Un Premier Mai revendicatif. Imaginatif?

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Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef

Le Premier Mai est-il désuet, folklorique, juste une kermesse entre amis? Non. Il fait assurément partie des traditions et des moments symboliques qui permettent certes à des militants de se rassembler et de la jouer «conviviale» mais il est aussi une date repère, pour formuler des idées, marquer le coup de revendications et donner le ton du moment présent et/ou des combats à venir. Paradoxalement, le fait que les libéraux aient décidé, par bravade au départ, d’en faire également un moment de rassemblement – à Jodoigne – a démontré l’importance de cette «fenêtre de tir» médiatique lors d’un jour férié, que le MR n’a pas voulu laisser aux seuls socialistes et syndicats. Cela a aussi ajouté à la dimension politique du jour, puisqu’il est l’occasion d’une sorte de rivalité dans les effets d’annonce, de communication d’hommes politiques.

Les traditions sont utiles. On dira qu’elles le sont encore davantage lorsque, comme aujourd’hui, les repères idéologiques et les «recettes» des groupes de pression, singulièrement de gauche, sont attaqués sur leur efficacité. La gauche, politique et syndicale, n’est pas bousculée sur ses valeurs. Par ces temps de crise économique, d’austérité et de grands bouleversements globaux, la solidarité, l’attention aux plus démunis, à ceux qui ont perdu leur travail, est plus que jamais d’actualité. Le mouvement des indignés, mais surtout les manifestations de désespoir grecques ou espagnoles, est venu rappeler à nos démocraties l’enjeu majeur qu’il y a à conserver des couvertures sociales, de santé, ce filet de sécurité qui protège les individus contre les revers ou les changements de cap de l’économie. Mais la perte de compétitivité de notre Vieux Continent, les affres budgétaires qui pèsent sur nos finances publiques, le transfert de la croissance de ce point du monde vers le Brésil ou la Chine, ont mis la gauche et les syndicats cul par-dessus tête. Le désarroi de la gauche française au pouvoir en est une incarnation à la limite du pathétique.

Nous aurons donc un Premier Mai de résistance sur les valeurs. Il faudra aussi que ce soit un Premier Mai d’appel à la recherche et à l’imagination des nouveaux outils qui peuvent permettre de faire rimer la croissance et la solidarité avec les mutations profondes de notre modèle économique et de notre place dans le monde. L’apport de solutions, qui passera par l’audace de réformes, et leur mise en œuvre ne réussiront que s’il est collectif.

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12. janepeeters dit le 02/05/2013, 09:46

@ 10 J'ai difficile à croire les gens qui, soi-disant, respectent le travail quand ces mêmes s'enrichissent - avec des MILLIONS d'EUROS chaque année - par le chômage !!! J'ai encore plus difficile à croire ces gens quand ils tuent - semaine après semaine- par des grèves, souvent sauvages, le travail qui nous reste encore ! Peut-on espérer, q'un jour, ces gens retrouveront la DIGNITE ???

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11. Labrador dit le 01/05/2013, 15:26

@ 8 Lidju - Savez-vous pourquoi la Chine est épargnée par la crise ? Parce qu'en Chine, le marché des capitaux est toujours réglementé. Parce qu'en Chine, tout rachat d'entreprise doit être soumis à une autorisation de l'Etat. Parce qu'en Chine, il n'est pas possible de vendre aux particuliers des bons titrisés, opaques, sans valeur adossée réelle, n'ayant d'autre valeur que le "prix du marché", établi par la spéculation. Ces titres sont donc toxiques. La panique survient quand ces titres atterrissent pour encaissement dans nos banques, et que celles-ci s'aperçoivent qu'elles n'ont pas les moyens de payer quelque chose qui ne vaut rien.

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10. Labrador dit le 01/05/2013, 15:05

A leurs filiales en Chine et au Brésil, les monopolistes comme Goldman Sachs disent qu'en Europe "vast market of rich consumers", il y a encore de la richesse à prendre. A leurs filiales en Europe, elle disent que nous ne sommes pas assez "compétitifs". Sus aux monopoles qui s'approprient le marché, s'arrogent le droit de mettre les autres en concurrence et discriminent à leur profit. Le travail est un droit, et ce droit passe par la récupération de notre marché aujourd'hui aux mains de monopoles qui aiment à dire que le monde est "global", alors qu'ils entretiennent une concurrence sauvage dans la jungle d'un marché mondial impossible à réglementer. Le travail est un droit. Et l'expression de ce droit passe par la récupération de notre marché. Un excellent Premier Mai aux syndicats et à chacun qui respecte le travail comme valeur participant à la dignité et à l'épanouissement de l'humain.

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9. jiipi dit le 01/05/2013, 12:04

@Lidju:"La Chine du cauchemar" Il est faux de croire , que c'est la mondialisation , qui fut et qui est en train de s'étioler qui a fait la Chine. A ce titre je vous conseille la lecture du Livre de Lucien Bodard:"La Chine du Cauchemar" écrit en 1960, je vous enlivre un extrait de la conclusionprémonitoire:"l'amérique s'est bornée depuis dix ans a nier presque métaphysiquement la chine, comme si cette négation pouvait l'effacer de la surface du globe .Mais la politique de l'autruche a échoué......les dirigeants chinois sont lucides ,seule la tension dans le monde peut les sauver... L'on connait désormais la menace, Mais que faire?Que le maoisme triomphe ou s'effondre le problème chinois collera désormais au monde comme la tunique de Nessus.Ce sera à l'avenir , pour l'humanité entière , la question la plus grave et la plus difficillement soluble"... Tout était dit et prévu depuis 1960 , la mondialisation des balivernes ... C'était en 1949 , qu'il eut fallu arreter MAO, le grand Timonier .Ne l'ay[...]

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8. Lidju dit le 01/05/2013, 08:01

@7. jiipi Mais non, la mondialisation, c'était une bonne idée. On fabrique et on leur vend des produits à haute valeur ajoutée et les pays émergents fabriquent et vendent le reste. Une bonne idée sauf que 1) tout le monde n'est pas capable de devenir bio chimiste ou ingénieur 2) à force d'être émergent, ces pays finissent par émerger (les chinois ont envoyer un homme dans l'espace). Si on garde cette mondialisation, les gens adaptés au marché devront travailler plus et plus longtemps pour financer ceux qui ne le sont pas

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