Max Boublil, le cumulard sympa

Fabienne Bradfer
Mis en ligne

Le chanteur-comique met son sens de la vanne au service du cinéma. Et ça marche.

En 2007, Max Boublil naît grâce au Net avec des chansons décalées comme J’aime les moches ou Ce soir… tu vas prendre. Buzz qui l’amène sur scène. Les 22 et 23 juin prochain, il fera l’Olympia. Mais 2013, c’est aussi l’année cinéma. S’il est à l’affiche de Les gens qui s’embrassent, de Danièle Thompson, c’est surtout avec Les gamins qu’il a écrit pendant plus de trois ans qu’il pourrait décrocher une nouvelle gloire. Le Net, la scène, le cinéma… Max Boublil est un cumulard et le revendique.

Faire du cinéma est-ce pour élargir votre public ?

J’avais envie de goûter au cinéma. Si ça peut élargir mon public, ce ne serait pas mal. Après, je ne calcule pas. J’ai simplement voulu faire une comédie. J’ai envie de continuer. Comme la scène où je m’éclate. Comme les conneries sur le Net. Je suis un cumulard.

Comment gérez-vous tout ça ?

Ça arrive par étapes. Au début, il y a eu une chanson sur le Net, puis le spectacle, d’autres chansons dont s’empare la nouvelle génération. Puis, j’ai écrit ce film tout seul pendant trois ans et demi. C’est tout sauf un buzz.

Le cinéma, ça vient de… ?

L’enfance. J’allais beaucoup au ciné. J’ai toujours eu envie d’en faire. En même temps, j’avais envie d’être sur scène. Aujourd’hui, je fais ce que j’avais envie de faire : faire rire, faire de la comédie. Et être aimé par un public. Mais pour faire un bon film, il faut se casser le cul au scénario. C’est long, c’est pour ça qu’il faut se prendre la tête en amont.

Pourquoi ne pas avoir coréalisé le film avec Anthony Marciano ?

Tout le monde me trouve trop brouillon. Tête en l’air. Ce côté rêveur, justement, me permet d’écrire des trucs assez barrés. C’est à la fois une qualité et un défaut. Avec Anthony, on a beaucoup bossé. On remettait souvent des scènes en question en se demandant si elles n’étaient pas simplement là pour la vanne sans pour autant faire avancer la dramaturgie du film. Ça a pris du temps mais je suis prêt à recommencer. On est d’ailleurs déjà dessus. Pour faire un bon film, il faut du temps. Mais j’adore être accompagné, avoir un regard. Même pour mes stand-up ou le Net. Seul, je suis triste et perdu.

Le cinéma entre de plus en plus dans votre vie ?

Je commence à être sollicité, c’est vrai. Je fais mon enfant gâté, c’est génial. Moi qui ai pendant longtemps cherché du boulot, je me permets d’en refuser. Avec Anthony, on est passé à une certaine exigence. Lui sait que je ne suis jamais meilleur qu’en impro.

Quelles sont vos références ?

Mel Brooks, les Farrelly, Apatow. Ils font un cinéma assez réel et sincère. Woody Allen aussi, c’est la vie. Je me reconnais moins dans les grosses comédies, style Les Visiteurs.

Comment définir votre personnage dans « Les gamins » ?

C’est moi. Un mec qui a peur de l’engagement, qui prend des décisions mais qui se laisse manipuler… Un idéaliste un peu rock.

Pourquoi Chabat comme partenaire ?

Parce que le personnage devait avoir 50 ans. Il fallait qu’on sente qu’il ait de la bouteille et en même, dans l’œil, une vraie juvénilité. Personne n’avait ça à part lui. Chabat est drôle sans en faire des tonnes.

Le style Max B., c’est… ?

Je ne sais pas. J’aime bien l’humour qui va un peu loin. Laissez-moi le temps de travailler, d’être sur scène, d’exister. Après, on pourra me définir.

Osez la rencontre !