11h02: « Alost, ville laboratoire de la N-VA : attention, danger ! »

résumé par S.Y. (St.)
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Mesures visant les étrangers, contrôles linguistiques des logements sociaux, flamandisation des noms de rues, interdiction du drapeau belge : la ville du bourgmestre N-VA Christoph D’Haese semble prendre un virage radical. Dirk Vanoverbeke a répondu à vos questions

Pourquoi prendre de telles mesures de flamandisation ?

«  Il faut savoir qu’Alost est au centre d’un noeud ferroviaire important et se trouve à trente kilomètres de Bruxelles. Il y a de plus en plus de francophones, essentiellement des étrangers, qui viennent s’y installer pour des raisons de prix, les habitations coûtant moins cher à Alost qu’à Bruxelles. Le bourgmestre explique qu’il y a de ce fait toute une série de gens qui ne comprennent pas la langue, et mettent leurs enfants à l’école. Résultat, dans certaines écoles, 60 % des élèves ne parlent pas le néerlandais. Il faut donc organiser des cours de langue, des immersions en néerlandais, car la connaissance de la langue est un facteur d’intégration. Le bourgmestre m’a aussi expliqué que s’ils réservent les habitations pour ceux qui parlent le flamand, ce n’est pas pour privilégier leurs habitants mais pour que les gens sachent communiquer entre eux.  »

Qu’en est-il des mesures sécuritaires ?

«  Celles-là m’inquiètent plus. Il y en a trois. Tout d’abord, il est prévu de créer un guichet de police réservé aux étranger, ce qui rappelle de mauvais souvenirs. Le bourgmestre dit que le policier présent à ce guichet ne sera pas armé, ne portera pas d’uniforme et qu’il est prévu d’y créer des synergies entre la police, le service d’intégration sociale et le service de fiscalité. Pour ce qui est de la construction d’une prison, le but est selon lui de créer de l’emploi car le taux de chômage de la ville est relativement important. Mais c’est la troisième mesure qui est pour moi la plus inquiétante : un conseiller communal de la majorité ne pourra plus voter contre une mesure votée par le collège et ne pourra plus prendre en considération une initiative de l’opposition si elle n’est pas prise en considération par l’ensemble de la majorité. Rien n’empêche la discipline de groupe, mais le fait que cette interdiction se trouve écrite dans les textes me gêne.  »

Toutes ces mesures sont-elles légales ?

«  Oui, elles le sont parfaitement.  »

Comment les partenaires de la majorité (SP.A et CD&V) prennent-ils cela ?

«  Quand cette coalition (SP.A, CD&V et NV-A) a été mise en place, Bruno Tobback, le président du SP.A, avait mis en garde les membres socialistes de cette majorité. Il était déjà très inquiet à cause du programme de cette coalition. Maintenant, la fédération SP.A menace ses membres présents dans la majorité à Alost d’être mis sur le côté s’ils suivent les réglementations promulguées par le bourgmestre. On se pose beaucoup de questions sur Alost car c’est un peu un laboratoire, on se demande ce que va faire la NV-A. Le SP.A est donc très inquiet. Le CD&V, lui, n’a pas réagi.  »

Qu’en pensent les Alostois ?

«  C’est rassurant de parler avec eux. Ils prennent cela avec relativement d’humour mais avec tout de même une pointe d’exaspération. Ils se demandent s’il n’y a rien de mieux à faire. Il y a d’autres problèmes à régler, comme le chômage important ou la création d’une salle des fêtes demandée depuis longtemps. La plupart s’en foutent de ces histoires communautaires. Pour en revenir au problème d’intégration : j’ai rencontré des familles africaines dont les parents ne parlaient pas un mot de néerlandais mais dont les enfants qui vont à l’école à Alost savaient le parler. Ce problème de langue devrait donc se gommer, à terme.  »

Ces mesures choquent, tout de même ; certains comparent la NV-A à Hitler. Pourquoi ces mesures sont-elles inquiétantes ?

«  Je pense que la comparaison avec Hitler est excessive mais qu’il ne faut pas faire preuve d’angélisme non plus. Il faudra rester très vigilant dans les mois à venir et voir jusqu’où ces mesures vont aller. Il est aussi important de préciser que l’échevin alostois de l’Intégration et des Affaires flamandes, Karim Van Overmeire (NV-A), est un ancien membre du Vlaams Blok et Vlaams Belang. Et ce n’est pas un tendre ! Il est à l’origine du programme du Vlaams Belang et est considéré comme le plus virulent dans ses attaques contre les francophones et les étrangers. Cela m’inquiète.  »

Vos réactions

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43. Tecumseh dit le 25/04/2013, 18:25

La frénésie frape la N-VA Comparer la N-VA avec Hitler c'est pousser bobonne. N'empêche que là où la N-VA livre le bourgmestre la transparence au niveau de la gestion s'évapore et le droit d'interpeller le collège en séance publique du conseil communal devient tabou pour les conseillers communaux de la majorité. Toute interpellation est considérée comme une agression. Cela ne présage rien de bon si la N-VA devait remporter les élections régionales en 2014. Une longue nuit risque de tomber sur la Flandre. Il est temps pour les démocrates de Flandre de sonner le tocsin.

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42. Espresso dit le 25/04/2013, 18:12

@ lardetredesagreable. Vous avez raison. Ceci démontre le manque de flexibilité linguistique des flamands. Un homme politique comme Di Rupo peut tweeter en français, néerlandais ou anglais. Un homme politique flamand ne peut pas. verboden. interdit. Nous francophones nous n'avons heureusement pas de problèmes avec la langue des autres....

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41. Mundele dit le 25/04/2013, 17:47

Pourquoi, cet individu doute de la nature flamande de sa ville...? Qui (j'y ai travaiilé) était en perdition dans les années 1970 et ce n'était pas la faute des francophones....

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40. lardetredesagreable dit le 25/04/2013, 17:18

La pureté linguistique et l'unicité culturelle que les flamingants mettent en place précipitera la future débâcle économique de la Flandre . Les petites entités linguistiques (Scandinavie par exemple ) ne prospèrent que grâce à leur ouverture vers l'extérieur . Et la comparaison avec l'extrême droite française se confirme : les dirigeants diffusent un discours qui paraît plausible à certains et qui essaye d'attirer les mouches vers le pot de miel ; mais plus on va vers la base , plus le comportement devient fasciste et hystérique . Et tout ça pour une langue qui aura disparu dans un siècle ou deux....

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39. Espresso dit le 25/04/2013, 16:48

Les flamingants sont à hurler de rire. Dernière en date: "Les fonctionnaires flamands priés de tweeter en néerlandais". C'est Geert Bourgeois qui le demande.. Sinon ils risquent le blâme ou le licenciement. Belachelijk !

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