A chacun son dada...
Pas moins de 971 lots sont rassemblés pour la vente des 26 et 27 avril prochain à la librairie de la chaussée de Charleroi à Saint-Gilles. Une fameuse somme qui partirait dans toutes les directions si elle n’était canalisée dans un catalogue thématique avec recoupements par artistes et index. Zoom sur quelques moments forts.
Au rayon des livres anciens, pointons un très bel exemplaire de la Bible dite de Pierre de Hondt, connue comme l’une des plus belles bibles illustrées du XVIIIe siècle. Cet ouvrage monumental comprend quantité de très belles gravures réalisées d’après les dessins de Hoet, Houbraken ou Picart. Cet exemplaire est tiré sur “ Roiaal Papier “, le papier considéré comme étant “ le plus fort et le plus beau “ ! On remarquera une vingtaine de livres anciens autour de la marine : son histoire (la marine française ou anglaise, sous la plume d’un certain Charles Derrick publié à Londres en 1806), sa tactique, son évolution, les manoeuvres des vaisseaux, les expéditions anciennes et modernes, la pratique du pilotage, l’hydrographie... Notons cet ouvrage consacré au naufrage de la frégate “ Méduse “ par J.B. Henri Savigny & Alexandre Corréard (1817). Cette édition originale très rare parait quelques mois après que la frégate se soit échouée sur un banc de sable au large des côtes de l’actuelle Mauritanie. Elle faisait partie de l’expédition au Sénégal en 1816. Les auteurs figurent parmi les 15 survivants de la catastrophe. La relation de ce naufrage avec sa privation d’eau et de nourriture et les conséquences qui en résultèrent sont décrites dans cet ouvrage qui eut un grand retentissement. Savigny devint par la suite l’ami et le collaborateur du peintre français romantique Théodore
Géricault dont la célèbre toile illustrant ce drame fut exposée en 1819. Ce tableau de très grandes dimensions est aujourd’hui conservé au Louvre.
De curieux traités (comme “ La Forge de Vulcain “, ouvrage de 1706 consacré aux machines de guerre dans leurs moindres détails, estimation 150/200 euros) voisinent avec des ouvrages d’anatomie ou de chirurgie tandis que les livres sur Napoléon se mêlent à ceux traitant des fortifications (dont cet exemplaire de Brialmont, le “ Vauban belge “). Une correspondance de quelque 15.000 lettres de la Comtesse Frédéric de la Rochefoucauld, témoignage vivant de l’art épistolaire de la seconde moitié du XIXe siècle, complète l’offre qui présente également un volet plus “ artistique “ avec des partitions, dessins et autographes de Magritte, des gravures de Rops (dont un bel ensemble de 22 planches estimé 300/400 euros), un très rare album vénitien de W. Wyld et E. Lessore avec des planches très décoratives montrant la place St Marc, l’arsenal, le grand Canal ou le palais ducal (5/600 euros). Notons également quelques Broodthaers dont une édition originale de son ouvrage d’après Mallarmé “ Un coup de dés jamais n’abolira le hasard “ (1969, estimation 2/2.500 euros), l’exemplaire de Dotremont de l’ “ Ancienne Eternité “ signé par Ubac avec des gravures et une suite sur Japon de l’artiste photographe, peintre, sculpteur et graveur belge (1962, estimation 500/700 euros) et, pour terminer, le “ Petit Chaperon Rouge “ de Tytgat, l’un des plus beaux livres illustrés de l’artiste imagier par
excellence (estimation 500-750 euros).







