La nouvelle partition du quartier des musiciens

Paolo Léonardi
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Le géant suédois JM Construction a redonné vie à une friche industrielle d’Anderlecht où il n’était guère recommandé de traîner le soir. Plusieurs bâtiments sont sortis de terre, qui proposent 142 appartements appartenant à la première phase du projet. Une deuxième est en gestation et annonce, pour 2017, 141 autres appartements, ainsi qu’une crèche passive.

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Cent quarante et un appartements sont déjà sortis de terre. Ils en attendent d’autres... Photo 
: D.R.
    Cent quarante et un appartements sont déjà sortis de terre. Ils en attendent d’autres... Photo : D.R.

Sur ce terrain de 3 hectares situé à Anderlecht, à deux pas de la station de métro Bizet, les plus anciens se souviendront d’y avoir vu jadis une fabrique de camions détenue par les frères Brossel. C’était bien avant que les lieux n’hébergent une entreprise spécialisée dans les pièces de rechange pour automobiles.

Après, lentement mais sûrement, le terrain, coincé entre la rue Félicien Rops et la chaussée de Mons, devint une friche industrielle. Plus tard encore, une plaine de jeux vit le jour, juste en face, mais la rue qui y menait servait davantage au stationnement de camions la nuit que d’animation au quartier. Le quartier était, à vrai dire, peu engageant.

Cela n’empêcha toutefois pas JM, promoteur suédois déjà actif en Belgique depuis une quarantaine d’années, d’acheter le terrain en 2007. « C’était une rue coupe-gorge, n’hésite pas à dire Chris Lee, le patron de JM Belgique qui manie le français à la perfection, fait plutôt rarissime pour un… Ecossais. Mais l’endroit présentait plusieurs avantages à nos yeux. Sa superficie nous permettait d’y développer bien plus qu’un immeuble. On voulait y faire un véritable quartier, une caractéristique qui figure dans l’ADN de JM, une société également très à l’aise dans la requalification des friches. Voyez le résultat… »

Grâce au travail des pelleteuses, celui-ci a pris aujourd’hui la forme de 142 appartements qui appartiennent à la première phase d’un projet qui en comprendra une deuxième (141 appartements et une crèche passive) en 2017.

Sur la première partie de la livraison, Chris Lee est heureux d’annoncer que seules 26 entités doivent encore être livrées. « Et 15 appartements de la deuxième tranche sont déjà vendus !, ajoute-t-il fièrement. Il y a six ans, beaucoup de personnes nous ont demandé pourquoi nous venions nous enterrer ici. Mais c’est sans doute parce qu’ils ne voyaient que les mauvais côtés d’Anderlecht que l’on retrouve, soit dit en passant, dans d’autres communes plus huppées de Bruxelles. Or, Anderlecht possède beaucoup d’atouts. »

Le patron tient alors à les énumérer. « Le seul golf 18 trous de la capitale, un club de rugby, de football, d’aviron, dit-il ainsi. Quant au quartier des musiciens, il jouit d’une situation exceptionnelle puisqu’il se trouve à proximité du métro, de l’hôpital Erasme, du ring et aussi de Neerpede, un espace vert aussi grand que le bois de la Cambre ! Ce n’est pas pour rien si un de nos clients sur dix est un eurocrate. D’ici, il est très facile pour eux de se rendre sur les lieux du travail et ils apprécient. »

Le pari d’ériger un quartier dans un endroit aussi « difficile » était osé. L’avenir dira s’il se transformera en réussite.

Pour l’heure, l’ensemble a fière allure. Sa gamme d’appartements s’étend du studio (48 m2) à l’appartement 4 chambres (150 m2). Le prix moyen de vente oscille entre 2.500 et 2.600 euros du mètre carré, terrasses et parkings compris, ce qui est relativement cher pour une commune comme Anderlecht où la moyenne est d’ordinaire de 2000 à 2.200 euros.

Au neuvième étage des deux bâtiments déjà construits, des penthouses avec de superbes terrasses se monnayent à 3.000 euros du m2. « Les 80 appartements des clos Bizet et Verdi ont été vendus, se félicite Chris Lee. Il en va de même pour les deux tiers des 62 qui sont prévus au clos Debussy dont la construction vient tout juste de démarrer. Cela prouve que quand on fait de la qualité, la demande est au rendez-vous. La touche scandinave de JM nous oblige à ne prendre en compte que les mètres carrés que nous appelons ‘intelligents’. Tout a été pensé pour ne pas perdre le moindre espace. »

Rayon performance énergétique des appartements, JM annonce un coefficient K d’isolation de 33, ce qui est meilleur que les 40 requis par la législation. Un audit a même été commandé au bureau de contrôle Seco qui a analysé trois appartements et confirmé qu’en termes d’étanchéité à l’air, l’ensemble s’apparentait à des constructions très basse énergie. « Parmi nos clients, nous avons bien sûr des Anderlechtois mais aussi des Jettois, des Ucclois et même des gens du Hainaut dont les enfants viennent étudier à Erasme. On a aussi des Luxembourgeois, des Hollandais et quelques Français. Un beau panel en définitive… »

Pour l’heure, un quart des acheteurs sont de purs investisseurs, les trois autres quarts achètent un logement pour l’occuper eux-mêmes. « Un quart d’investisseurs, c’est comme à Woluwe à la grande époque, entre 2003 et 2007 quand tout le monde faisait de la promotion, assure Chris Lee à titre de comparaison. Notre succès s’explique par la justesse de notre produit. Nos appartements sont bien situés, esthétiques, agréables et confortables, avec des terrasses offrant de larges vues sur le parc. Et le tout pour un prix abordable. Pas évident à Bruxelles… »

Osez la rencontre !