En France, le marché des résidences secondaires boit la tasse
Le secteur de la seconde résidence en France semble souffrir depuis l’année dernière.
En cause, d’après les notaires : les nouvelles contraintes fiscales, la crise et les changements sociologiques.
Le volume des transactions est en baisse et les prix chutent.
En pleine souffrance, le marché des résidences secondaires en France ? Une étude des notaires, sur les côtes atlantique et de la Manche, de Deauville à Saint-Jean-de-Luz, répond à cette question par l’affirmative.
Un premier ralentissement aurait atteint le secteur dès l’arrivée de la crise de l’immobilier, en 2008, pour s’étendre jusqu’à la fin de l’année 2009. Alors que 6.413 transactions ont été réalisées pour des maisons anciennes en 2002 sur la côte, entre les départements du Calvados et celui des Pyrénées-Atlantiques, seules 2.838 transactions ont été enregistrées en 2009. « Un effondrement, commente Jean Dugor, président du Conseil régional des notaires de Bretagne. Les transactions étaient presque à l’arrêt. »
Cependant les activités sont ensuite reparties à la hausse, avec 7.585 transactions effectuées en 2011. Une progression qui n’aura pas duré puisque depuis l’année dernière, le marché des résidences secondaires connaît un nouveau ralentissement, avec 5.519 transactions pour le dernier trimestre 2012. « Depuis janvier 2013, on observe une pente qui commence à ressembler à celle constatée entre 2008 et 2009 », s’inquiète Jean Dugor. Sur la Côte d’Azur, on assiste également à une modification du marché immobilier. Depuis le 1er janvier 2013, Bernard Verignon, président du Conseil régional des notaires d’Aix-en-Provence, note une réduction des transactions de 30 % ! « Ça concerne toutes les transactions, pas seulement les secondes résidences, alors que les taux d’intérêts bancaires n’ont jamais été aussi bas », affirme-t-il.
Une explication ? « Depuis 2008, on observe une modification dans les habitudes des gens, ils ne veulent plus tout le temps aller en vacances au même endroit , explique Jean Dugor. Il y a aussi le fait que les couples restent de moins en moins longtemps ensemble et donc ils ont moins de temps pour capitaliser sur une résidence secondaire. »
A cela s’ajoute un autre élément : les nouvelles mesures fiscales mises sur pied par le gouvernement français. Dont notamment cette surtaxe sur les plus-values de plus de 50.000 euros issues de la vente de biens immobiliers hors résidence principale. « D’autres taxes avaient été annoncées, c’est un mauvais signal pour les investisseurs. »
Cette chute de l’activité immobilière se traduit-elle par une baisse des prix ? Cela dépend des régions. À Saint-Jean-de-Luz, les notaires notent une diminution de 11,5 % sur les cinq dernières années, à Deauville, la chute des prix a atteint 20 %.
Du côté de l’île de Ré, dans la commune de la Flotte, la baisse des tarifs se chiffre à 5,8 %, toujours sur les cinq dernières années. Globalement, il faut nuancer ces chiffres car si l’on regarde l’évolution des tarifs sur les dix dernières années, on note une progression plutôt généralisée sur toute la côte atlantique et de la Manche.
Depuis 2002, le prix des biens à Saint-Jean-de-Luz a augmenté de 67 %, on frôle les 100 % à Deauville et on atteint les 109 % à la Baule !
À Nice, les prix des appartements anciens ont diminué de 2,5 % par rapport au quatrième trimestre 2012. Toulouse enregistre une chute de 8 % et les tarifs à Marseille ont baissé de 3,1 %. Par contre, le prix moyen d’un appartement neuf dans la région PACA (Provence-Alpe-Côte d’Azur) a augmenté de 2,1 % par rapport à l’an dernier. On note également une progression de 16 % sur cinq ans pour les biens situés sur la station balnéaire de la Baule. Le secteur de la seconde résidence boit la tasse, certes, mais on ne peut pas encore parler de baisse des prix généralisée.
Destination privilégiée des Belges
La France reste la destination préférée des Belges, avec une part de marché de 45 %, dont 26,9 % pour les séjours longs, soit 2,3 millions de séjours entre avril et septembre. Parmi les vacanciers belges, un peu moins de la moitié sont des familles. La plage et la mer constituent l’environnement de vacances privilégié. Avec dans le top du classement : la région PACA, le Languedoc-Roussillon, la région Rhône-Alpes, la Bretagne et l’Aquitaine. « Néanmoins, la France souffre de la crise ressentie par la Belgique, commente-t-on du côté de l’Office du tourisme français. En effet, 39 % des Belges ont revu à la baisse leur budget vacances, privilégiant des séjours plus courts et plus proches. » Du coup, le mode d’hébergement sélectionné a évolué. L’hôtellerie accuse une baisse de 3,2 %, tandis que l’hôtellerie de plein air, moins chère, connaît une hausse de 5,5 %. Les Belges restent majoritairement friands des hôtels 3 et 4 étoiles. L’Office note également que les vacances en France en voiture ont été moins impactées par la baisse générale, affichant un recul de 0, 8 % pour l’été dernier et de 2,4 % pour l’année entière. (



