Iron Man, icône d’une Amérique fantasmée
L’homme en fer n’a pas fini de débarrasser le monde de ses méchants. Robert Downey Jr. reprend dès lors du service dans son armure et incarne une fois de plus ces Etats-Unis (presque) triomphants.
Lancé par Marvel en 63, Iron Man est né d’un défi. « C’était la guerre froide, explique Stan Lee, son créateur, et le jeune public éprouvait une aversion pour le militaire. J’en ai fait un capitaine de l’industrie de l’armement. Détestable, a priori. Mais c’était aussi un beau gosse, et un type courageux. Ça a marché ! » La preuve ? C’est le seul personnage de l’écurie à avoir généré un tel fanmail… féminin !
Iron Man, Tony Stark dans le civil, l’industriel/scientifique/playboy, est du genre arrogant. Il sait tout, peut tout, tout seul, même s’il a un meilleur ami, une secrétaire amoureuse et un garde du corps fidèle. Au début du premier film, il incarne le dynamisme et l’esprit d’entreprise au service du monde libre. Enfin : des intérêts américains autour du globe. En Afghanistan, où il est allé dévoiler le dernier-né de ses usines (dans le comics, il est au Vietnam ; autre époque, autre guerre emblématique), Stark est blessé au cœur par l’explosion d’une de ses roquettes. Capturé, il s’en sort grâce à son savoir-faire… et effectue ses premiers pas vers la prise de conscience.
Dans cet épisode 3, il vit en reclus dans sa villa/laboratoire de Malibu. Obsédé par les perfectionnements apportés à cette armure dont il est devenu dépendant. Il n’y a pas là de réelle exploration de la face sombre du superhéros, en vogue ces derniers temps. D’autant que Stark n’en est pas un : pas de super-pouvoir pour lui, sa seule force tenant de l’armure, ou plutôt de son cerveau qui l’a conçue. Nous sommes ici face à un personnage qui mûrit quand le méchant de service le prive de ses jouets.
Comme le résume Shane Black, le réalisateur, dans les pages du magazine Total Film : « Freud dirait que voilà un homme qui construit des répliques de lui-même, en métal, sans défauts, et qui volent. Quand il endosse son armure, il se cache. Il devient super-puissant. Mais en réalité, c’est un homme qui a des failles et dont le cœur est brisé. » Ce qui nous renvoie au succès des personnages de Marvel (Spider-Man, X-Men, Hulk…) : « Si le public s’y reconnaît depuis 70 ans, dixit Kevin Feige, président de la boîte, c’est parce qu’ils ont des failles malgré leurs pouvoirs étonnants. Les gens aiment ceux qui sauvent le monde tout en ayant du mal à le faire. » Un peu comme une Amérique fantasméet. Mais dont ces personnages de papier ou de ciné restent des icônes.








