutôt que les banques ne prêtent plus si vous n'avez pas dans votre poche de quoi payer les frais de notaires, d'enregistrements etc... soit rapidement 30-40000 EUR !!

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3. PROGRESSIVE dit le 23/04/2013, 16:11

Quelle Horreur!! Faut déjà avoir un sacré mauvais goût pour acheter une horreur pareille! Quand aux maisons passives, cela ressemble encore à du délire écologique, dans toute sa splendeur: chauffage au pull + Méthode Coué, et interdit d'ouvrir une porte pour rentrer ou sortir??!!

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2. Chris dit le 23/04/2013, 12:11

J'ajouterai au commentaire de Michael : les entrepreneurs doivent aussi revoir leur standard de qualité, souvent moyen voire médiocre. Payer des prix exhorbitants pour une qualité faible égal favoriser le travail au noir quitte à avoir du travail mal fait autant le payer moins cher.

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1. Mlchael dit le 23/04/2013, 11:51

L 'hésitation est due aux prix exorbitant. le monde de l 'immobilier et de la construction doivent se remettre en question pour revenir a des prix réaliste Si la crise persiste on aura droit aussi a un crash comme on peut déjà l 'observé en France -8% depuis janvier.

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